Rendre Monaco plus attractif est la nouvelle mission confiée à Frédéric Genta nommé en avril dernier délégué interministériel à l’attractivité et à la transition numérique. Quelle sera sa méthode et quelles sont ses priorités ?
En avril dernier, vous avez été nommé délégué-interministériel à l’attractivité, en plus de votre mission à la transition numérique débutée il y a plus de quatre ans. En quoi est-ce important pour la Principauté de booster son attractivité ?
C’est important car l’attractivité est la base de l’économie monégasque et de son développement. Le Luxembourg, Singapour, Dubaï ou Monaco sont des pays avec de petits marchés intérieurs et une forte capacité d’attraction. Tous prospèrent grâce à la venue de talents, d’investissements et de capitaux étrangers. Dans un monde en profonde transformation et à cause des bouleversements récents, la concurrence est très forte. Il était donc impératif de repenser notre stratégie et notre approche par rapport aux résidents, aux investisseurs, aux entreprises et aux touristes que nous voulons attirer en Principauté et déterminer très concrètement comment les cibler, comment leur parler et comment mieux les accueillir.
Avez-vous un objectif de résultat ?
Bien évidemment. Dans les prochaines semaines, nous allons avec le Ministre d’État soumettre un plan au Souverain. Ce plan contiendra des objectifs chiffrés et les moyens budgétaires associés pour y parvenir. L’objectif est que ce plan soit très rentable pour la Principauté et pour le budget de l’État. Cette approche ne peut être basée que sur des résultats concrets et doit créer un cercle vertueux.
Quels sont les pays, les nationalités, et les types d’entreprises qu’il vous semble pertinent de cibler pour doper l’attractivité de Monaco ?
Ce plan devra à la fois refléter nos forces, nos spécificités mais aussi un besoin de diversification. La crise sanitaire nous a appris qu’un pays ne peut dépendre de quelques secteurs ou quelques nationalités. Il faut faire en sorte que l’économie monégasque soit résiliente et stable. Nous allons donc avoir une stratégie pour favoriser les personnes et structures en lien avec cette description.
« La réforme du droit des entreprises est clairement une priorité. La Principauté a besoin de créer de nouvelles structures juridiques et économiques, plus flexibles, notamment pour aider le développement des start-up. »
Vous avez également été nommé secrétaire général du Conseil Stratégique pour l’Attractivité (CSA). Ce comité d’experts s’est réuni à nouveau le 23 mai dernier. Lors de cette réunion, avez-vous déterminé quelles sont les réformes à mener en priorité ?
Nous avons eu un long moment d’échanges avec les membres du CSA pour savoir quels étaient selon eux les axes prioritaires mais aussi les méthodes de travail les plus efficaces à mettre en place. Il est apparu que la réforme du droit des entreprises est clairement une priorité. La Principauté a besoin de créer de nouvelles structures juridiques et économiques, plus flexibles, notamment pour aider le développement des start-up. Dans le domaine du yachting, la création d’un pavillon monégasque est également un sujet majeur sur lequel il faut rapidement avancer. Enfin offrir un accueil VIP à ces nouveaux résidents et investisseurs est essentiel. Nous travaillons à ce sujet avec les équipes liées à l’attractivité. Certains de ces projets ont déjà été formulés par le CSA auparavant, il est maintenant très important de les concrétiser, et rapidement. Les membres du CSA ont également pour mission de réfléchir sur le long terme, au Monaco de 2025/2027.
Le Conseil Stratégique pour l’Attractivité était jusqu’à présent composé de plusieurs commissions. Notamment, les finances, le yachting, l’immobilier ou encore la qualité de vie. Ces commissions existent-elles toujours ou vont-elles évoluer ?
Certaines commissions comme les finances, le droit économique ou encore le yachting vont bien évidemment rester. D’autres vont vraisemblablement évoluer car entre la crise sanitaire, la guerre en Ukraine et les transitions numérique et écologique, le monde a beaucoup changé. Nous allons donc donner une nouvelle impulsion et définir courant juin, par petits groupes, quelles seront les nouvelles commissions à mettre en place.
« Dans le domaine du yachting, la création d’un pavillon monégasque est également un sujet majeur sur lequel il faut rapidement avancer. Offrir un accueil VIP aux nouveaux résidents et investisseurs est également essentiel. Nous travaillons à ce sujet avec les équipes liées à l’attractivité. »
La volonté de doper l’attractivité de Monaco a toujours été un fil rouge dans le discours des autorités monégasques. Qu’est-ce qui va faire la différence avec votre nomination ?
Il est vrai que beaucoup a déjà été fait en matière d’attractivité. Je tiens notamment à rendre hommage à mon prédécesseur Emmanuel Falco au CSA qui a réalisé un travail admirable. Pour ma part, je pense que la clé de la réussite sera une action transversale et coordonné sur l’ensemble des entités monégasques concernées par l’attractivité. Il y a naturellement le Monaco Economic Board, Monaco Tech, Monaco Boost, Monaco Private Label, l’AMAF, la Société des Bains de Mer ou encore la FEDEM. Sans oublier le réseau d’ambassadeurs qui sera capital dans notre stratégie. Nous devons écouter et impliquer chacun car l’attractivité est l’affaire de tous. En fédérant et coordonnant l’ensemble des acteurs et en travaillant de manière proche avec chaque département, nous y arriverons. Ce qui est également nouveau, ce sont les outils numériques qui ont déjà été développés et qui le seront encore à l’avenir. Ils constituent un levier capital d’attractivité.
