Le Sun Casino situé au sein de l’Hôtel Fairmont ne rouvrira pas ses portes. La cause ? La Société des Bains de Mer a notamment considéré qu’il y avait suffisamment d’espaces de jeux à Monaco.
Que va devenir le Sun Casino, cette salle de jeux abritée au sein de l’hôtel Fairmont ? Le groupe Société des Bains de Mer a tout bonnement décidé de ne pas réouvrir cet établissement. Cette rumeur courait déjà depuis de nombreuses années. La cause ? « Nous considérons que nous avons suffisamment d’espaces de jeux en Principauté dans des lieux où nous sommes propriétaires pour ne pas avoir à payer un loyer pour installer un casino », a justifié Jean-Luc Biamonti, président-délégué de la Société des Bains de Mer lors d’une récente conférence de presse.
7,5 millions d’euros de loyer
La SBM a donc indiqué aux propriétaires du Fairmont que le groupe ne renouvellera pas l’accord qui lie les deux parties jusqu’à l’échéance de juin 2023. En revanche, le Fairmont n’a manifestement pas fait de cadeau sur les frais qu’il reste à honorer. « Nous n’avons pas pu trouver d’accord avec le propriétaire. Nous avons donc payé l’intégralité des loyers que nous devions aux propriétaires jusqu’à ce terme », a précisé le président-délégué. Soit la coquette somme de 7,5 millions d’euros.

Les jeux de tables désertées à Monaco ?
En temps normal, la répartition de la clientèle au sein des casinos monégasques est de l’ordre de 50 % aux jeux de table, et 50 % aux machines à sous. Or, la crise sanitaire et les restrictions de déplacement à l’échelle mondiale ont significativement changé la donne. Les machines à sous ont en effet été proportionnellement beaucoup plus fréquentées que les jeux de table . La cause ? « Les joueurs de jeux tables sont des clients qui viennent de plus loin. La clientèle machine à sous en revanche est davantage une clientèle de proximité », analyse le président-délégué, Jean-Luc Biamonti. Etant donné qu’il était difficile de se déplacer en raison de la crise sanitaire, les jeux de tables ont donc été un peu désertées. « Cela reste encore le cas aujourd’hui, mais nous avons tout de même vu une clientèle en provenance de destinations plus lointaines revenir. Notamment du Moyen-Orient, et des Etats-Unis », note Jean Luc Biamonti. En raison des restrictions sanitaires fortes, les grands absents en 2021 restent encore les clients russes et ceux en provenance des pays de l’est. Sans surprise, face au Covid-19, le secteur des jeux a beaucoup souffert. Son chiffre d’affaires a chuté à 124,3 millions d’euros, contre 239,8 millions d’euros lors de l’exercice précédent.
Ouverture d’une nouvelle école des jeux
La SBM a relancé une procédure pour ouvrir une nouvelle école des jeux . Objectif : former des apprentis croupiers aux métiers des casinos. « Les cours commenceront au début de l’année 2022. Nous allons sélectionner une douzaine de croupiers pour qu’ils soient prêts pour l’été 2022 », a encore indiqué Jean-Luc Biamonti.
Rajeunissement de la clientèle à la SBM
Jean-Luc Biamonti le reconnaît sans difficulté. La SBM a toujours attiré une clientèle plutôt âgée dans ses établissements haut de gamme. Mais le président-délégué observe désormais une clientèle qui se rajeunit et « qui s’amuse » à Monaco. « Bien évidemment, on ne sera jamais Saint-Tropez, la plage de Pampelonne ou Mykonos, mais nous avons considérablement amélioré l’offre. Et nous avons désormais pleins d’ atouts qui marchent auprès de cette jeune clientèle », assure-t-il.
Les Grands Prix : « Ce n’était pas bon du tout »
C’est l’un des rares motifs de satisfaction pour Jean-Luc Biamonti… La saison estivale 2021 au sein des établissements de la Société des Bains de Mer s’est manifestement mieux déroulée que prévu. Pourtant, quelques mois plus tôt, ce n’était guère l’optimiste qui régnait. « Les mois d’avril, mai et juin 2021 n’ont pas été bons, reconnaît Jean-Luc Biamonti. Notamment le mois de mai. Nous pensions nous en sortir pas trop mal avec l’ensemble des Grand Prix organisés à Monaco. En réalité, ce n’était pas bon du tout. Le taux d’occupation pour le Grand Prix 2021 était de 51 %, alors qu’habituellement, nous refusons du monde. Cela vous donne une idée de l’ampleur du problème. » La SBM craignait donc que juillet et août soient un peu dans la même veine « car nous n’avions pas de visibilité. Force est de constater que le business s’est beaucoup développé sur le last minute. Les visiteurs ont réservé du jour au lendemain , ou du jour pour la semaine suivante. Le business est donc monté à des niveaux que nous n’avions pas envisagés », s’est réjoui le président-délégué. Côte nationalités, les visiteurs furent essentiellement européens. Il y a eu également une clientèle moyen-orientale et, dans une moindre mesure, américaine. Les Russes et plus globalement, les pays de l’est, en revanche, ont été les grands absents.
Jimmy’z : freiné par le pass sanitaire ?
La célèbre boîte de nuit monégasque a-t-elle été à la fête cet été malgré l’obligation de présenter un pass sanitaire à l’entrée pour pouvoir y accéder ? La SBM craignait le pire, mais la saison estivale s’est manifestement plutôt bien déroulée à en croire le président-délégué, Jean-Luc Biamonti. « Evidemment qu’il est difficile de gérer une boite de nuit avec un pass sanitaire. On pensait même, pour être honnête, ne pas ouvrir l’établissement car nous pensions que les mesures sanitaires allaient être trop complexes à mettre en place. Finalement , nous avons décidé d’ouvrir car il est trop dangereux de ne pas maintenir la marque. Au final, cela a été une bonne surprise. On s’en sort mieux que prévu. »
