JUDICIAIRE / Comme L’Obs’ l’annonçait dans son dernier numéro, Maurice Agnelet, 75 ans, sera jugé une troisième fois. Accusé du meurtre d’Agnès Le Roux et condamné à 20 ans de prison en 2007, Agnelet a toujours clamé son innocence. Ce nouveau procès se déroulera devant la cour d’assises de Rennes a indiqué la commission de révision de la cour de cassation qui a aussi ordonné sa remise en liberté. Seule obligation pour Agnelet : alerter le juge d’application des peines (JAP) en cas de voyage en dehors du territoire français. Incarcéré à Mauzac (Dordogne), cet ancien avocat niçois a obtenu la condamnation de la France par la cour européenne des droits de l’homme (CEDH) le 10 janvier. Ce qui a permis à l’un de ses avocats, Me François Saint-Pierre, de saisir immédiatement la commission de révision de la cour de cassation. Interrogé par L’Obs’, Me Saint-Pierre a indiqué ne pas avoir été vraiment surpris par cette décision qu’il estime logique : « La CEDH estime qu’en l’absence de scène de crime et de tout élément de preuve concernant les circonstances de lieu, de temps, de preuves d’un crime, ou même de la mort d’Agnès Le Roux, le procès était impossible dans son principe. » Contacté par L’Obs’, l’avocat de la famille Le Roux, Me Hervé Temime, n’a pas été en mesure de répondre à nos questions avant le bouclage du magazine. Présents à l’audience de la commission de révision le 31 janvier, la famille d’Agnès Le Roux était assez choquée. La sœur d’Agnès, Patricia Le Roux, a simplement déclaré à la presse : « Mettez-vous à ma place », avant de quitter les lieux. Alors que Me Temime a lancé aux journalistes : « Maurice Agnelet n’a pas du tout été innocenté. Ce n’est pas la liberté de M. Agnelet qui nous importe, c’est la vérité que nous recherchons. La vérité, il la détient. » 35 ans plus tard, le dossier Agnès Le Roux n’est donc toujours pas bouclée.
_R.B.
