Créée en 1979, l’association des cartophiles de Monaco regroupe des amateurs et des passionnés de cartes postales anciennes représentant la Principauté sous tous les angles, et à différentes époques. Immersion parmi ces amoureux de la « petite histoire » monégasque.
De prime abord, c’est une passion qui paraît un tantinet saugrenue et qui prête même à sourire… En y regardant de plus près, on comprend aisément pourquoi ces passionnés aiment tant échanger et se réunir dans ce petit local du 17 rue de la Turbie… Car tous possèdent d’immenses collections, non pas de montres, de bijoux ou autres œuvres d’art. L’objet qui les unit et qu’ils affectionnent tant est… la carte postale. Depuis sa création en 1979, il y a plus de 40 ans, l’association des cartophiles de Monaco regroupe une centaine d’ amoureux de cet objet devenu au fil des décennies plutôt désuet.
Des pépites historiques
Il faut dire que ces petites cartes sont en réalité de véritables pépites historiques. Elles témoignent tantôt d’une époque, tantôt d’un moment, tantôt d’un évènement que l’on ne retrouve pas nécessairement dans les traditionnels livres d’histoire. « Nos cartes postales ne sont pas juste des petits bouts de carton stockés au fond d’une boîte à chaussures. Ce sont des bouts de la petite histoire de Monaco. Des témoignages du passé, des anecdotes, un plongeon dans la vie de quartier de l’époque, explique la très dynamique présidente de l’association, Sylvie Leporati. On peut en tirer beaucoup d’enseignements ! »

© Photo DR 
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Du 19ème au 20ème siècle
L’immersion dans l’univers de la cartophilie est donc un véritable plongeon dans le Monaco d’antan. Les membres de l’association posséderaient à eux seuls pas moins de 20 000 cartes postales dans lesquelles on voit le territoire et la vie monégasque sous tous les angles, à des époques bien diverses, et dans des configurations parfois inédites. « Les cartes postales que les collectionneurs de l’association possèdent datent généralement de la fin du 19ème siècle jusqu’au début du 20ème. Nous possédons également des cartes modernes et semi-modernes, mais les membres sont rarement à la recherche de cartes datant des années 80. Sauf les jeunes membres comme les adolescents, explique Sylvie Leporati. Lorsqu’on leur montre le Monaco sur carte postale avec une vue des années 80, ils sont stupéfaits, car aujourd’hui la Principauté a beaucoup changé. »
La carte postale le moyen de « médiatisation » le plus répandu
Que peut-on voir alors sur ces milliers de cartes postales 100 % monégasques ? Forcément, les fameuses vues de Monaco, du casino, ou encore du palais princier à travers les âges, il y en a des milliers… Mais les plus saisissantes sont surtout les autres. Celles où l’on peut voir notamment des exploits sportifs comme des meetings d’hydravion, des cartes postales satiriques sur la Principauté, de la publicité pour des magasins, des façades de boutiques, des concours de chiens, des rues d’époque, des tenus vestimentaires (d’époque également), mais aussi d’anciennes infrastructures comme le gazomètre, ou encore l’ancien ascenseur de la gare de Monte-Carlo. Plus inattendu : l’un des plus sordides crimes commis en Principauté en 1907 — l’affaire dite de “la malle sanglante” — a également été illustrée en plusieurs cartes postales. « Tous les évènements de la fin du 19ème siècle et du début du 20ème passaient par la carte postale. C’était le moyen de “médiatisation” le plus répandu car il était également peu onéreux. La carte postale était aussi le moyen, à bas prix, de communiquer là où on se trouvait : je suis à Monaco en ce moment et il se passe cette affaire incroyable… C’était une manière de médiatiser l’événement », rappelle la présidente. Parfois, le recto est même bien plus intéressant que le verso… Car derrière l’image, se trouvent également les récits des personnes ayant rédigé ces cartes postales. De véritables tranches de vie.
Le syndrome du collectionneur
Bien que les cartes postales n’aient pas la même valeur pécuniaire que des montres ou des œuvres d’art, le syndrome du collectionneur qui veut coûte que coûte avoir “LA” carte postale rare, quel que soit le prix, est aussi très présent chez les cartophiles… « J’ai déjà vu des adhérents se battre pour des cartes à plus de 100 euros l’unité, rappelle avec le sourire Sylvie Leporati. Les collectionneurs restent des grands enfants ! » Pour cette association qui, via la cartophilie, contribue à la promotion du patrimoine monégasque, un autre élément est essentiel : faire vivre le lien social entre les membres, anciens et plus jeunes. « L’ancien président Patrick Occelli a fait un énorme travail. Il a quadruplé le nombre de membres. L’association ne regroupait jadis que des passionnés spécialistes de la carte postale et il l’a ouvert à un public bien plus large. » En résumé, à tous ceux qui aiment l’Histoire (avec un grand H) et l’histoire (avec un petit(h) de la Principauté.

Devenez cartophile…
Moyennant une cotisation de 30 euros par an, l’association des cartophiles de Monaco propose aux collectionneurs de se retrouver régulièrement au 17, rue de la Turbie, mais également par visioconférence, afin de permettre à chacun, même éloigné géographiquement, d’y participer. Ces réunions permettent de garder un fort lien social entre les membres tout en leur donnant l’occasion de compléter leurs collections grâce aux échanges et aux ventes organisées à chaque réunion. L’association publie également chaque trimestre un bulletin collaboratif sur une thématique précise. Dans ces bulletins, on peut y voir les cartes postales des différents membres qu’ils acceptent de diffuser. « Depuis le début de l’année 2021 et jusqu’en décembre 2022, nous dédions nos thématiques au prince Albert 1er dans le cadre des commémorations de son centenaire », nous précise la présidente Sylvie Leporati. Ces bulletins sont consultables à la médiathèque Louis Notari et sont vendus à l’occasion des différentes expositions dans lesquelles l’association est présente. Quant aux membres, ils les reçoivent gratuitement. Lorsque la situation sanitaire le permet, l’association organise également des sorties et des ateliers. Plus d’informations sur www.cartophiles-monaco.com, mais aussi sur Instagram et Facebook.

Sainte Dévote avec plus de 12 000 Lego
À l’occasion des célébrations de la Sainte Dévote, l’association des cartophiles de Monaco a créé une œuvre plutôt originale après avoir effectué un atelier “Lego”. À partir d’une carte postale ancienne (9×14 cm) offerte par un de ses plus anciens adhérents, et en collaboration avec la société « Briks 4 Kidz », des membres de l’association ont assemblé 12 288 briquettes pour réaliser une mosaïque originale de 77×103 cm présentant une vue atypique de l’église Sainte Dévote. Dans le respect des contraintes sanitaires, les membres volontaires y ont participé à tour de rôle totalisant ainsi 35 heures de travail effectif. Cette réalisation est visible à l’église Sainte Dévote.
