samedi 18 avril 2026
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    Que la bataille (électorale) commence à Monaco…

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    La liste Union Nationale Monégasque portée par Brigitte Boccone-Pagès tient son premier meeting ce soir à 18h30 au Grimaldi Forum. A ce stade, une seule liste s’est officiellement déclarée pour les élections nationales de février 2023, mais d’autres mouvements politiques commencent tout doucement à avancer leurs pions.

     

    La bataille électorale est désormais lancée… Et elle pourrait s’annoncer un peu moins insipide que prévu.  Le coup d’envoi a été donné le 17 octobre dernier. Ce jour-là, Brigitte Boccone-Pagès a dévoilé à la presse l’identité de celles et ceux qui se présenteront aux suffrages des Monégasques le 5 février prochain sous la bannière Union nationale monégasque (UNM), le nom de son nouveau parti. Pour symboliser cette union, rien de telle qu’une photo de famille… La vice-présidente du Conseil national et désormais tête de liste, avait à sa droite, Béatrice Fresko-Rolfo, élue en 2018 avec le parti Horizon Monaco (HM), et à sa gauche, Jean-Louis Grinda,  issu du parti Union monégasque (UM).  Depuis quand ces trois personnalités politiques, qui 5 ans plus tôt s’affrontaient à grands renforts de meetings, ont-elles décidé de s’unir  ? A en croire les principaux intéressés, l’élément déclencheur fut la crise du Covid-19.  « Cette union s’est naturellement imposée lorsque notre pays a traversé la crise sanitaire historique que nous avons connue », a expliqué d’abord  Brigitte Boccone-Pagès.   Même discours pour Jean-Louis Grinda qui estime lui aussi que cette union a permis de peser davantage dans les relations institutionnelles.  « A partir du moment où l’union nationale a été décidée durant la crise du Covid et voulue par tous, que ce soit par l’ancien président Stéphane Valeri, mais aussi  par Béatrice Fresko-Rolfo,  Jacques Rit et moi-même, notre parole était beaucoup plus efficace . Et cette union n’est pas là pour faire joli », assure-t-il. 

    « Nous avançons tous les trois depuis de nombreux mois »

    A la question, peut-on proposer un projet cohérent issu de trois différentes sensibilités politiques ? « Oui, trois fois, oui. Et je peux vous dire que nous avançons tous les trois depuis de nombreux mois », assure tout d’abord Brigitte Boccone-Pagès. Même son de cloche du côté des autres colistiers.  Tous estiment désormais partager « les mêmes valeurs et la même boussole. » « Nous avons des opinions parfois différentes sur des sujets, mais nous avons des éléments extrêmement importants qui nous rassemblent et qui font toujours passer au premier plan le bien-être de ce pays et des résidents», avance Jean-Louis Grinda. « C’est une liste qui rassemble et non plus qui divise », abonde pour sa part Béatrice Fresko-Rolfo.  Quant aux querelles politiques  et politiciennes  du passé avec Primo !  (mouvement politique porté jadis par Stéphane Valeri et largement victorieux aux élections de 2018), elles appartiennent – assurent-ils – au passé.  « Il y a eu effectivement parfois des débats un peu chauds entre nous lors de la précédente campagne électorale, a rappelé Jean-Louis Grinda.  Nous avons fait le premier débat télévisé de l’histoire de la Principauté. Nous nous sommes affrontés courtoisement mais politiquement, notamment sur la dépénalisation de l’avortement.  Mais au fond, nous étions tous d’accord et nous l’avons obtenue. » Désormais,  le nouveau mot d’ordre martelé dans les rangs de ce parti est clairement identifié : union : «  Éloignons-nous des postures inutiles et clivantes. Rassemblons-nous pour ce beau projet et pour notre pays. Derrière vous, chère présidente, nous serons unis et je m’y engage », a claironné sans ambages Jean-Louis Grinda lors de la conférence de presse.  

    Fractures idéologiques à Monaco ?

    Parmi les autres colistiers, que pense-t-on de cette alliance entre anciens adversaires politiques ? A les entendre, rien de contre-nature…  « Monaco est une petite communauté. Je pense que le mieux est d’être unis. On a vu que cela a fait ses preuves. Ce n’est pas de la tambouille électorale,  nous confie l’un des candidats, Nicolas Croesi. « Les deux années qui viennent de passer démontrent que lorsque l’on parle d’une même voix, cela change la relation institutionnelle et donne plus de poids. De plus, si l’on regarde de près, il n’y a pas de grandes fractures idéologiques à Monaco… », rajoute à son tour Christophe Brico. Contrairement à la France où les clivages politiques sont effectivement forts, à Monaco, les débats majeurs tournent, il est vrai, peu ou prou, toujours autour des mêmes sujets. Et les opinions sont rarement diamétralement opposées.  « C’est un petit peuple, un petit pays.  Les besoins sont globalement bien identifiés et lorsque l’on discute avec les candidats qui étaient sur les listes adverses il y a 5 ans, on s’aperçoit qu’il y a un tronc commun qui est énorme.  Quasiment à 100%», explique à son tour le candidat et élu Franck Lobono. Grandes fractures idéologiques, peut-être pas. Mais les querelles politiciennes, les attaques personnelles et autres scissions de groupe ont, en revanche,  toujours rythmé la vie du Conseil national.

    « Aucune concertation ni aucun accord avec Horizon Monaco »

    Et cette élection ne semble pas échapper à la règle… La preuve : le groupe Horizon Monaco (HM) a clairement fait savoir que le ralliement de Béatrice Fresko-Rolfo aux fidèles de Stéphane Valeri n’a pas été très bien perçue…« Par voie de presse, Madame Béatrice Fresko-Rolfo a fait connaître son intention de rejoindre la liste de la majorité sortante. Cette décision personnelle n’a fait l’objet d’aucune concertation ni d’aucun accord avec Horizon Monaco, peut-on lire dans ce communiqué envoyé aux médias le 19 octobre dernier. HM et ses soutiens tiennent donc à préciser qu’aucun des candidats et des candidates cooptés dans cette liste ne sera légitime à se réclamer d’Horizon Monaco. » Ce mouvement politique qui s’est déjà présenté à deux reprises en 2013 et en 2018, indique même  « s’organiser à l’approche des élections », sans plus de commentaires à ce stade. « Horizon Monaco informera prochainement les compatriotes sur ses positions assumées en vue des échéances de février prochain », peut-on lire.  Derrière ce communiqué, il y a le fondateur du parti : Laurent Nouvion. Tout à fait discret (pour ne pas dire totalement absent du débat public) pendant 5 ans, l’ancien président du Conseil national (1), (qui aujourd’hui est notamment membre du conseil d’administration de la Société des Bains de Mer),  a fait une réapparition aussi soudaine qu’inattendue. Reste à voir quelles sont les personnalités monégasques qui font encore partie de ce mouvement politique  ? Va-t-il proposer une liste avec ses partisans ou se rallier à Daniel Boeri qui, lui aussi, souhaite présenter une liste ? Réponse dans les prochaines semaines.

    Candidats — Union nationale monégasque : la liste

    Qui sont alors les 23 hommes et femmes ayant décidé de s’unir derrière Brigitte Boccone-Pagès sous la bannière politique Union nationale monégasque (UNM)  ? En dehors de Béatrice Fresko-Rolfo et de Jean-Louis Grinda, plusieurs élu(e)s de l’actuelle mandature ont décidé de rempiler pour 5 ans. C’est le cas du monsieur numérique du Conseil national, Franck Julien, mais aussi de Corinne Bertani, ou encore du président de la commission législation, Thomas Brezzo. Le vice-président du Conseil national, Balthazar Seydoux, reste aussi dans la course, tout comme la présidente de la commission des droits de la femme et de la famille, Nathalie Amoratti-Blanc. Marie-Noëlle Gibelli et Fabrice Notari ont également fait le choix de repartir en campagne, tout comme le président de la commission logement, Franck Lobono, et le président de la commission environnement, Guillaume Rose. Dans les plus jeunes générations, Marine Grisoul (Présidente de la Commission de l’Éducation, de la Jeunesse et des Sports) et Karen Aliprendi ont aussi accepté de se remettre en selle. En dehors de Thomas Brezzo,  deux autres avocats monégasques ont aussi décidé de se lancer : il s’agit de Christine Pasquier Ciulla et de l’ancien bâtonnier, Régis Bergonzi. Parmi ceux qui se présentent pour la première fois au Conseil national, on trouve Nicolas Croesi, agent immobilier, et élu au Conseil communal depuis 2007. Autres nouveaux dans la course : Mikaël Palmaro, employé de jeux à la Société des Bains de Mer (SBM), Philippe Brunner, chef du département de radiologie interventionnelle au CHPG (en remplacement de Bernard Pasquier) mais aussi Maryse Battaglia, chargée des affaires sociales au cabinet de la présidente du Conseil national. Parmi les autres candidats en lice, certains avaient déjà tenté leur chance aux élections nationales de 2018. Il s’agit de Christophe Brico, chargé des affaires économiques au Conseil national, Jade Aureglia, cheffe de projet, Roland Mouflard, chef d’entreprise, ou encore Mathilde Le Clerc, coordinatrice du groupe politique au Conseil national.

    (1) Le 27 avril 2016, Laurent Nouvion  n’avait pas été réélu à son fauteuil de président du Conseil national, poste qu’il occupait depuis trois ans. Un véritable séisme politique à l’époque et une première dans l’histoire de cette institution. C’était alors Christophe Steiner qui avec été élu à ce fauteuil après deux tours de scrutin.

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