« Les conditions de sécurité sanitaires, administratives, juridiques et assurantielles n’étant pas réunies, l’Ordre considère qu’il n’est pas possible aux architectes exerçant en Principauté d’assurer pleinement leurs missions et responsabilités relatives à la phase de direction de travaux », explique la circulaire. L’Ordre des architectes a envoyé le 20 mars en ce sens un courrier à Marie-Pierre Gramaglia, conseiller-ministre au département de l’Équipement, de l’Environnement et de l’Urbanisme. Celui-ci présentait la position officielle de l’Ordre face à la situation sanitaire actuelle « qui ne nous permet pas d’assurer en toute sécurité notre mission ». L’Ordre regrette aussi que « pour des motifs exclusivement économiques, certains maîtres d’ouvrage privés ou entrepreneurs sollicitent l’ouverture ou la poursuite de leurs chantiers ».
S’opposer à l’ouverture des chantiers
Aux maîtres d’ouvrage, privés ou public, l’Ordre a lancé une mise en garde au sujet de « leur responsabilité et les risques encourus par l’ensemble des intervenants en cas d’ouverture des chantiers provoquée par leur initiative ». Il rappelle aussi aux entreprises qu’en tant qu’employeur, « elles doivent assurer la sécurité sanitaire de leurs équipes et par conséquent des chantiers ». C’est pourquoi, une mesure radicale a été décidée : l’Ordre des architectes demande à tous ses membres de s’opposer à l’ouverture des chantiers et de suspendre toute réunion sur site « tant que les conditions sanitaires normales ne seront pas rétablies ».
Accord préalable des architectes
Le président de l’Ordre des architectes incite ses membres à justifier ses suspensions par les motifs suivants. Le respect des décisions gouvernementales relatives au confinement et travail à distance, le refus d’exposer la santé des architectes, de leurs salariés, de l’ensemble de la maîtrise d’œuvre et du personnel œuvrant sur les chantiers dans un environnement professionnel à risque élevé de propagation du Covid-19. Mais aussi l’impossibilité d’assurer les missions de direction de chantier au regard du strict respect des mesures barrière dictées dans la directive ministérielle relative à la pandémie Covid-19 « qui sont en conflit avec l’organisation normale d’un chantier ». « Les chantiers ne pourront reprendre sans l’accord préalable des architectes », conclut Gabriel Viora.
