Le 25 novembre a eu lieu la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. À Nice, Patricia Mendoza-Cerisuelo est la nouvelle déléguée départementale aux droits des femmes et à l’égalité des Alpes-Maritimes. L’occasion pour l’Observateur de Monaco de revenir sur les dispositifs existants dans ce département pour aider les femmes à sortir de l’emprise d’un conjoint violent.
Chaque année en France, on estime que près de 220 000 femmes sont victimes de violence sexuelles ou physiques. Pour leur venir en aide, plusieurs dispositifs sont déployés dans chaque département français. Depuis le mois d’août 2022, la préfecture des Alpes-Maritimes a nommé un nouveau visage pour incarner le droit des femmes. Il s’agit de Patricia Mendoza-Cerisuelo, une Espagnole de 37 ans, qui s’est formée dans son pays natal à l’université de Valence. Après un stage pour mieux comprendre le dispositif “Téléphone Grave Danger” déployé en Espagne depuis 2003, puis un stage en France auprès de femmes en situation de monoparentalité, Patricia Mendoza-Cerisuelo a occupé le poste de déléguée départementale aux droits des femmes et à l’égalité dans le département de la Vendée pendant 7 ans. Elle est désormais au même poste dans les Alpes-Maritimes avec une mission multiple. D’une part, lutter contre les violences conjugales, sexuelles et sexistes. Mais aussi mener des actions liées à l’égalité fille/garçon dans la sphère éducative via de la sensibilisation et de la formation professionnelle du secteur de l’éducation. Et enfin l’égalité femme/homme, notamment professionnelle pour les femmes éloignées de l’emploi. « C’est une politique qui concerne plusieurs services de l’État et fait intervenir aussi bien les collectivités territoriales que les services de police, gendarmerie ou judiciaires », détaille Patricia Mendoza-Cerisuelo.

362 places d’hébergement pour les victimes
Le 25 novembre dernier, à l’occasion de la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, la toute nouvelle déléguée départementale aux droits des femmes et à l’égalité des Alpes-Maritimes a accompagné les autorités locales lors de plusieurs visites. Notamment celle de la Villa Victoria, un centre d’hébergement ouvert à Nice 7 jours/7 et 24h/24 dédiés aux femmes et aux enfants qui dispose de 72 places, actuellement toutes occupées. « Dans tout le département des Alpes-Maritimes, 362 places sont consacrées à l’hébergement de victimes, principalement des femmes et leurs enfants. Malheureusement, la tendance est toujours à l’augmentation. Mais ce qui est positif, c’est que la parole se libère et que nous avons de plus en plus de dispositifs et d’actions pour leur venir en aide. Le département des Alpes-Maritimes est vraiment bien doté en la matière », considère la déléguée. Autre chiffre éloquent, celui concernant le dispositif de “Téléphone Grand Danger”, mis en place depuis 2013 en France. « Sur décision judiciaire, c’est le procureur de la République qui attribue à une victime ce téléphone. Celle-ci peut l’activer en situation de danger pour déclencher l’intervention de la police si nécessaire. 117 téléphones grand danger ont été prononcés et 78 sont actuellement actifs dans le département », décrit Patricia Mendoza-Cerisuelo.
Des stages de responsabilisation pour les auteurs de violences
Outre les nombreuses associations locales qui interviennent pour accueillir et accompagner les victimes (lire ci-contre notre encadré), certaines entités travaillent au contact des auteurs de violences. C’est notamment le cas de l’association maralpine ARPAS dont l’une des missions réside dans la prévention et la lutte contre les violences au sein du couple via des stages de responsabilisation. Pour l’année 2021, le total des stages dans le département s’élève à 22 pour 189 participants. Aucun auteur de violences ne provient de Monaco. Ce qui pourrait changer dans les prochaines années. Fin 2021, Natacha Himelfarb, la prédécesseuse de Patricia Mendoza-Cerisuelo, avait effectué une réunion avec les autorités monégasques. Le sujet avait été abordé et pourrait donc voir le jour. « Le préfet m’a donné mandat pour opérer une coopération avec Monaco sur ces sujets. Je vais donc prendre attache avec Céline Cottalorda, (déléguée interministérielle pour la promotion et la protection des droits des femmes en principauté, NDLR) et évoquer avec elle les pistes de collaboration possibles », explique la déléguée des Alpes-Maritimes. En attendant, celle-ci invite toutes femmes victimes de violences à pousser la porte du centre d’information sur les droits des femmes et des familles (Cidff) dont le siège est à Nice mais qui possède 16 permanences dans tout le département. Ou de l’une des antennes du planning familial présentes dans le département qui peut également être une solution pour trouver aide, écoute et conseil. Sans oublier, la ligne d’écoute 3919, un service téléphonique, accessible 7j/7 et 24h/24, totalement gratuit, anonyme et ne figurant pas sur les factures de téléphone, qui met les femmes en relation avec des personnes compétentes. « Celles-ci reçoivent la parole des victimes sans jugement et peuvent leur délivrer des conseils pour trouver un hébergement, porter plainte, connaître leurs droits, envisager des solutions pour protéger leurs enfants. »
Carnet d’adresses : tous les bons contacts dans les Alpes-Maritimes
• CIDFF 06 : Accueil, écoute, accompagnement des femmes et enfants victimes de violence conjugales, informations juridiques. 2 Rue Guiglia, 06000 Nice – 04 93 71 55 69 – contact@cidff06.com
• Parcours de femmes (C. A. Cannes Pays de Lérins) : Accueil, écoute, accompagnement des femmes et enfants victimes de violences conjugales, soutien psychologique, information juridique, réinsertion sociale et professionnelle. 2 Avenue du Centre, 06150 Cannes – 04 93 48 03 56 – contact@parcoursfemmes.fr
• Harpèges (Ouest du département) : Accueil, écoute, accompagnement juridique, psychologique et/ou social des victimes d’infractions pénales. 8 avenue du 11 Novembre, 06130 Grasse – 04 93 90 85 66 – serviceaideauxvictimes@harpeges.fr
• Montjoye (Est du département) : Accueil, écoute, accompagnement juridique, psychologique et/ou social des victimes. 6 Avenue Edith Cavell, 06000 Nice – 04 93 87 94 49 – aide.victimes@montjoye.org
• Planning familial 06 : Information, écoute sur les sexualités, la contraception, l’interruption volontaire de grossesse, les IST, le VIH et les violences. 22 Avenue Malaussena, 06000 Nice – 04 92 09 17 26 – mfpf.06@gmail.com
• AFCCC (Nice et les Vallées) : Accueil, information, accompagnement, soutien psychologique, conseil conjugal et familial en cas de difficultés relationnelles et de violences conjugales. 12 Rue Michel-Ange, 06000 Nice – 04 93 98 50 15 – afccc06@free.fr
• ALC : Écoute et accompagnement des victimes de violences conjugales et de prostitution. 2 avenue du Docteur Emile Roux, 06 200 Nice – 04 92 07 55 00 – puip.secretariat@association-alc.org
• Une voix pour elles : Aide matérielle et logistique (hygiène, vêtement, déménagement) pour femmes et enfants victimes de violences conjugales.
07 68 91 92 40 06 82 63 64 23 (urgences soir et weekend). Maison des Associations, 16 rue de l’Ancien Palais de Justice, 06130 Grasse – unevoixpourelles@gmail.com – onbouge.06@gmail.com
• Abri côtier, CCAS de la Ville de Nice : Accueil de jour pour victimes de violences conjugales sans RDV (femmes et enfants). Accompagnement psycho-social, accès aux droits, domiciliation, actions collectives. 20 Rue Fontaine de la Ville, 06000 Nice – 04 97 13 39 46 – accueiljourab@ville-nice.fr
• Parenthèse (C.A. Sophia Antipolis, Antibes) : Accueil et accompagnement social, juridique et psychologique des victimes de violences conjugales. Suivi psychologique des enfants. Prise en charge des auteurs des violences. Les allées grenadine, Bat. A, 690 route de Grasse, 06600 Antibes – 04 92 19 75 60 – parenthese@agglo-casa.fr
