jeudi 16 avril 2026
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    Les priorités sociales de la rentrée

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    SOCIÉTÉ/Travail du dimanche, égalité hommes/femmes, travail de nuit, intérim, ou encore représentativité syndicale… Dans les prochains mois, le conseiller-ministre aux affaires sociales et à la santé, Didier Gamerdinger, abordera avec les partenaires sociaux et de nombreux interlocuteurs économiques de la principauté des dossiers sensibles. Il dresse pour l’Obs’ sa feuille de route.

    Depuis sa prise de fonction en juin 2017, Didier Gamerdinger a imposé son style. Sa marque de fabrique ? Instaurer un dialogue social basé sur l’échange, la concertation et la recherche de compromis. « Je ne suis pas quelqu’un de clivant », assure-t-il. Un dialogue social qui, malgré d’inévitables divergences de fond avec les partenaires sociaux, fonctionne plutôt bien selon lui. « Les relations sont fluides, directes et détendues, assure-t-il. On peut casser l’image de partenaires sociaux qui ont du mal à communiquer entre eux. C’est faux. Ils se parlent et ils se respectent. J’en suis témoin. » Du côté de l’Union des syndicats de Monaco en revanche, on dresse une analyse un tout petit peu moins optimiste… « Les discussions se déroulent en effet dans une atmosphère cordiale et sereine, mais sur le fond, on est loin d’être entendus. Au contraire. On a le sentiment que la partie entièrement écoutée est systématiquement le patronat, estime Christophe Glasser, secrétaire général de l’USM. Sous l’ambiance feutrée des discussions, on est donc toujours dans une situation où le gouvernement tente de déstabiliser l’USM et de faire en sorte qu’elle devienne une organisation syndicale de consensus. » Et au vu des dossiers que le département des affaires sociales aura à aborder dans les prochains mois, le consensus, justement, sera particulièrement complexe à trouver. Après une vingtaine de réunions sur le travail de nuit (le projet de loi a été finalisé cet été), c’est la délicate question du travail du dimanche qui sera abordée le 10 septembre avec les partenaires sociaux, puis, à l’automne, la réglementation de l’intérim. Autre dossier sur le feu : le statut de chef de foyer pour les femmes qui travaillent et résident à Monaco. Début 2019, ce membre du gouvernement promet de s’attaquer à un autre chantier, lui aussi très complexe : la refonte de la loi syndicale. Et notamment la question des critères de représentativité qui a suscité, cet été, une vague de contestations de la part de l’USM.

     

     

     

    Ouverture dominicale des commerces : du changement dans l’air

     

    C’est un dossier particulièrement épineux qu’abordera le lundi 10 septembre, le conseiller-ministre aux affaires sociales et à la santé, Didier Gamerdinger : celui du travail dominical et donc de l’ouverture des commerces le dimanche. Ce jour-là, il réunira autour de la table les interlocuteurs particulièrement concernés par ce sujet : à savoir la FEDEM, la F2SM et l’USM, mais aussi le groupement d’intérêt économique (GIE) du centre commercial de Fontvieille, le GIE du Métropole, l’UCAM (Union des commerçants et artisans de Monaco), le magasin Carrefour, ainsi que les représentants du Carré d’or. Va-t-on vers une ouverture annuelle des commerces le dimanche à Monaco ? Pour l’heure, le gouvernement ne souhaite pas donner à la presse sa feuille de route avant la tenue de cette réunion. Seule certitude : l’exécutif souhaite bel et bien modifier la législation en vigueur. L’ouverture prochaine des nombreux commerces du projet SBM, One-Monte Carlo (dont l’inauguration est prévue le 22 février 2019) n’est sans doute pas étranger à ce changement de cap. « Je réfléchis à cette question en fonction des situations de terrain. J’ai pris et prendrai encore le temps de demander à chacun des opérateurs ce à quoi ils aspirent. Je soumettrai un texte législatif à mes différents interlocuteurs en fonction des retours que nous aurons. Je cherche des points d’équilibre qui répondent aussi aux nécessités de la principauté », assure à l’Obs’, Didier Gamerdinger. Un équilibre qui sera, à coup sûr, dur à trouver entre les différents partenaires sociaux, tant leur avis sur ce sujet diverge. Alors que l’USM est clairement hostile au travail dominical — le syndicat du commerce a d’ailleurs relancé cet été une pétition en ligne et sur le terrain pour protester contre « la banalisation du travail le dimanche » — la F2SM défend pour sa part une vision plus libérale, estimant que la liberté doit être donnée à chacun (employeur ou salarié) de pouvoir travailler ou ne pas travailler. « Ce n’est pas à une fédération de dire si un commerce doit ouvrir ou non le dimanche », estime le président de la F2SM, Cédrick Lanari. Pour cette fédération syndicale, pas question pour autant que cette journée soit considérée comme un jour de travail traditionnel de la semaine. Des garde-fous doivent être prévus par la loi. Le travail dominical ne peut se faire que sur « la base du volontariat » du salarié. Autre condition sine qua non : la rémunération doit être « attractive ». Les membres de la F2SM plaident ainsi pour que l’employé soit payé double (avec un jour de récupération) ou triple. « L’isolement de la principauté sur ce sujet au regard de ce qu’il se fait dans les pays limitrophes ne serait pas une bonne chose pour l’emploi et donc pour les salariés. La volonté du gouvernement de poser sur la table ce dossier en concertation nous semble donc une bonne chose », conclut le président de la F2SM, Cédrick Lanari.

    _Sabrina Bonarrigo.

     

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