Contrairement à la France, aucune loi en Principauté n’oblige les grandes surfaces à redistribuer les invendus alimentaires encore consommables à des associations.
Mais les grandes enseignes de la Principauté jouent globalement le jeu.
Des tonnes d’invendus alimentaires jetés ou broyés alors qu’une partie reste propre à la consommation … Le gaspillage alimentaire dans les grandes surfaces a toujours créé un énorme malaise dans l’opinion publique. Face à ces pertes à grande échelle, la France a décidé de réagir. Depuis la loi Garot du 11 février 2016, les supermarchés de plus de 400 m² ont une obligation : ces établissements doivent récupérer leurs invendus et les distribuer à des associations caritatives si elles les sollicitent. En cas de refus, les supermarchés sont passibles d’une amende de 3750 euros par infraction. Qu’en est-il alors à Monaco ? Aucune loi n’a été mise en place pour le moment pour faire en sorte que les invendus alimentaires encore consommables soient obligatoirement redistribués. En revanche, les grandes surfaces monégasques ont mis en place plusieurs actions pour éviter de jeter massivement.
Fruits et légumes abîmés pour les animaux du zoo
Du coté de Carrefour Monaco, la direction a noué un partenariat avec trois entités différentes. Le jardin animalier de Monaco vient notamment tous les matins prendre les fruits et légumes abîmés pour nourrir les animaux. Ces denrées sont également partagées avec l’éléphante recueillie par la Princesse Stéphanie. Quant au musée océanographique, il récupère les abats de poissons (têtes, peau, etc…) pour nourrir leurs pensionnaires. L’ association Les Cœurs du Campanin de Menton vient aussi deux fois par semaine (mercredis et vendredis) pour récupérer les produits en fin de vie. « A côté de cela, nous avons mis en place plusieurs choses en rayon pour que nos clients aussi profitent de bonnes affaires », nous indique Carrefour Monaco. Ainsi, les produits frais dont la date limite de consommation (DLC) approche, sont signalés avec une étiquette jaune et proposés avec un rabais conséquent. Au rayon fruits et légumes, des paniers anti-gaspi sont également mis en vente à prix réduits, avec des produits bons à consommer mais un peu « bugnés ». Et si vous ne jurez que par votre téléphone, Carrefour Monaco a lancé un nouveau partenariat avec Eco Slowasting : une application où vous pouvez commander un panier surprise contenant des produits à consommer rapidement, et à moindre coût.

Des produits vendus entre – 30 et – 50 %
Du côté du supermarché Casino sur le port Hercule, plusieurs partenariats ont également été noués. Notamment avec l’association Saint Vincent de Paul qui récupère des denrées avant qu’elles n’arrivent à leur date limite de consommation. « Tous les jours, le Stars and Bars vient également récupérer les fruits et légumes abimés mais consommables que nous ne pouvons plus vendre, rajoute Jordane Gauget , directrice de ce supermarché. Cet établissement s’en sert notamment pour cuisiner un plat du jour. Pendant le confinement , ils ont également confectionné des confitures et des gâteaux avec. » Au sein du supermarché, des produits qui arrivent à date sont positionnés dans un bac dédié et vendus entre – 30 % et – 50 %. Une initiative qui rencontre un vif succès, notamment auprès des travailleurs le midi.
Dans les écoles -Une sensibilisation dès le plus jeune âge
Afin d’éviter des comportements propices au gaspillage alimentaire, la sensibilisation auprès des jeunes est primordiale. Les cantines scolaires ne relèvent pas de la mairie mais du gouvernement. Pour autant, des actions sont tout de même menées pour porter l’attention des élèves à cette problématique. C’est le cas au collège FANB, où « tout est fait pour que l’élève recycle ses déchets », selon Marjorie Crovetto-Harroch, adjointe au maire. Un élément marquant réside dans les récipients transparents qui sont à la vue de tous. Ceux-ci regroupent tous les morceaux de pain qui n’ont pas été consommés. « Une action forte » qui permet de se rendre compte de la quantité gaspillée au quotidien. La mairie et MC2D sont à leur tour intervenus à deux reprises dans des établissements scolaires, dans le cadre de la semaine européenne de réduction des déchets. Pour marquer le coup, des pancartes ont été réalisées et accrochées dans les réfectoires. Des messages et images de fruits et légumes adaptés aux différentes tranches d’âge ont été affichés pour sensibiliser cette jeune population. « Il y avait des choses sympas. Par exemple un fruit qui dit « je suis trop belle pour que tu me mettes à la poubelle » », se souvient, amusée, l’adjointe au maire, précisant tout de même que pour les plus grands, les messages sont différents.
