Du télétravail sinon rien… En Principauté comme ailleurs, les candidats à l’emploi et les salariés exigent désormais un jour minimum de télétravail par semaine. Un changement majeur dans le monde du travail qui oblige le gouvernement monégasque à s’adapter et à envisager un assouplissement du dispositif actuel.
Lorsque le télétravail a été instauré à Monaco en 2016, l’objectif, jadis, était clair : pallier le manque de locaux professionnels en principauté. « L’idée était qu’en proposant du télétravail, on puisse avoir davantage de masse salariale sans avoir à augmenter la surface de plancher », rappelle le conseiller-ministre aux affaires sociales et à la santé, Christophe Robino. Le deuxième objectif était de faire face, « d’une certaine manière », au problème de la mobilité en réduisant le nombre de salariés pendulaires sur les routes et dans les trains. En revanche, le gouvernement monégasque le reconnaît aisément. Il n’a pas vu venir un phénomène de plus en plus répandu : celui que le télétravail soit devenu aujourd’hui un argument de négociation pour un candidat à l’emploi. « De plus en plus de candidats disent : je suis prêt à travailler chez vous, mais j’ai besoin d’au moins un jour par semaine de télétravail, sinon, cela ne m’intéresse pas, rajoute ce membre du gouvernement. Nous n’avions pas imaginé ce changement dans le monde du travail avec ces nouvelles attentes des salariés qui, aujourd’hui, goûtent à une certaine liberté par rapport à l’emploi, et voient dans le télétravail une opportunité de pouvoir mieux adapter leurs conditions de travail et leur vie privée. » Pour répondre à ces salariés qui réclament toujours plus de télétravail, Monaco envisage même d’assouplir le dispositif actuel. « Je sais que la question d’assouplir les règles se pose en France. Je ne suis pas opposé à l’idée de regarder comment l’on pourrait assouplir ces dispositions si cela nous permet d’avoir des chances de mieux recruter. Nous pourrions par exemple élargir le nombre de jours possible par semaine de télétravail. » Les employeurs constatent également que les résidents monégasques, qui, a priori, n’ont pas de longs trajets à faire pour se rendre à leur bureau, réclament, eux aussi, de plus en plus du télétravail.
