Depuis le mois de mars dernier, le CHPG teste un nouveau dispositif pour lutter contre la violence chez les adolescents âgés de 13 à 21 ans : la psychoboxe.
Le Centre Hospitalier Princesse Grace est parti d’un constat : en 2021, les jeunes étaient plus nombreux à souffrir de problèmes de santé mentale. Scarification, violences intrafamiliales, suicide… Le nombre de journées d’hospitalisation a doublé. Et cette progression a continué en 2022 malgré la fin des restrictions . « C’est la suite des problématiques ayant émergé pendant la crise sanitaire : la déscolarisation, la désocialisation, la perte d’emploi… Si le confinement a boosté la créativité de certains, il a aussi semé la pagaille chez d’autres », remarque Valérie Aubin. En réponse, la cheffe du service psychiatrie de l’hôpital a souhaité expérimenter la psychoboxe.
La psychoboxe, qu’est-ce que c’est ?
Concrètement, pendant 1h30, le patient est accompagné d’un psychologue ou d’un pédophsychiatre, et d’un éducateur spécialisé. Lors des premières minutes, les règles sont posées (pas de coups en dessous de la ceinture par exemple), et s’en suit l’assaut. Un “ combat “ d’une minute et 30 secondes « suffisamment intense pour que des ressentis se manifestent », indique David Charles, éducateur spécialisé au sein de l’équipe Ado du CHPG. Attention, « ce n’est pas de la boxe éducative, insiste la psychologue Julia Minot. On n’est pas là pour se faire mal ». Les sentiments éprouvés sont ensuite verbalisés entre le psychoboxeur, le psychoboxant (le patient peut endosser les deux rôles) et le garant du cadre, du temps et de la sécurité. Cette troisième personne reste en observation. « L’objectif est de lier les émotions, le corps et la parole », poursuit la spécialiste.
« On peut déceler des choses qui ne passent pas en entretien »
La psychoboxe s’adresse aux jeunes identifiés comme ayant un problème psychologique mais qui ne sont pas forcément hospitalisés. C’est pourquoi, en plus du CHPG, la moitié des séances se déroulent au Yacht Club. « C’est important pour les jeunes et leurs parents d’avoir un espace en dehors de l’hôpital pour que cette thérapie ne soit pas systématiquement associée à une hospitalisation », explique Valérie Aubin qui, après plusieurs mois d’expérimentation récolte déjà les effets positifs du dispositif. « En tant que professionnels de santé, on peut repérer des éléments pulsionnels, déceler des choses qui ne passent pas en entretien, ce qui nous permet d’orienter notre diagnostic. Sur le plan thérapeutique, les jeunes éprouvent un certain soulagement. »
Des résultats visibles
Une adolescente de 17 ans témoigne : « Les séances permettent de travailler différemment sur nos problèmes. J’ai gagné en confiance. Avant, je n’osais pas montrer ma colère parce que j’avais peur, mais je progresse grâce à la psychoboxe ». Les soignants sont unanimes : les effets positifs sont déjà visibles, même s’ils sont plus ou moins importants en fonction des jeunes et des problématiques. Au vu des résultats, le CHPG compte bien pérenniser le dispositif. « Ce n’est pas encore une thérapie institutionnelle », indique la cheffe du service psychiatrie, mais elle pourrait perdurer grâce à un système de dons à l’image de ce qui se fait pour l’art thérapie.
