Les personnes qui souhaitent s’installer à Monaco et qui n’ont pas de sources de revenus réguliers, ont une obligation financière : pour pouvoir obtenir une carte de résident, ces primo-arrivants doivent déposer une somme de 500000 euros minimum dans une banque monégasque. Pourquoi cette règle ?
Ne s’installe pas à Monaco qui veut… Pour obtenir une carte de résident, les primo-arrivants (à savoir les personnes qui font une première demande d’installation en principauté) doivent fournir un certain nombre de documents à la Sûreté publique. Pêle-mêle : ils doivent pouvoir justifier de leur « bonne moralité » en fournissant un extrait de casier judiciaire, avoir un logement à Monaco « de taille adaptée au besoin des personnes y résidant », mais aussi disposer de « ressources financières suffisantes »… Soit d’un salaire, soit de revenus professionnels liés à une activité commerciale indépendante (ou par l’intermédiaire d’une société). Que se passe-t-il alors s’ils n’ont pas de sources de revenus réguliers ? Dans ce cas-là, les autorités monégasques affichent leurs exigences… Et mieux vaut avoir un gros porte-monnaie. Ces personnes doivent en effet pouvoir justifier d’avoir les moyens suffisants pour vivre en Principauté sans y travailler… Pour le prouver : une obligation financière leur est imposée. Ces primo-arrivants doivent demander une attestation bancaire. Pour obtenir ce document administratif — délivré uniquement par les banques monégasques — les demandeurs doivent déposer une coquette somme minimale de 500 000 euros dans un compte bancaire.
Un montant unique de 500 000 euros depuis 2017
Depuis l’année 2017, c’est l’AMAF (1) qui a recommandé un seuil commun à toutes les banques. Pourquoi un montant unique ? Car avant cette date, le système était quelque peu arbitraire : chaque établissement bancaire fixait en effet son propre seuil minimal, souvent en fonction de sa politique commerciale… Pour livrer une attestation bancaire, certaines banques exigeaient ainsi de déposer une somme de 100 000 euros, quand d’autres demandaient 1 million d’euros. Un système source d’évidentes injustices… Quelques élus du Conseil national ont toutefois estimé que cette procédure donnait trop de pouvoirs aux banques. D’autres ont également jugé ce montant de 500 000 euros trop excessif.
« Le coût de la vie est ici très élevé. Ce montant n’apparaît donc pas déraisonnable »
Mais ce n’est pas le sentiment du gouvernement qui ne compte pas du tout changer cette règle : « Une personne qui souhaite s’installer à Monaco et qui ne perçoit pas de revenus récurrents doit pouvoir justifier qu’elle dispose des moyens suffisants pour vivre en Principauté, sans y travailler. Le coût de la vie est ici très élevé, notamment les loyers pratiqués dans le secteur libre. Ce montant n’apparaît donc pas déraisonnable », avait justifié dans nos colonnes Jean Castellini, conseiller-ministre aux finances et à l’économie. Avant de rajouter : « Ce qu’il y a de plus cher et de plus rare en Principauté, c’est le m². Ce m² doit donc être rentabilisé. Il ne serait pas acceptable qu’une personne ayant, par exemple, beaucoup d’argent à l’étranger veuille s’installer à Monaco pour bénéficier de la sécurité, du système de santé, du cadre de vie et du soleil, sans déposer une partie de ses avoirs dans une banque monégasque. D’une certaine manière, il y a un prix à payer pour vivre en Principauté, indique-t-il. Ce que nous recherchons, ce sont des personnes qui s’installent en Principauté et qui contribuent à l’essor économique du pays. »
Une analyse en amont faîte dans 8 pays par l’AMAF
De son côté l’AMAF, explique également que ce montant de 500 000 euros n’est pas sorti de nulle part : « Nous avons effectué une analyse sur 8 pays notamment l’Italie, le Portugal le Luxembourg, la Suisse, ou encore Malte. Nous avons analysé les critères que ces pays demandent aux nouveaux arrivants qui ne viennent pas pour travailler mais qui demandent la résidence, explique Hervé Ordioni, directeur général de Edmond de Rothschild (Monaco) et président de la commission de promotion de la place financière monégasque au sein de l’AMAF. La somme de 500 000 euros nous a donc semblé juste par rapport aux moyens que cela nécessite de vivre en Principauté. »
(1) Association monégasques des activités financières
