Elles mettent le feu au parquet à chaque match de l’AS Monaco Basket. Les Roca Girls ont gagné en popularité à mesure que le club a fait ses preuves. L’Obs’ s’est infiltré dans les coulisses de la salle Gaston Médecin quelques heures avant un match de la Roca Team, au plus près de ces danseuses hors du commun.
17 heures. Arrivée des danseuses dans une tenue confortable. Dans les vestiaires de la salle Gaston Médecin, Mandy a déjà tout installé. La directrice artistique et leader des Roca Girls a soigneusement placé les costumes et accessoires (pompons, écharpes, casquettes) sur les bancs, et déposé des bouteilles d’eau sur les tables. Place à la mise en beauté car le temps presse. Une bouche rouge, c’est tout ce que la cheffe impose. Pour le reste, les filles sont libres. Seul le bruit des pinceaux et des palettes se fait entendre, car les danseuses sont concentrées et silencieuses. C’est un peu le calme avant la tempête, ou plutôt, avant le match programmé à 20 heures. Faux cils, blush et trait d’eye-liner épais, c’est un maquillage de scène qu’elles élaborent. Et entre deux retouches make-up, quelques mouvements pour se remémorer les chorégraphies au programme du soir. « Toutes les Roca Girls sont des danseuses professionnelles, elles sont intermittentes du spectacle à temps plein, et n’ont pas d’autre métier à côté », précise Mandy. Pour elle, la danse est un sport, « on se considère toutes comme des athlètes », poursuit-elle.
« Toutes les Roca Girls sont des danseuses professionnelles, elles sont intermittentes du spectacle à temps plein, et n’ont pas d’autre métier à côté »
Jusqu’à 14 chorégraphies par match
Il est 18 heures, Mandy guette. Dès que le parquet sera vide, elle pourra s’entraîner avec son équipe pendant une vingtaine de minutes. En legging et débardeur noir, elle va répéter les enchaînements qu’elle a imaginés. Ils sont millimétrés et demandent une condition physique impressionnante. Mais la team assure. Chaque pas, chaque porté, est exécuté à la perfection. Il y a en moyenne 14 chorégraphies différentes par rencontre. Avec un tel nombre, forcément, la peur de faire un faux pas guette les danseuses. « Si on se trompe, on garde un grand sourire et on finit la choré », dit d’un ton déterminé la Roca Girl Marie, aux côtés de ses 7 coéquipières. Mandy, elle, a une soixantaine de tableaux en tête ! « Je m’inspire principalement de la musique. Souvent, les idées me viennent en voiture lorsque j’écoute la radio ». Ses idées, elle les soumet ensuite à la direction du club. « En général on a la même vision des choses », se rassure l’Azuréenne, qui avoue avoir rencontré le manageur de l’AS Monaco Basket un peu par hasard, grâce à des connaissances. « Lors de notre premier entretien, Oleksiy Yefimov, le directeur général de l’AS Monaco Basket, m’a expliqué qu’il cherchait à créer une équipe de danseuses pour la Roca Team. On a fait un premier test, un match, deux matchs, puis notre collaboration est devenue pérenne ». Le contrat est signé. La mission des filles est de dynamiser les temps morts, pour que l’énergie ne redescende pas.
« Les petites filles sont très nombreuses à nous soutenir. Beaucoup dans le public ont les pompons et essaient de reproduire nos chorégraphies. Ça fait chaud au cœur »
« Cette année l’Euroleague, c’est la cerise sur le gâteau »
Depuis 8 ans maintenant, les danseuses partagent les succès comme les défaites du club, mais il faut dire que les victoires sont particulièrement nombreuses ces derniers temps. « On a eu la chance de suivre toute l’évolution de la Roca Team. On est parties de pro B, on a suivi la montée en pro A, les premières qualifications pour les championnats européens, et puis cette année l’Euroleague, c’est la cerise sur le gâteau », indique Mandy avec beaucoup de fierté. Elle qui a fait sa scolarité à Monaco, retrouve souvent dans le public des visages connus, et loin des clichés, aussi pas mal de femmes. « Elles sont très nombreuses à nous soutenir, particulièrement les petites filles, assure Marie. Beaucoup dans le public ont les pompons et essaient de reproduire nos chorégraphies. Ça fait chaud au cœur ». D’ailleurs l’horloge indique 19h30 et les gradins se remplissent pendant que les filles s’échauffent en tenue. Ici, un justaucorps rouge à franges. Le moment d’entrer en scène approche et la pression monde d’un cran, mais le trac fait partie du jeu, reconnaît la leader. « J’ai beau avoir fait des centaines de matchs, je stresse à chaque fois. Je commencerais à m’inquiéter sérieusement quand ce ne sera plus le cas ! »
« Maintenant, il faut tout donner »
20 heures. L’heure du match. La tension se fait sentir dans les coulisses, mais il est trop tard pour faire marche arrière. « Le fait d’être dans un stade où les gens sont en amphithéâtre au-dessus de nous, c’est impressionnant », confie Marie les yeux rivés sur le parquet. « Maintenant, il faut tout donner », glisse la danseuse avant de filer. Avec leurs pompons dorés en main, les Roca Girls entrent en scène sur l’annonce très enjouée du speaker. La musique prend aux tripes. C’est parti pour mettre des paillettes sur le terrain et dans les yeux du public.
