En fin d’année 2023, les policiers monégasques pourront retrouver leur bâtiment d’origine situé rue Suffren Reymond, avec quatre étages supplémentaires et, en interne, de nombreux changements.
La rue Suffren-Reymond est depuis des mois envahie par de nombreux engins et matériaux de construction. Et pour cause. Le bâtiment de la Sûreté publique – bâti dans les années 60 — est en cours de rénovation mais également de surélévation. Quatre étages supplémentaires seront en effet créés. Une métamorphose qui permettra à la police monégasque de passer — en surface générale — de 6 600 à 9 500 m2. Ce nouveau bâtiment beaucoup plus moderne et totalement repeint en rouge et blanc, pourra accueillir au total plus de 225 fonctionnaires contre 142 actuellement.
Agrandissements
Au-delà de l’aspect esthétique, de nombreux changements en interne interviendront également. Tout d’abord, les deux entrées (accueil général et service des résidents) seront à l’avenir positionnées à la rue Suffren-Reymond. Sur les toits, la terrasse sera agrandie et accueillera une piste d’atterrissage pour les drones. Agrandissement également pour le salon d’honneur où un musée de la police prendra place. Le commandement opérationnel de la Sûreté publique (CSCO) sera à son tour agrandi et modernisé, avec des technologies de pointe. Un service essentiel puisque c’est là où les images des caméras de vidéosurveillance du pays sont visionnées par les agents. Autres bouleversements en perspective : le service de simple police, l’école de police, ainsi qu’un data center destiné à sécuriser une partie des données liées à la sécurité nationale, seront intégrés dans le nouveau bâtiment.

Bruit, vibrations, poussière
Des travaux de modernisation et d’agrandissement qui ont toutefois rapidement perturbé le quotidien des policiers. « Bruit, vibrations, poussière, zone de chantier, cheminement des administrés, présence des compagnons de chantier… Les conditions de travail n’étaient plus supportables », assure Richard Marangoni, commissaire général de la Sûreté publique. Voilà pourquoi, en octobre 2022, une large partie du personnel a été déplacée dans des locaux provisoires installés près du Stade Louis II. Ce bâtiment de trois étages, intégralement pré-fabriqué dans une usine en France, a été construit six mètres au-dessus de la route sur un portique qui enjambe l’avenue des Castellans. 130 modules ont été montés en un temps record pour une surface totale de 2000 m2 de bureaux.
Des réaménagements rue Suffren Reymond
Dans le bâtiment actuellement en travaux rue Suffren-Reymond, un seul service est tout de même resté : le Centre de supervision et de commandement opérationnel (CSCO) qui y travaille durant la nuit, les week-end et les jours fériés. « Les conditions de travail ne sont pas impactées par les travaux “classiques” . Une “bulle” a été formée autour du centre. Seul le cheminement depuis l’entrée du bâtiment jusqu’à la salle du CSCO peut être considéré comme difficile », assure Richard Marangoni. Malgré tout, et en raison des nuisances sonores inévitables lors de travaux d’envergure, le service a tout de même été adapté. « La journée, en jour ouvré, une solution a été arrêtée dès le mois de mars 2022. Comme nous disposons de réseaux informatiques sécurisés au Centre national de gestion des crises (CNGC), il a été possible d’utiliser ces locaux suffisamment sécurisés pour transférer ponctuellement l’activité du CSCO. Il est à noter qu’en cas de crise, l’activation du CNGC ne poserait aucun problème et serait même facilitée par la présence de nos effectifs déjà sur site. Ensuite, la nuit (quotidiennement) lorsque les nuisances sonores diminuent, les effectifs prennent leur service au CSCO rue Suffren Reymond après une passation de consignes », précise encore le commissaire général. Pour retrouver leurs locaux d’origine, les policiers devront encore attendre plusieurs mois. « Aujourd’hui, le bâtiment est prévu pour être réceptionné et livré au mois de décembre 2023.Si le délai est respecté, les équipes pourront emménager aussitôt de manière séquencée par division », conclut Richard Marangoni.
Effectifs : près de 600 personnels à la police monégasque
Si un peu plus de 1 050 caméras sont éparpillées sur le territoire monégasque, combien d’hommes et de femmes composent la police ? La direction de la Sûreté publique compte actuellement, très précisément, 592 personnels. Dans le détail : 98 femmes (70 actifs et 28 administratifs) et 494 hommes (459 actifs et 35 administratifs). 18 réservistes viennent compléter les effectifs. D’ici 2025, 14 recrutements supplémentaires sont prévus, pour aboutir à un total de 606 personnels. Quant au métier de policier, séduit-il toujours les jeunes générations ? « Sur les dix dernières années, le nombre d’inscrits a diminué de 25 % environ. On peut donc dire que les candidats sont moins nombreux, même si la Sûreté publique ne connait pas de difficulté de recrutement », répond Richard Marangoni.


