En 2019, la croissance des capitaux à Monaco a été colossale : « Au moins 5 à 7 milliards d’apports, estime Hervé Ordioni, directeur général de la Banque Edmond de Rothschild Monaco, et président de la commission « Promotion de la Place » au sein de l’AMAF. Cet argent vient de peu de mains. Il s’agit de quelques très grosses fortunes mondiales, venues s’installer à Monaco et qui ont amené leurs actifs financiers. » Quel est donc le profil de ces arrivants ? Selon ce professionnel, durant la première décennie des années 2000, les clients étaient plutôt originaires des pays de l’Est. Depuis la crise financière de 2008, ce sont davantage des anglo-saxons (Anglais et Australiens notamment) qui ont fait une arrivée remarquée à Monaco. Y a-t-il eu également un effet Brexit ? « Oui » répond sans douter Hervé Ordioni. « Il faut aussi saluer l’aide extraordinaire d’Evelyne Genta, ambassadeur de Monaco au Royaume-Uni sur ce point. Entre 2017 et 2019, nous avons effectué énormément de réunions d’information », rajoute Hervé Ordioni. Concrètement, des Anglais ont donc effectué des demandes de résidence à Monaco. Mais les processus d’installation restent encore longs en raison — notamment — de la crise sanitaire. « Aujourd’hui, ce ne sont pas les incertitudes autour du Brexit qui posent problème mais la Covid-19. Comment fait-on pour voyager ? Pour visiter les appartements ? Ce qui ralentit les procédures actuellement, c’est donc la crise sanitaire. Le Brexit créera sans doute également une problématique administrative supplémentaire, car ce ne sont plus des personnes de la communauté européenne qui vont s’installer. »
