Les violences commises envers les femmes à Monaco sont en augmentation selon les dernières données de la Sûreté Publique.
Dans plus de 64 % des cas, il s’agit de violences physiques, et pour 10% des cas, de violences sexuelles.
C’est un fléau qui n’épargne manifestement pas la Principauté… L’IMSEE vient de publier des chiffres sur les violences commises à l’égard des femmes à Monaco en 2020. Le premier constat est qu’elles sont malheureusement en augmentation. Selon les données de la Sûreté publique, 39 cas de violences ont été recensés par les services de police en 2020, contre 33 en 2019. 72% des victimes de ces faits résident à Monaco.
Des victimes de 36 ans en moyenne
Cette étude révèle également que les femmes victimes de violence sont âgées de 36 ans en moyenne. Et l’âge moyen des auteurs de ces violences est de 42 ans. « Dans plus de 64 % des cas, il s’agit de violences physiques, et pour 10% de violences sexuelles », précise encore l’étude.
Conjoint ou ex-conjoint
Dans cette étude – menée conjointement avec le Comité pour la promotion et la protection des droits des femmes – on apprend en outre qu’un 1 cas de violence sur 2 est commis au domicile de la victime ou de l’auteur des violences. Et 54 % des violences sont commises par le conjoint, ou ex -conjoint de la victime.
Traitement judiciaire
Selon les données de la direction des services judiciaires, 50 procédures ont été ouvertes pour des cas de violences envers les femmes, dont 20 pour des faits commis en 2020. « 23 cas font actuellement l’objet de poursuites judiciaires , dont 6 pour des faits commis en 2020, 13 pour des faits commis en 2019, et 4 pour des faits commis avant 2019 », précise l’étude
A ce jour, 1 condamnation a été prononcée et une ordonnance de protection a été prise pour des faits commis en 2020. Huit affaires ont été classées sans suite en 2020.
Qui et comment alerter en cas de violences ?
Les victimes à Monaco ont plusieurs possibilités de donner l’alerte. Pour les situations d’urgence, elles peuvent composer le 17 ou le 93 15 30 15. Pour les demandes d’aide ou de renseignements : le 0 800 91 90 10 (gratuit et 7j/7j) Un e-mail est aussi disponible : avip@monaco.mc. Durant le premier confinement, deux dispositifs supplémentaires avaient été mis en place et sont toujours actifs. Une victime peut se rendre dans une pharmacie monégasque pour donner l’alerte. Et pour les personnes qui ne pourraient pas téléphoner, la Sûreté Publique a mis en place un e-mail d’alerte : sos-violences@gouv.mc.
Les enfants, premiers témoins et victimes collatérales.
Dans le cadre de la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes le 25 novembre dernier, un film de prévention a été diffusé sur Monaco info. Celui-ci a pour personnage principal un enfant. Des enfants qui sont souvent les premiers témoins de ces violences intrafamiliales et donc des victimes collatérales. « Il ne faut pas négliger les témoins directs comme les enfants qui peuvent éprouver des troubles affectifs et psychologiques profonds en assistant malgré eux à cette violence au sein du foyer », indiquait Céline Cottalorda qui chapeaute le Comité pour la promotion et la protection des droits des femmes.
