45 patients en dialyse au centre d’hémodialyse privé de Monaco se sont lancé le défi de parcourir, de façon fictive, la France en vélo.
Des pédaliers sont à leur disposition afin qu’ils avancent à leur rythme durant leur session de dialyse. Ils ont déjà parcouru 600 km. Un petit exploit que l’Observateur de Monaco vous raconte juste ici.
Le centre d’hémodialyse privé de Monaco, situé sur le port de Fontvieille face à la capitainerie, est le point de départ d’une initiative sportive enthousiasmante et bénéfique aux patients qui y sont suivis en dialyse. C’est Solène Berodier, étudiante en master STAPS de l’Université Côte d’Azur Activité Physique Adaptée et Santé, épaulée d’Angeline Pena Prado, cadre de santé et ingénieur qualité en charge de la qualité et de la sécurité des soins au sein du centre, qui ont imaginé ce ”Tour de chauffe”, un pré Tour de France pour inciter leurs patients à pratiquer une activité sportive, même en étant malade. Aujourd’hui, leur étape de simulation doit les mener de Brest à Landernau en Bretagne. De 30 à 97 ans, les patients pédalent donc d’un quart d’heure à 1h30 à chaque session. « Hier, une patiente de 97 ans a pédalé pendant 22 km », met en avant la cadre de santé.

« Quand on est en dialyse, du fait de la maladie rénale, on suit un régime alimentaire très contraignant et on perd l’appétit. Le risque numéro 1, c’est la dénutrition qui engendre une fatigue, puis une perte d’autonomie, une fonte musculaire et une sédentarité »
Des coureurs professionnels pour récompenser les gagnants ?
Au total, 45 patients se sont laissé tenter par l’expérience et plus de 600 km ont déjà été parcourus grâce aux pédaliers mis à disposition sur les postes de dialyse du centre. « A chaque étape, il y a un classement sur le plan sportif et nous organisons aussi des quiz en rapport avec la région traversée fictivement. Le centre a été décoré aux couleurs du Tour de France, des cartes ont été exposées et nos partenaires nous ont donné des cadeaux à gagner. Comme la fédération monégasque de cyclisme qui nous a transmis 30 gourdes. L’an prochain, on espère que ce sont des coureurs professionnels qui pourront venir directement remettre les récompenses aux gagnants », explique Angeline Pena Prado.
« Remettre du sport dans leur vie »
La ”compétition” doit durer jusqu’au 14 mai prochain. Elle affiche une volonté assumée : celle d’inciter les patients dialysés à se remettre à une activité sportive. « Quand on est en dialyse, du fait de la maladie rénale, on suit un régime alimentaire très contraignant et on perd l’appétit. Le risque numéro 1, c’est la dénutrition qui engendre une fatigue, puis une perte d’autonomie, une fonte musculaire et une sédentarité. C’est un cercle vicieux, même chez les jeunes patients », insiste la cadre de santé. L’idée des deux professionnelles, c’est de donner de l’espoir à des patients qui doivent pour leur survie se rendre trois fois par semaine au centre afin d’y subir une dialyse de 4 heures, assis sur un fauteuil. « On veut leur donner l’envie ensuite d’aller plus loin et de remettre du sport dans leur vie », s’enthousiasme Angeline Pena Prado.
15 022 dialyses par an en 2020
Il accueille des patients de Menton à Nice. Le centre d’hémodialyse privé de Monaco, sur le quai Jean-Charles Rey, reçoit des patients qui nécessitent des soins continus. Son directeur médical est Christophe Robino, également chef de service au CHPG. « Même pendant le confinement de 2020, les patients sont venus suivre leur dialyse. Pour eux, c’est une question de vie ou de mort », souligne Angeline Pena Prado. En 2020, ce sont 15 022 dialyses qui ont été administrées. La patientèle chronique vient aussi bien de Menton, de l’arrière-pays de la Roya, que de Nice ou Monaco. Il y a aussi habituellement une grosse patientèle nationale et internationale, du fait de la typologie des résidents de la Principauté. Avec 19 postes, ce centre est l’un des plus importants de la Riviera. Le CHPG compte lui 5 postes. Il faut ensuite se rendre au CHU de Nice ou à la clinique Saint-Georges pour être dialysés.
