Une séance publique entre gouvernement et Conseil national est programmée mardi 21 avril à 17h. Elle sera consacrée à l’examen et au vote du premier budget rectificatif 2020.
Son but : débloquer les sommes urgentes et nécessaires pour permettre à Monaco de faire face à la crise Covid-19 sur le plan sanitaire, social et économique. Les élus demandent également qu’une prime soit accordée aux personnels non soignants des établissements publics (CHPG, Centre Rainier III, Cap Fleuri et A Qietudine), aux pompiers, aux agents de la sûreté publique, aux fonctionnaires et agents de l’État et de la commune, « exposés ou particulièrement sollicités ».
Les habitudes de budget excédentaire seront vite à oublier. Avec cette crise sanitaire sans précédent, le budget de l’État monégasque va être amputé d’un tiers. Soit 500 millions d’euros, a avancé Jean Castellini, conseiller-ministre à l’Économie. Demain, élus du Conseil national et membres du gouvernement seront réunis pour examiner le projet de loi de budget rectificatif « qui modifie considérablement la loi de budget 2020 votée en décembre dernier ». En amont, le Conseil national, dans un communiqué de presse diffusé lundi matin, a fait valoir ses priorités et doléances. Première satisfaction : le gouvernement a modifié la première version du projet de loi, en intégrant une estimation de la baisse des recettes, consécutive à la crise. « Il s’agit en effet d’examiner un budget le plus exact possible par rapport à la réalité actuelle des chiffres. »
Établissements de santé : une prime élargie aux non soignants ?
La prime pour les personnels soignants et pour les personnes qui travaillent dans les établissements de soins de la Principauté. Le Conseil national va demander à ce qu’elle soit élargie aux personnels non soignants des établissements publics (CHPG, Centre Rainier III, Cap Fleuri et A Qietudine), aux pompiers, aux agents de la sûreté publique, aux fonctionnaires et agents de l’État et de la commune, « exposés ou particulièrement sollicités ». Le CN appelle aussi à la mise en place de ce même principe aux structures de santé privées comme l’IM2S, le centre cardio-thoracique, au centre d’hémodialyse, et à la fondation Hector Otto.
L’hémicycle souhaite aussi que les sociétés concessionnaires de service public puissent attribuer une gratification à leurs personnels au contact pour garantir la continuité des missions.
Baisse provisoire des loyers commerciaux
Le 6 avril dernier, les élus se sont prononcés à l’unanimité pour une proposition de loi imposant aux bailleurs privés une réduction de 20% des loyers commerciaux et de bureaux du secteur privé, pour un trimestre. « Évidemment uniquement pour les locataires dont l’activité est arrêtée ou fortement impactée. » Le Conseil national estime que cette proposition permettrait aussi de reporter le paiement de 30% du montant du loyer trimestriel sur les trimestres ultérieurs. « Les propriétaires de locaux commerciaux et de bureaux, doivent participer à cet effort collectif pour surmonter cette crise et préparer la relance. »
Parce que le gouvernement ne s’est pas encore prononcé, le Conseil national souhaite inciter à l’instauration d’un « cadre participatif minimum, solidaire et identique pour tous, qui protègera les locataires en difficulté face à une minorité de bailleurs privés intransigeants et ne tenant pas compte du contexte actuel ».
Télétravail, licenciements abusifs : vite une loi
Le Conseil national n’a toujours pas reçu le projet de loi, transformant la proposition de loi votée à l’unanimité le 6 avril dernier, contre les licenciements abusifs et l’obligation du télétravail pour les postes le permettant, pendant la période de crise.
Pour l’arrêt de tous les chantiers
Le Conseil national regrette enfin que le gouvernement n’ait pas pris en compte la demande unanime des élus d’arrêter tous les chantiers publics et privés, le temps du confinement sanitaire, inscrite dans sa résolution votée le 19 mars dernier. « Les chantiers qui se poursuivent ou reprennent, sont donc de l’unique responsabilité du gouvernement », conclut le communiqué de presse.
