Pour trouver une trace écrite de la dernière condamnation à la peine capitale à Monaco, la presse locale de l’époque, assez pauvre, ne délivre guère plus d’information… Quant aux archives judiciaires, les registres (à partir de 1871) ne mentionnent qu’une seule condamnation à une peine de mort. Il s’agit de l’affaire dite “de la malle sanglante“, sous le règne du prince Albert Ier. « La seule à ma connaissance est l’arrêt criminel du 4 décembre 1907. Il s’agit de Vere Goold et Violette Girodin épouse Goold qui furent condamnés pour Monsieur, aux travaux forcés à perpétuité, et Madame, à la peine de mort. Par ordonnance souveraine du 8 février 1908, cette peine a été commuée en travaux forcés à perpétuité. Cette affaire sera d’ailleurs évoquée dans le cadre des manifestations du centenaire de la disparition du prince Albert Ier », nous indique Jean-Pierre Siccardi, archiviste de la direction des services judiciaires. Derrière cette condamnation se cache en réalité un effroyable meurtre.

La police découvre le corps décapité d’une femme
Il fut commis en août 1907 dans une villa du boulevard des Moulins. Une Suédoise , veuve et riche a été sauvagement assassinée, puis découpée et transportée dans une malle. Les soupçons se portent immédiatement sur un couple diabolique : Vere St. Leger Goold, aristocrate déchu et ancien joueur de tennis professionnel, et Marie-Rose Goold. Alors qu’ils comptaient prendre le train pour Calais puis fuir en Angleterre, les époux Goold sont interpellés à la gare Saint-Charles, à Marseille. Un élément pour le moins inhabituel interpelle un commis d’expédition de la gare. Dans une malle que le couple transporte, un liquide « rougeâtre » et « une odeur nauséabonde » se dégagent. « Au milieu de vêtements maculés de sang, la police découvre le corps décapité d’une femme. Les membres sectionnés et l’abdomen éventré, éviscéré. Tête et jambes sont retrouvées dans un autre bagage à main, ainsi qu’un sac contenant de nombreux bijoux », rappelle Monaco-Matin citant les travaux de l’association cartophile de Monaco… Cette affaire sordide fut sans doute le meurtre le plus sanglant de l’histoire de la Principauté.
