La Principauté a-t-elle directement tiré profit du Brexit ? Selon les professionnels du secteur bancaire interrogés, une réelle dynamique s’est créée ces trois dernières années en Principauté.
Le 31 janvier 2020, le Royaume-Uni quittait l’Union européenne, mettant fin à une adhésion de 47 ans… Depuis cet évènement historique, y a-t-il eu un effet sur la place bancaire monégasque ? Des Britanniques ont-ils choisi de poser leurs valises en Principauté ? Pour le président de l’AMAF, Etienne Franzi pas de doute. L’effet Brexit en Principauté est bel et bien là : « Il est clair que l’on assiste depuis quelque temps à une installation en hausse de personnes en provenance du Royaume-Uni », nous indique-t-il. Selon le directeur d’Edmond de Rotschild Monaco, Gérard Ohresser, la clientèle anglaise post-brexit est d’ailleurs « avertie, exigeante, avec un niveau de fortune très élevé ». Selon ce professionnel, cette clientèle est toutefois moins nombreuse, « comparée à la clientèle turque ou libanaise récemment arrivée ».
« La Principauté est devenue une réelle alternative »
Les bénéfices post-Brexit pour la place bancaire monégasque sont en revanche indéniables pour Francesco Grosoli, administrateur délégué de la CMB Monaco : « Le Brexit a réellement marqué un tournant pour la place financière monégasque, Londres étant perçue comme une place moins stable qu’auparavant avec un futur incertain, explique-t-il. La Principauté est devenue une réelle alternative pour une diversification des places dépositaires des avoirs de nos clients, mais aussi pour la relocalisation de personnes avec une prise de résidence effective. »
« Les Britanniques étaient restés avec une image plus vieillissante de la place bancaire monégasque »
Ce professionnel assure d’ailleurs que depuis cet évènement, son établissement bancaire a reçu de nombreuses demandes de la part de cabinets d’avocats et de corporate service provider londoniens, qui, dans une optique de conseil à leurs clients, ont commencé à poser beaucoup plus de questions sur le fonctionnement de la banque à Monaco et sur la place. « Nous avons ainsi attiré de nouveaux actifs provenant de Londres. Les clients se sont aperçus que nous avons également une sophistication dont ils n’avaient pas forcément connaissance. Ceux-ci étaient restés avec une image plus vieillissante de la place bancaire monégasque », rajoute-t-il.
« Les nouveaux arrivants partagent leur expérience de la place monégasque »
Ces trois dernières années, « progressivement », et « encore davantage l’année dernière », des relocalisations permanentes à Monaco ont donc été constatées. « L’incertitude sur une éventuelle fin du régime fiscal de “UK Res Non Dom” y joue également pour beaucoup. Les hauts profils ont anticipé, là aussi, un éventuel changement, rajoute Francesco Grosoli. L’installation et la relocalisation de tout un groupe familial prenant du temps, nous commençons à voir aujourd’hui des nouvelles arrivées en principauté. » Ce professionnel observe également que le bouche à oreille commence à opérer : « Les nouveaux arrivants partagent leur expérience de la place monégasque à leurs proches dans leur sphère privée ou professionnelle. Nous avons également eu des référencements directs de leur part. »
