jeudi 30 avril 2026
plus
    AccueilInfosSociétéUn peu d’histoire !

    Un peu d’histoire !

    -

    COUTUMES/Coups de canon, dons, doubles naissances… C’est un ensemble de traditions qui entourent une naissance princière. Focus.

     

    19h50, le 10 décembre, au palais de Monaco. 42 coups de canons célèbrent les naissances princières de Gabriella et Jacques. Une tradition qui remonte au développement de l’artillerie. « Depuis la fin du Moyen-Age, la salve d’artillerie est, pour l’autorité politique (comme les cloches pour l’autorité religieuse), une manière d’avertir la population d’un événement important (entrée solennelle d’un souverain ou d’un personnage de haut rang dans une ville, décès d’un souverain et intronisation de son successeur…). Le nombre de coups est traditionnellement fonction du rang du personnage », explique Thomas Fouilleron, directeur des archives du palais princier. Avant la naissance, le couple princier avait annoncé qu’il dérogerait à la coutume de tirer 101 coups de canon pour la naissance d’un garçon et 21 coups pour celle d’une fille. Histoire de ne pas faire de distinction entre les deux enfants.

    Le prince Rainier dans les bras de son père, le prince Pierre, le jour de son baptême, le jeudi 14 juin 1923 au Palais princier de Monaco. © Georges Detaille – Archives du Palais princier de Monaco

     

    21, chiffre symbolique

    Traditionnellement « le nombre 21 est un multiple de sept, qui est naturellement symbolique dans la civilisation judéo-chrétienne (le monde créé en sept jours…). Le vaisseau de marine tirait sept coups à l’entrée du port. L’artillerie qui contrôlait l’entrée du port lui répondait et, par une sorte d’émulation, doublait : ce qui a fait 3 X 7 = 21 », raconte Thomas Fouilleron, directeur des archives de Monaco.

    Pour le nombre 101, en revanche, l’origine semble plus obscure. « Certains racontent qu’un artilleur ne sachant plus s’il était arrivé à cent pour l’entrée de l’empereur romain germanique en avait ajouté un cent-unième… Le plus ne pouvant pas nuire », explique l’historien. Mais ce n’est pas la seule version qui existe. D’autres racontent que cela viendrait d’une habitude qu’auraient eu les Allemands de toujours ajouter un à quelque chose (dans le commerce, le vie quotidienne, le droit…). La tradition des 101 coups de canon pour l’héritier du trône est attestée dans l’histoire, à différentes époques et dans divers pays (le fils de Napoléon Ier, de Napoléon III, de François-Joseph et de Sissi), et encore aujourd’hui en Belgique, au Luxembourg, au Maroc…

     

    La princesse Caroline et le prince héréditaire Albert dans le salon des glaces du Palais princier de Monaco, en 1959. © Georges Lukomski – Archives du Palais princier de Monaco

    Souscription pour le baptême

    Au final, au fil du temps, la coutume a varié. En 1923, la naissance du prince Rainier (III) avait été saluée de 21 coups de canon ; en 1958, celle du Prince Albert (II) de 101 ; en 1870, celle du prince Louis (II) de 21 ; en 1848, celle du Prince Albert (Ier) de 11… En France aussi, la tradition a changé. C’est De Gaulle qui a réduit de 101 à 21 le nombre de coups pour l’investiture du président de la République…

    Signe des temps, les présents offerts lors d’une naissance princière ont également évolué. « La population se manifestait généralement, selon le talent de chacun, par des hommages sous forme de poésies, de pièces musicales, de compositions artistiques », souligne Thomas Fouilleron. Le prince Albert et la princesse Charlène appellent aujourd’hui à privilégier les dons. Comme l’avaient d’ailleurs fait le prince Rainier et la princesse Grace à la naissance de leurs enfants. « Les sommes ainsi recueillies seront redistribuées aux associations de leur choix », explique le palais. Pour le baptême des bébés en revanche, la mairie va lancer une souscription. Sur le même principe que ce qui avait été fait pour le jubilé de Rainier III, l’avènement d’Albert II et le mariage princier, il s’agira de récolter des fonds pour offrir un cadeau aux enfants princiers. « Chacun donne s’il le veut, ce qu’il veut », indique le maire Georges Marsan.

     

     

    -

    Les dernières news

    L’Observateur de Monaco

    Créé en 2005, L’Observateur de Monaco s’est progressivement imposé comme un rendez-vous mensuel d’information et d’analyse consacré à la vie de...

    Plongée nostalgique dans le Monaco des années 50 à 70

    C’est une immersion dans le Monaco d’hier. À travers un document baptisé Florilège d’actualités monégasques filmées par TMC, la plateforme de l’Institut audiovisuel de Monaco a exhumé des mini-reportages tournés entre 1956 et 1974 par Télé Monte-Carlo.

    Sécurité, projets pour le Devens, salles de prières, relations avec Monaco… Les propositions des candidats aux municipales de Beausoleil

    De la sécurité au réaménagement du Devens, en passant par la question des lieux de prière, les candidats aux municipales de Beausoleil déclinent leurs priorités et leurs propositions.

    La Sélection

    Jeunes diplômés à Monaco : voici les secteurs qui recrutent

    Créée en 2010, la Commission d’insertion des diplômés (CID) aide la jeunesse de la Principauté — et désormais celle des communes limitrophes — à trouver un stage, une alternance, ou un premier emploi à Monaco. Comment ces jeunes lycéens et étudiants sont-ils accompagnés dans le grand bain de la vie active ? Quels sont les secteurs d’activité qui recrutent et ceux qui embauchent peu en Principauté ? Et quel est l’intérêt des entreprises monégasques à collaborer avec cette commission ? L’Obs’ vous dit tout.

    Activités immobilières à Monaco : le grand ménage législatif

    Avec plus de 160 agences immobilières, une surreprésentation de marchands de biens, et une multitude d’intermédiaires non autorisés, une concurrence féroce et parfois déloyale se joue. Pour professionnaliser et encadrer ce secteur central de l’économie monégasque, deux textes de loi ont récemment émergé avec des mesures clés : obligation d’une résidence effective à Monaco, fin des prête-noms, mandat écrit obligatoire, ou encore carte professionnelle et formation continue. Voici ce qu’il faut retenir.

    Monaco veut défendre son image à l’international face aux critiques

    Face à des articles de presse considérés comme « dévalorisants », le gouvernement monégasque et le Conseil national souhaitent mettre en place une communication plus proactive à l’international pour défendre l’image de la Principauté.