Le président de l’AS Monaco, Dmitri Rybolovlev avait mis en cause le marchand d’art suisse Yves Bouvier pour une faramineuse escroquerie. Après Monaco, les autorités helvètes ont annoncé leur volonté de classer la procédure.
C’est peut-être la fin d’une tentaculaire affaire judiciaire qui tient en haleine deux pays depuis plusieurs années. A Monaco, celle-ci avait démarré en janvier 2015 lorsque le milliardaire russe, Dmitri Rybolovlev, avait déposé plainte contre le marchand d’art Yves Bouvier et son intermédiaire, la résidente monégasque d’origine bulgare, Tania Rappo, pour une escroquerie. Le litige porte sur les soi-disant marges exorbitantes encaissées lors de la revente de trois œuvres d’art : un de Vinci, un Gauguin et un Rothko. Depuis son arrestation à Monaco en février 2015, Yves Bouvier n’avait cessé de faire valoir son innocence. Pour sa défense, pas d’escroquerie à l’encontre de son ancien client mais simplement des plus-values « comme toute personne achetant et revendant un bien en a le droit ». Après la cour de révision de Monaco en juillet 2019, c’est la Chambre du conseil de la Cour d’appel de Monaco qui avait annulé la procédure le 12 décembre 2019. Le motif ? Aux yeux de la justice monégasque, celle-ci était inéquitable et avait été menée de « manière partiale et déloyale » en raison notamment des relations entre les avocats du Russe, les enquêteurs et le procureur général de l’époque. Une autre gigantesque affaire de corruption a d’ailleurs débouché en principauté e cette première depuis. Les investigations ayant mené à l’inculpation de plusieurs hautes personnalités de Monaco sont toujours en cours sous la houlette des juges d’instruction Ludovic Leclerc et Franck Vouaux.
« Le Ministère public constate un empêchement de procéder »
Le dernier espoir du clan russe résidait donc en territoire helvétique où une procédure y avait aussi été intentée. Les avocats de Dmitri Rybolovlev avaient saisi la justice pour 38 autres transactions, entachées selon eux d’escroquerie, d’abus de confiance et de blanchiment d’argent. Mais on apprenait mardi 26 janvier 2021, grâce à une information du quotidien suisse Le Temps, que celle-ci avait du plomb dans l’aile. « Le Ministère public a annoncé aux parties son intention de classer la procédure », a confirmé l’AFP. C’est Yves Bertossa, premier procureur du Ministère public genevois, qui a pris la décision de classer la plainte pénale déposée par Dmitri Rybolovlev contre Yves Bouvier. « Le Ministère public constate un empêchement de procéder », est-il écrit dans le courrier de quatre pages transmis aux deux parties, document que le quotidien Le Temps a pu consulter. Pour autant, « un délai au 30 janvier a été donné aux avocats des deux protagonistes puissent se déterminer et faire de nouvelles réquisitions de preuve », indique Le Temps.
