Docteur en sciences du mouvement humain, Mélanie et Jérôme Vaulerin de Monaco Care Concept vous donnent des conseils pour limiter le gaspillage alimentaire.
Le gaspillage alimentaire constitue un problème crucial en France, où chaque citoyen jette en moyenne entre 20 et 30 kg de nourriture par an, dont près de 7 kg encore emballés, selon l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie). Ce gaspillage représente un coût de près de 159 euros par personne chaque année. Une somme qui pourrait être économisée en adoptant des pratiques plus responsables. Les causes de ce gaspillage sont multiples et touchent toute la chaîne de production. Les agriculteurs produisent souvent en excès pour assurer une offre constante, entraînant une surproduction. Les promotions commerciales encouragent la surconsommation et incitent à l’achat de produits en excès. Les normes esthétiques du marché éliminent des fruits et légumes comestibles uniquement en raison de leur apparence. Enfin, la confusion entre la date limite de consommation (DLC) et la date de durabilité minimale (DDM) pousse les consommateurs à jeter des aliments encore consommables.
Une grosse source de pollution
Le gaspillage alimentaire est également une source importante de pollution : chaque année, il produit 3,3 milliards de tonnes de CO2 à l’échelle mondiale. En France, les ménages restent les principaux responsables, suivis de près par le secteur de la restauration, qui représente 15 % des pertes alimentaires totales. Face à cette situation, sensibiliser les citoyens aux impacts écologiques et économiques du gaspillage alimentaire, tout en encourageant des pratiques responsables, est essentiel pour la protection de la planète et l’équilibre budgétaire des foyers.
Mieux comprendre ce qu’est le gaspillage alimentaire pour mieux consommer
Le gaspillage alimentaire comprend les aliments jetés ou perdus tout au long de la chaîne alimentaire, depuis la production jusqu’à la consommation finale. Cela englobe notamment les pertes à la source tels que les endommagements ou rejets des produits agricoles en raison de leur apparence non standard (fruits trop petits, tordus, etc.), les pertes dans la distribution comme la dégradation de certains produits frais ou non consommés à temps dans les rayons, et le gaspillage au niveau des consommateurs, les produits non consommés ou périmés dans les ménages. Les aliments les plus gaspillés varient en fonction des habitudes alimentaires et des comportements de consommation, mais les chiffres montrent des tendances récurrentes.
En France, plusieurs catégories d’aliments se démarquent par leur taux de gaspillage élevé, souvent dû à la mauvaise gestion des dates de consommation, au stockage inadapté ou aux achats impulsifs. Les principaux aliments les plus fréquemment jetés sont les fruits et les légumes (près de 45 % des pertes alimentaires), le pain (environ 10 % des déchets alimentaires), les produits laitiers (confusion entre la date de péremption et date de durabilité), les produits animaliers (jetés par crainte de contamination), et les restes de raps (plats cuisinés maison ou industriels). Des gestes simples, comme bien organiser ses courses, consommer les aliments avant d’en acheter d’autres, et valoriser les produits dits « imparfaits », peuvent faire une réelle différence dans la réduction des déchets alimentaires.
Les solutions pour réduire le gaspillage alimentaire
Pour consommer de manière plus responsable et limiter le gaspillage alimentaire, certaines pratiques sont simples à adopter. Tout d’abord, mettre en place une planification des repas hebdomadaires aidera à n’acheter que ce dont on a besoin, évitant ainsi les excès. Lors des courses, il vaudrait mieux privilégier des produits en vrac ou en petites quantités pour ajuster les achats aux besoins réels. De plus, l’organisation du réfrigérateur est également un élément clé : les aliments proches de leur date de péremption pourraient être placés à l’avant pour être consommés en priorité. Il est aussi important de bien comprendre les dates de péremption, en distinguant les dates de consommation sécuritaires des dates qui indiquent simplement une perte de qualité nutritive ou gustative. Enfin, cuisiner les restes est une astuce précieuse pour éviter de jeter les aliments non consommés, en créant de nouveaux plats à partir de ce que l’on a sous la main. Ces gestes, en plus de réduire le gaspillage, permettent de réaliser des économies et de contribuer à la préservation des ressources alimentaires.

