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    Monaco, terre de cinéma

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    Du cinéma muet, aux longs-métrages français, en passant par les productions hollywoodiennes, Monaco offre un décor d’exception au septième art depuis le début du 20ème siècle… Retour en images et en anecdotes sur les plus grands films tournés en Principauté ces 100 dernières années.

    Lorsque l’on se plonge dans l’histoire cinématographique de la principauté, et que l’on rembobine l’ensemble des films tournés sur le sol monégasque, cela ne fait aucun doute. Une partie de l’histoire du 7ème art s’est (aussi) écrite à Monaco. Cinéma muet, films français et italiens, ou blockbusters américains… dès le début du 20ème siècle, les plus grands acteurs et cinéastes ont choisi Monaco pour décor.

    Lumière naturelle et glamour

    Pourquoi la Principauté est-elle alors devenue un lieu prisé de tournage ? A Monaco, et sur la Côte d’Azur en général, les réalisateurs français et internationaux viennent chercher ici le doux climat de la Méditerranée et cette lumière naturelle qui offre l’opportunité de tourner y compris durant les mois d’hiver. Au-delà de cette luminosité, le Rocher, par son histoire, ses établissements de luxe, et son atmosphère singulière, offre un supplément d’âme aux cinéastes. Ils y affectionnent les décors naturels : le palais, les grands hôtels, les casinos, la plage, le port ou encore les bateaux… mais aussi l’image de prestige. « Monaco représente le glamour et le luxe. Dans les années folles, la Principauté est très fréquentée par le gotha mondain. C’est un lieu de villégiature pour personnes aisées où l’on joue au casino et où l’on vient prendre des bains de mer… Tout cela se développe. La Principauté devient un endroit à la mode », explique Clara Laurent, auteure et historienne du cinéma. En 1956, l’arrivée de Grace Kelly, ancienne actrice américaine devenue princesse de Monaco, braquera d’autant plus tous les projecteurs sur la Principauté. De nombreux grands acteurs font une escale sur le Rocher, et le pays vit alors au rythme d’avant-premières prestigieuses.

    Entre les années 30 et 50, Sacha Guitry marque tout particulièrement de son empreinte le cinéma à Monaco. Le réalisateur et scénariste français y réalise trois films : Bonne chance en 1935, Le Roman d’un Tricheur en 1936 et Je l’ai été trois fois en 1952.

    Cinéma muet

    Difficile de chiffrer avec précision le nombre exact de films tournés sur le sol monégasque. Jusque dans les années 30, il y a en effet peu d’écrit et peu de traces. Les autorisations de tournage n’ont pas été systématiquement gardées. Seule certitude : c’est au tout début du 20ème siècle — dès la naissance du cinéma — que la Principauté attire les premiers cinéastes du muet. Les cinéphiles citent le grand scénariste français Georges Méliès en 1905, mais aussi Max Linder. En 1914, ce maître du burlesque tourne Max à Monaco. Entre les années 30 et 50, c’est Sacha Guitry qui marque tout particulièrement de son empreinte le cinéma à Monaco. Le réalisateur et scénariste français y réalise pas moins de trois films : Bonne chance en 1935, Le Roman d’un Tricheur en 1936 et Je l’ai été trois fois en 1952. En ce temps-là, un autre film a marqué les cinéphiles : Mademoiselle ma mère (1937) d’Henri Decoin. « L’actrice Danielle Darrieux y incarne une jeune femme indomptable, fille d’un riche bourgeois », se remémore Clara Laurent (1), qui se souvient tout particulièrement d’une scène : « Rebelle aux injonctions de son père, elle plonge dans l’eau du port entièrement habillée… Le spectateur d’aujourd’hui identifie parfaitement le port de Monaco qui a depuis quelque peu changé, il est vrai. ». A la fin du film, un mariage est même célébré en la cathédrale de Monaco. Il unit l’acteur Pierre Brasseur et Danielle Darrieux. Et pour la petite histoire « les figurants de la scène furent recrutés sur place, parmi lesquels… des lycéens du lycée Albert 1er. On imagine l’excitation des jeunes filles et garçons à l’arrivée de la star sur le Rocher. Elle, dont l’allure follement moderne était un modèle pour toute une génération », écrit Clara Laurent.

    En 1954, Henri Hathaway tourne The Racers avec Kirk Douglas. © Photo Archives monte-Carlo SBM

    50/60 : L’âge d’or

    Les années 50 et 60 signeront l’âge d’or du cinéma à Monaco. Une époque prolifique où les caméras tournent à plein régime : entre 6 et 10 films par an en moyenne. Et non des moindres… Citons pêle-mêle, Nous irons à Monte-Carlo (1952) avec Audrey Hepburn, The Monte Carlo Story (1957) avec Marlène Dietrich et Vittorio De Sica, La baie des anges (1963) avec Jeanne Moreau en sublime blonde platine, Lady L (1965) avec Sophia Loren et Paul Newman, ou encore L’homme-orchestre (1970) avec Louis de Funès. La fine fleur du cinéma italien s’est aussi retrouvée à Monaco. Dans Chacun son Alibi, film de 1960, Nino Manfredi donne la réplique à Alberto Sordi et Vittorio Gassman sous l’œil du Français Bertrand Blier. Le pitch ? Trois couples romains en vacances à Monaco ont des problèmes avec la police suite à la découverte du corps d’une femme assassinée…

    © Photo DR

    Deux agents 007 ont fait une escale très remarquée sur le sol monégasque. Le tout premier est Sean Connery dans Jamais plus jamais (1983). Plus spectaculaire encore, Pierce Brosnan et son Golden Eye en 1995

    La Saga James Bond

    Impossible d’évoquer le cinéma à Monaco sans parler des frasques des agents 007. Deux d’entre eux ont fait une escale très remarquée sur le sol monégasque. Le tout premier est Sean Connery dans Jamais plus jamais (1983). Dans ce film, on distingue clairement quelques vues aériennes de la voie rapide ainsi que l’atrium du casino. Plus spectaculaire encore, Pierce Brosnan et son Golden Eye en 1995. A grands renforts de caméras dernier cri et de cascadeurs chevronnés, la Principauté découvre les secrets de fabrication de ce film à gros budget. Des moyens techniques colossaux ont été utilisés. A l’image, un hélicoptère décolle du port, puis l’on voit défiler, tour à tour, des plans du casino, des jardins Boulingrins ou encore du fort Antoine.

    Les années 50 et 60 signeront l’âge d’or du cinéma à Monaco. Une époque prolifique où les caméras tournent à plein régime. Entre 6 et 10 films par an en moyenne.

    Dans Grand prix, en 1966, Yves Montant se bat pour le titre de champion du monde, notamment sur le circuit de Monaco. © Photo Archives monte-Carlo SBM

    Le Grand prix pour décor

    Au-delà des établissements de luxe, ce sont aussi les rues de la principauté et le Grand prix en particulier qui ont servi de décor pour de nombreux cinéastes. Alors que La Coccinelle à Monte-Carlo (production Disney) débarque en 1977 sur grand écran, bien avant, le cinéaste John Frankenheimer fait une halte à Monaco pour son film aux trois Oscars, Grand prix (1966). Le casting est détonnant : James Gardner, Yves Montand (qui se bat pour le titre de champion du monde) et Françoise Hardy tiennent le haut de l’affiche. Le dernier film en date tourné pendant cette prestigieuse course automobile n’est autre que Iron man 2 (2010) avec une spectaculaire scène de carambolage sur le port… (voir article par ailleurs).

    Les films français

    La part belle est aussi faite aux longs-métrages français. Ainsi, l’impertinente Louise Bourgoin, donne la réplique à l’infatigable hâbleur Fabrice Luchini dans le film d’Anne Fontaine, La fille de Monaco (2008). Le pitch ? Bertrand, brillant avocat d’assises arrive à Monaco pour y assurer la défense d’une meurtrière septuagénaire. Sur sa route, il croise la sulfureuse Audrey, présentatrice météo sur une chaîne câblée monégasque. Les scènes se multiplient dans les lieux phares de la Principauté : casino et autres hôtels de luxe. Quelques scènes dévoilent même le palais de justice. Avant la pétillante Louise Bourgoin, une autre actrice française, Audrey Tautou, paradait déjà dans les palaces de Monaco. Dans Hors de prix, elle incarne une aventurière vénale en quête d’hommes fortunés. En juin 2008, la principauté a également accueilli, le tout première film de Gad Elmaleh en tant que réalisateur : Coco. L’histoire met en scène un père de famille fantasque et fortuné prêt aux plus folles dépenses pour organiser la bar-mitsvah de son fils.

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