Les couples qui avaient prévu de se marier ce printemps ou cet été, ont majoritairement décidé de reporter la cérémonie, soit en fin d’année, soit l’année prochaine. Wedding planners, traiteurs, décorateurs, boutiques de robes de mariées, photographes, musiciens… C’est toute une filière qui, en raison de la crise du Covid-19, se retrouve économiquement en souffrance.
Ils avaient imaginé une fête en grande pompe, avec plus de 200 invités, plusieurs DJ et un repas très abondant… Au final, ils ont préféré reporter leur mariage à l’année prochaine et envoyer un message à tous leurs convives : « Nous avons décidé de repousser à une date ultérieure la célébration de notre mariage. Nous ne considérons pas prudent de réunir nos familles et amis, étant donné le risque possible qu’une telle réunion engendre. De plus, nous ne concevons pas notre fête sans signes d’affection et embrassades entre nous. » Pour ce couple de résidents, le coronavirus est donc venu gâcher la noce. Au-delà de la déception que connaissent de nombreux futurs mariés, c’est toute une filière qui est, de fait, totalement à l’arrêt.
« Tout un secteur est à l’arrêt »
Wedding planners, traiteurs, décorateurs, photographes, ou encore musiciens… Ces secteurs et prestataires très demandés durant la saison estivale, que ce soit pour des mariages ou autres évènements, se retrouvent donc sans revenus et sans réelle perspective sur la reprise. « Que ce soit dans le domaine de l’événementiel ou de l’organisation de mariages, nous sommes dans un flou total », déplore Jean-Christophe Goethals, directeur de JustUnlimited. Cette société monégasque organise de nombreux mariages et évènements privés et professionnels sur Monaco et la Côte d’Azur. Brusquement, en raison de la crise sanitaire, son activité comme celle de ses confrères a été réduite à néant. « Nous n’avons aucune visibilité sur les prochains mois. C’est donc un moment extrêmement difficile. Tout un secteur est l’arrêt. Et l’effet est pyramidal puisque nous faisons travailler des dizaines, voire des centaines de personnes, sur un événement. Ces prestataires là, sont également à l’arrêt complet. »
Report des mariages en 2021
Selon ce professionnel, dans un premier temps, les couples qui devaient se marier en mai ou en juin gardaient un peu d’espoir, et imaginaient pouvoir reporter leur union, plus tard, dans l’année 2020. Mais la crise s’étant durcie au fil des semaines et le brouillard étant toujours aussi épais sur les autorisations de regroupements et de déplacements… beaucoup ont finalement préféré reporter la cérémonie en 2021. « Difficile en effet d’imaginer un mariage sans pouvoir se faire des accolades et sans pouvoir se mélanger, rajoute Jean-Christophe Goethals. De même pour les dîners de gala ou les évènements B to C que nous organisons, ce sont des moments heureux où l’on s’embrasse et où l’on partage. Tous ces évènements, qui sont habituellement très nombreux en Principauté, ont donc été annulés. »
Mariages avec masques et plexiglas ?
Imaginons toutefois que de futurs époux aient une envie irrépressible de se marier malgré les précautions sanitaires qu’impose le Covid-19 ? Que pourraient prévoir les organisateurs ? De nombreux facteurs entrent en ligne de compte. En premier lieu, les autorisations de déplacement. D’autant que de nombreux couples étrangers viennent se marier sur la Côte d’Azur et à Monaco. Ces personnes auront-elles alors l’autorisation de voyager ? Et auront-elles l’envie de voyager ? « En septembre par exemple, nous organisons le mariage d’un couple parisien. Nous ne savons pas encore si les mariés et leurs invités auront l’autorisation de venir dans le sud… », précise ce professionnel. Les conditions sanitaires seront également différentes, si l’évènement se déroule en intérieur ou en extérieur. « On peut imaginer des tables à distance, des plexiglas, le masque obligatoire, du gel hydroalcoolique partout, et pourquoi pas, la prise de température des invités. Mais très honnêtement, qui aurait envie de se marier dans ces conditions ?, soulève encore Jean-Christophe Goethals. Par ailleurs, on ne peut pas prendre le risque d’organiser un évènement qui irait à l’encontre de ce qui est autorisé. Car si des foyers de contaminations se créent suite à ces rassemblements, cela mettrait en péril la santé des invités et des employés, mais aussi mon entreprise et ma réputation. Je ne prendrai donc jamais ce risque. »
Des aides jusqu’à quand ?
De nombreux professionnels du secteur le reconnaissent : les aides gouvernementales accordées durant la crise sanitaire ont été, et sont encore, une énorme bouffée d’oxygène pour les entreprises monégasques. « Je ne connais pas un autre pays qui a aidé ses entreprises à la hauteur de ce que Monaco fait. A ma connaissance, aucun confrère en France, ou en Europe, n’a été épaulé comme nous l’avons été en Principauté. Nous avons donc beaucoup de chance », estime ce professionnel de l’évènementiel. Reste à voir jusqu’a quand ces aides seront allouées ? « Pour l’heure, la durée est de trois mois. Est-ce que dans les secteurs extrêmement touchés comme l’hôtellerie, la restauration, le tourisme ou encore l’événementiel, ces aides vont durer plus longtemps ? Leur montant sera-t-il dégressif ? Nous attendons de voir ce que vont décider les autorités monégasques. » Pour conserver une activité et ne pas être à l’arrêt complet, cette société a choisi de développer des distributeurs de gels hydro-alcooliques en grande capacité qui peuvent être installés dans des sociétés ou dans des shopping center par exemple. Un choix qui n’a pas été fait au hasard. « A l’avenir, sur nos évènements, c’est en effet un produit que l’on devra nécessairement proposer… »
