vendredi 10 avril 2026
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    Xavier Beck, candidat aux municipales à Cap-d’Ail, fait le point sur les dossiers sensibles  

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    Maire de Cap-d’Ail depuis 30 ans et candidat à sa réélection sans opposition, Xavier Beck revient sur son positionnement politique, les grands dossiers en cours (plage Mala, trémie, logement) et les projets de son éventuel sixième mandat.

    POSITIONNEMENT POLITIQUE

    Vous avez récemment changé d’étiquette politique. Où vous situez-vous aujourd’hui ?

    A titre personnel, j’ai adhéré à l’Union des Droites pour la République (UDR), mouvement fondé par Éric Ciotti. Je vais faire une comparaison audacieuse, mais assumée : elle est comparable à l’alliance de François Mitterrand lorsqu’il a su bâtir le programme commun de la gauche en faisant alliance avec le Parti communiste au temps de l’URSS ! Si nous ne faisons pas ça, nous sommes condamnés à avoir en permanence le bloc central avec tout que cela implique : absence de réelle majorité, valse des premiers ministres, etc. Cela étant dit, pour les municipales, ma liste sera divers droite. J’espère un changement de gouvernance à la Métropole, inutile de préciser dans quel sens, car Cap-d’Ail est aujourd’hui clairement maltraitée pour des raisons politiques.

    Pourriez-vous préciser ?

    Quand vous partez de Nice et que vous regardez ne serait-ce que les aménagements de voirie (qui sont de la compétence de la Métropole), c’est flagrant. J’appelle à une métropole équitable, qui exercerait pleinement toutes ses compétences dans chacune des communes. Le successeur de Christian Estrosi pourrait par ailleurs reprendre le dossier de parking Beaverbrook de 200 places, avec l’aménagement d’une place piétonne au-dessus. Il a été complètement abandonné. Cap-d’Ail a droit à ce parking public que l’on attend depuis longtemps.

    PRIORITÉS DU MANDAT

    Si vous êtes réélu, quelles seront les priorités de ce nouveau mandat ?

    L’installation de la maison médicale, à la place de l’ancienne Poste : 450 m² pour accueillir un secrétariat commun, un bureau d’infirmier, trois médecins, un pédiatre, un ophtalmologiste, des kinésithérapeutes et des ostéopathes. Et bien sûr, l’aboutissement du projet de la plage Mala, qui représente un énorme chantier à la fois juridique et matériel.

    Pourriez-vous refaire un point sur ce projet qui n’a visiblement pas été bien compris ? 

    Il faut repartir de l’origine du problème. La concession de plage accordée par l’État s’est achevée le 31 décembre 2010. À ce moment-là, la Préfecture nous a expliqué que le renouvellement de la concession ne serait possible qu’à la condition de démolir tous les ouvrages présents sur le domaine public maritime (DPM). Une position très doctrinaire, à laquelle je me suis opposé. À la Mala, ces constructions ont une histoire : d’anciens abris à bateaux occupés par des familles depuis la Seconde Guerre mondiale. S’en est suivi une série de procédures. Un expert désigné par le Tribunal Administratif a considéré que la laisse des eaux n’allait pas jusqu’aux constructions et que ce n’était donc pas dans le DPM. Mais après un succès en première instance, nous avons finalement été désavoués par la Cour administrative d’Appel de Marseille puis par le Conseil d’État. Le préfet a pris un arrêté de délimitation du DPM et y a intégré les cabanons et une bonne partie des restaurants. En 2020, l’État a donc dit aux propriétaires : « soit vous démolissez par vous-même, soit nous le ferons ».

    Comment ont réagi les propriétaires ?

    Certains s’en sont chargés, c’était un épisode douloureux, puis les pelleteuses sont entrées en action et ont démoli ce qui ne l’avait pas été. Les propriétaires de l’Eden ont immédiatement supprimé le bar qui était sur le DPM, et la dalle de béton où étaient installées les tables. Pour la Réserve, c’était plus compliqué car l’établissement était presque entièrement construit sur le DPM, y compris les cuisines. Les travaux étaient plus importants, mais ils sont presque terminés aujourd’hui. A l’avenir, ils devront installer des structures légères et démontables qui seront retirées en hiver.

    Qu’en est-il de l’accès du public ?

    Nous avons prévu un passage public continu de 2,50 mètres sur toute la longueur de la plage. Avant, il ne faisait que 90 cm et on devait se baisser pour éviter les parasols. La Mala reste une plage publique.

    L’ajout d’un snack a soulevé quelques polémiques. Pourriez-vous rappeler votre intention ?

    Il ne s’agira pas d’un troisième restaurant comme j’ai pu l’entendre, mais bien d’un snack, de 3 mètres de profondeur sur 5m de long, installé par la mairie. L’exploitant sera choisi dans le cadre d’une délégation de service public (DSP) avec un appel d’offres et les tarifs pratiqués devront être validés par le conseil municipal. Je veux une alternative aux deux restaurants déjà présents. Je souhaite que les familles puissent manger un pan bagnat, une glace, ou boire un verre à un prix raisonnable. Et soyez assurés que ce sera très contrôlé. La plage Mala devra être demain accessible à tous.

    Justement, quel est le calendrier ? Est-ce que le réaménagement sera prêt pour cet été ?

    La plage sera ouverte cet été, mais le snack et l’aménagement définitif ne seront prêts qu’en 2027.

    DOSSIER DES CABANONS

    Où en est le dossier des cabanons illégalement construits au-dessus de la plage de la Mala par Daniel Giersch ? A-t-il entamé leur démolition, demandée par le Tribunal Correctionnel ?

    Non, non seulement il n’a pas procédé à la démolition ordonnée par le Tribunal Correctionnel, en dépit du fait que la condamnation était assortie de l’exécution provisoire, mais il a au contraire multiplié les recours, en vain à ce jour, pour contester toutes les décisions de justice qui ont été rendues. Pire, nous avons dû faire dresser un 7ème procès-verbal d’infraction au code de l’urbanisme le 30 septembre 2025 pour une construction réalisée sans aucune autorisation administrative. Le jugement correctionnel du 4 juillet 2024 n’a pas encore reçu fixation pour être plaidé devant la Cour d’Appel d’Aix-en-Provence. La démolition et la remise en état ayant été ordonnées sous astreinte, nous ne manquerons pas de faire liquider l’astreinte le moment venu.

    LOGEMENTS

    Le logement reste une problématique majeure à Cap-d’Ail. Comment agissez-vous pour faciliter l’accès au logement des jeunes et actifs Cap d’Aillois dans un contexte aussi contraint ?

    J’ai été élu après des années d’une municipalité communiste qui avait eu une politique très volontaire en matière de logements sociaux. C’est effectivement la quadrature du cercle : des prix records, plus de terrain disponibles… Dès 1995, j’ai renoncé à un projet d’accession à la propriété sur la moyenne corniche : choisir 40 heureux propriétaires qui achètent un bien pour le tiers de sa valeur était moralement et politiquement très compliqué. Je n’ai pas voulu prendre cette responsabilité donc j’ai abandonné ce projet au bénéfice du logement social. Aujourd’hui, Cap-d’Ail compte 19 % de logements sociaux. Nous sommes parmi les « meilleurs élèves » du département et parmi les rares communes à ne pas payer d’amende en raison des subventions que nous versons aux bailleurs sociaux. La loi impose désormais 25%, mais c’est évidemment irréalisable. On aurait déjà eu du mal à atteindre les 20% parce qu’à chaque fois que vous faites du logement social, vous faites aussi du logement classique donc pour atteindre ce pourcentage il faudrait vraiment construire beaucoup alors qu’il n’y a plus de terrain disponible. Le dernier était celui du fameux chantier des Romarins sur la moyenne corniche qui a suscité tant de polémiques au mois de septembre dernier.

    Souhaitez-vous y répondre ?

    Encore une fois, il s’agissait du dernier terrain disponible. Concernant les embouteillages occasionnés, je comprends tout à fait que ce soit exaspérant. Nous avions demandé au bailleur social Erilia de replier le chantier le soir. Juste pour les 6 premiers mois de terrassement cela coûtait 450 000 euros supplémentaires. Nous ne pouvions pas nous le permettre. Le gouvernement monégasque a accepté de prendre en charge ce surcoût, ce qui permet de libérer les deux voies de circulation à 16 h. le chantier est actuellement arrêté en raison de la défaillance de l’entreprise de terrassement, et il devrait reprendre au mois de mars prochain. Prochainement, les travaux du Balcon des Salines, résidence de 25 logements dont 15 logements sociaux, qui sera réalisée par Habitat 06, devront débuter 2 avenue Jacques Abba, à l’emplacement d’un vieil immeuble acquis avec le concours de l’Établissement Public Foncier régional. Nous recherchons également des opérations de réhabilitation, comme celle envisagée sur l’immeuble La Ruche, ancien foyer du CCAS.

    Cap-d’Ail compte beaucoup de résidences secondaires qui mobilisent également une grosse partie des logements…

    Nous avons effectivement 4 500 habitants mais également 1 200 résidents secondaires. La plupart d’entre eux sont des résidents fiscalement monégasques. Avant c’était très pénalisant car la dotation globale de fonctionnement (DGF) n’était calculée que sur les résidences principales. Aujourd’hui, ça l’est moins, car d’une part la DGF versée par l’État a chuté de 80 % depuis dix ans et d’autre part la taxe d’habitation n’est aujourd’hui payée que par les résidents secondaires.

    PROJET DE TREMIE

    Le projet de Trémie est toujours au point mort. Le Ministre d’État de Monaco a expliqué, en séance budgétaire, que des études techniques démontraient la faisabilité d’un phasage du chantier qui permette d’éviter toute difficulté de circulation. Qu’en pensez-vous ? Votre position sur ce sujet a-t-elle évoluée ? 

    J’attends de voir le projet. Je ne suis pas fermé mais je ne sais pas comment construire une trémie de 80 mètres de long, 5m de large et 6 mètres de profondeur peut se faire sans causer de problèmes de circulation et en maintenant les trois voies de circulation. On sait qu’en plus, ce carrefour est un nœud de différents réseaux d’eau usées, d’eau pluviale, d’eau potable, et de différents concessionnaires qui traversent le carrefour d’est en ouest et du nord au sud. Nous venons de recevoir le dossier d’étude, datant de 2016, mais nous avons depuis aussi pu réaliser les conséquences de la neutralisation d’une seule voie sur 40 mètres, 200 mètres au-dessus du carrefour concerné ! Pour autant, si après étude de ce dossier, il nous apparaît qu’il y ait la moindre chance de réaliser ces travaux sans supprimer une voie de circulation, nous pourrions accepter que soient réalisés les sondages pour valider un éventuel projet de réalisation. Toutefois l’acceptation de ces sondages ne vaudrait pas accord final sur la réalisation de la trémie.

    NAVETTE MARITIME

    La navette maritime Nice–Monaco a été évoquée lors des récents débats budgétaires du Conseil national monégasque. Un test en période estivale, avec un point d’arrivée à Cap-d’Ail, a été proposé pour dépasser les obstacles techniques et juridiques. Quel est votre point de vue sur ce projet ?

    Honnêtement, je n’y ai jamais cru comme mode de transport pour les pendulaires. Ce n’est pas le lac Léman. Concernant l’arrivée à Cap-d’Ail d’une navette touristique, pour être rentable, il faudrait de gros bateaux, or le port de Cap-d’Ail est très petit. On ne va pas débarquer des gens sur un petit ponton ; il faut trouver une place à quai. Ça paraît assez compliqué même si sur le principe je n’ai rien contre.

    SÉCURITÉ

    Dans les Alpes-Maritimes, beaucoup de candidats axent leur programme sur la sécurité. S’est-elle dégradée à Cap-d’Ail ?

    Nous avons surtout de la délinquance routière et la Gendarmerie a grandement renforcé les contrôles, notamment de stupéfiants. Nous voyons peut-être davantage de SDF, souvent refoulés de Monaco, mais la situation reste gérable. Et puis il y a eu l’épisode de violence des supporters de l’OGC Nice dont les débordements ont été très dangereux lors du derby de la saison dernière. Le Préfet, que j’avais sollicité, a pris le 3 octobre 2025 un arrêté interdisant aux supporters niçois de paraître à Cap-d’Ail le jour du match, et nous lui en sommes très reconnaissants. De plus, la Gendarmerie a mis en place cet été une brigade nocturne dans le quartier Marquet, qui s’est montrée efficace et rassurante. La situation est donc sous contrôle.

    HÔTEL 5 ÉTOILES

    Le projet d’hôtel 5 étoiles est une source d’inquiétudes pour certains habitants, quel est votre positionnement ?

    C’est un très bon projet, retravaillé intelligemment. Le premier, trop massif, a fait l’objet d’un refus de permis de construire. Le permis actuel prévoit 94 chambres, une meilleure intégration paysagère, et il respecte les exigences de l’ABF.  Pour autant, après le rejet d’un recours gracieux d’une quarantaine de riverains qui habitent au-dessus et ne seront pas dérangés par le projet, neuf habitants ont déposé un recours contentieux. Leur avocat et celui du promoteur sont en discussion. C’est le dernier site de cette qualité sur la Côte d’Azur, à 30 mètres de la mer et 200 mètres de Monaco. Je pense que ce nouvel hôtel aura une belle clientèle. Il permettra de créer plus de 100 emplois pour la commune tout en lui assurant de nouvelles recettes.

    IMPÔTS LOCAUX

    Dans un contexte de hausse du coût de la vie, comment comptez-vous faire évoluer les impôts locaux à Cap-d’Ail lors de cet éventuel prochain mandat ?

    Nous n’avons jamais augmenté les impôts depuis 1995. Ils ont même baissé deux années consécutives. C’est dans l’ADN de notre municipalité. Les tarifs de la restauration scolaire et du CLSH sont inchangés depuis 2010, le stationnement payant, avec tarif résident instauré en 2017, n’a pas augmenté depuis. J’ajoute qu’en 2025 nous avons soldé notre dernier emprunt, de sorte que la dette est égale à zéro. Nous continuerons ainsi.

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