samedi 18 avril 2026
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    Au service des sans-abri

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    ASSOCIATION/Des sandwichs, un bol de soupe, quelques viennoiseries… Ce moment de réconfort, Soupe de nuit l’apporte tous les jeudi soirs depuis vingt ans aux plus démunis.

     

    C’est une histoire qui a commencé « un peu par hasard ». « C’était un hiver très froid, se souvient Gisèle Cottalorda, la présidente de Soupe de nuit. Mon fils était parti amener des couvertures à des SDF. On a vu qu’il y avait un réel besoin. » L’idée de l’association a germé.

    Vingt ans plus tard, Soupe de nuit compte 74 adhérents, dont la moitié « très actifs ». « Surtout des retraités, en raison de leur disponibilité. » Tous les jeudis à Nice — les autres soirs étant couverts par d’autres associations —, ces bénévoles, répartis en plusieurs groupes, se consacrent aux plus démunis. À des points fixes, comme à l’accueil de jour, avenue du XVe-Corps, ou à la gare des chemins de fer de Provence. Plus une équipe qui sillonne les rues de Nice, pendant qu’une autre est à Menton.

    Chaque semaine, Soupe de nuit aide près de 500 personnes en précarité. Ce qui demande une organisation bien rodée. Le matin commence avec les courses, puis direction la base nautique de Cap-d’Ail pour faire les sandwichs. Le reste vient de généreux bienfaiteurs : viennoiseries, bananes, tablettes de chocolat, soupe, boissons chaudes… De quoi composer un panier diversifié. Parallèlement, au vestiaire de Beausoleil, une équipe prépare vêtements, blousons, couvertures et sacs de couchage.

     

    « La rue est terriblement destructrice »

    « Il y a des sans-abri, des immigrés, de plus en plus de nouveaux pauvres », constate Gisèle Cottalorda. Perte d’un travail, des liens familiaux, d’un logement… « La rue est terriblement destructrice. On se désocialise très vite, et surtout, on n’y fait pas de vieux os… » Alors l’association oeuvre, encore et toujours. « Quand on a commencé il y a vingt ans, on ne pensait jamais qu’on serait là vingt ans après. »

    Gisèle Cottalorda songe à passer le relai, sans se désengager. « C’est beaucoup d’investissement. » Le prix de l’indépendance : l’association n’a jamais sollicité la moindre subvention, « par éthique ». Le fonctionnement est financé par les cotisations, la totalité des dons sert à l’achat de nourriture.

    De nombreux mécènes ont rejoint l’aventure. Pour l’anniversaire de l’association, le Lions club a même organisé un concert de l’Orchestre philharmonique de Monte-Carlo. Trois cents personnes présentes ; tous les bénéfices intégralement destinés aux repas des sans-domicile. « Nous avons une chance insolente », reconnaît Gisèle, qui espère garder sa « bonne étoile ».

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