En 2020, dès le début de la crise sanitaire, et en 2021, aucun bateau de croisière n’a été autorisé à rentrer dans les ports de Monaco. Un gros manque à gagner pour la Société d’exploitation des ports de Monaco (SEPM). Cette société a également décidé qu’à l’avenir, la Principauté n’accueillera plus les paquebots de croisières géants. Pourquoi ?
C’est l’un des secteurs économiques qui a le plus souffert de la crise sanitaire… Et pour cause. L’activité de croisières a été totalement à l’arrêt pendant plus d’un an. À Monaco, les autorités ont tout bonnement décidé d’interdire l’arrivée de ces bateaux dans les ports monégasques, aussi bien en 2020 — et ce, dès le début de la crise sanitaire — qu’en 2021. Un réel manque à gagner pour la Société d’exploitation des ports de Monaco (SEPM). L’activité des croisières représente en effet environ 10 % du chiffre d’affaires annuel de cette société. « Cela a donc représenté une perte sèche non négligeable, note le directeur général Olivier Lavagna. Mais l’impact le plus important de cette activité en Principauté est celui des retombées en ville ».
Un retour en avril 2022 ?
Commerces et professionnels du secteur attendent en effet avec impatience le retour de cette clientèle, et se demandent quand l’activité de croisière va enfin reprendre à Monaco ? En coulisses, il se murmure une échéance : celle d’avril 2022. « Rien n’a été encore confirmé sur ce point, nous indique toutefois Olivier Lavagna. Nous avons sollicité un positionnement car les professionnels concernés ont besoin d’être fixés. Naturellement la reprise de cette activité, comme partout ailleurs, se ferait avec des protocoles sanitaires très encadrés. »
La fin des paquebots géants à Monaco
L’interruption totale de cette activité pendant la crise sanitaire a aussi été l’occasion d’engager des réflexions pour ce secteur. La SEPM a ainsi décidé d’ajuster la politique d’accueil des croisières en Principauté. En particulier pour les paquebots géants qui peuvent transporter parfois plus de 4 000 passagers. À l’avenir, Monaco n’accueillera en effet que des navires mesurant « jusqu’à 250 mètres » et de capacité inférieure ou égale « à 1 250 passagers ». L’objectif est « de ne plus voir en escales, tant à la digue qu’en rade, les grands paquebots que l’on voit mouiller notamment en baie de Villefranche-sur-Mer » , rajoute Olivier Lavagna. Pourquoi une telle décision ? « Par cette limitation de la taille et de la capacité des bateaux, l’objectif est de viser une clientèle avec un meilleur pouvoir d’achat en ciblant des catégories luxe et premium et en poursuivant le développement des têtes de lignes. » La SEPM a aussi décidé de modifier la période d’accueil de ces entités. « Auparavant, nous pouvions accueillir des bateaux de croisière jusqu’à fin décembre et recommencer dès février, précise encore Olivier Lavagna. Dorénavant, il n’y en aura plus de mi-novembre jusqu’à fin-mars, pour que dans cette période — que nous appelons d’hivernage — nous puissions accueillir des bateaux de grande plaisance sur la digue. »
