vendredi 17 avril 2026
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    Médecine du travail de Monaco : la prévention au cœur de ses préoccupations

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    Au sein de l’office de médecine du travail de Monaco, le pôle Intervention en prévention des risques professionnels (IPRP) est composé de trois personnes qui ont pour mission d’accompagner et d’aider les salariés et les employeurs monégasques à garantir des conditions de travail satisfaisantes pour rester en bonne santé.

    Ils ont pour mission principale de participer à la préservation de la santé, à la sécurité des salariés et à l’amélioration des conditions de travail dans un objectif exclusif de prévention. Les intervenants en prévention des risques professionnels ont un rôle important à jouer en principauté. « Le premier ingénieur en prévention a été recruté il y a 15 ans. Depuis, ils sont trois personnes dont une ergonome », détaille Pascale Pallanca, directrice de la direction du travail. Chaque année, Valérie Boisson et Matthieu Janvier visitent de nombreuses entreprises pour venir épauler les salariés ou les employeurs qui en font la demande. Cela peut aussi provenir de l’initiative du médecin du travail à la suite d’une visite. Comme c’était le cas il y a quelques semaines pour Stéphanie, modéliste pour la société Bettina, revenue à son poste de travail après cinq mois d’arrêt maladie pour une épaule cassée. Ce jour-là, c’est Valérie Boisson qui réalise un diagnostic de sa posture et de ses habitudes à son bureau. Et très rapidement, grâce à un meilleur réglage du siège et des conseils distillés sur la bonne position à adopter lorsqu’elle est assise et qu’elle consulte son ordinateur, une petite magie se produit. Il faut dire que des tas d’astuces simples peuvent faciliter la vie des salariés mais aussi empêcher des maux plus sérieux.

    95 % des employeurs visités suivent les conseils

    Cela s’appelle des actions en milieu de travail (AMT). Le quotidien pour Valérie et Matthieu qui se rendent bien compte que leurs passages en entreprise ne sont jamais inutiles. « C’est du curatif. Nous allons faire en sorte que vous vous sentiez bien », lance Valérie Boisson à l’employée monégasque. Dans leurs locaux de la rue du Gabian, au sein de l’immeuble Aigue Marine, Valérie et Matthieu, les deux intervenants en IPRP disposent de plusieurs objets qu’ils prêtent en test aux salariés. Il existe en effet quantités de fauteuils ergonomiques adaptés à des salariés sédentaires qui travaillent devant les ordinateurs, sans oublier les souris, les tapis anti-fatigue ou les bureaux modulables. « Nous n’obligeons jamais les employeurs. Nous sommes seulement dans le conseil mais on se rend compte qu’à 95 %, ceux-ci nous suivent et investissent dans un matériel plus adapté », explique Valérie. Une satisfaction à ses yeux car elle lui permet de se rendre compte de l’utilité de sa mission. Un contentement aussi pour Pascale Pallanca, directrice de la direction du travail, qui chapeaute l’office de médecine du travail où 45 personnes, travaillant en quatre pôles différents, sont salariés.

    « Nous ne délivrons pas d’arrêt de travail »

    Cet organisme du privé qui assume un service public a fait de la prévention son leitmotiv. 16 médecins accompagnés de 16 auxiliaires ont la charge de recevoir chaque année des milliers de salariés. « Dorénavant, les visites ont lieu tous les trois ans si vous travaillez sur un poste considéré non à risque et tous les deux ans, s’il est à risque. D’autre part, en cas d’arrêt maladie de plus de 21 jours, une visite a forcément lieu lors du retour du salarié sur son lieu de travail », prévient Pascale Pallanca. Elle met en avant l’équipe pluridisciplinaire qui assure cette médecine préventive. « Certes, le covid a fait sauter une périodicité car pendant deux ans, nous n’avons vu que les profils prioritaires. Mais maintenant que nos effectifs sont au complet, nous avons repris le rythme habituel des visites. » La pratique a également évolué. S’il y a encore quelques mois, les visites permettaient aussi de délivrer les permis de travail, il est maintenant possible sur les postes non à risque de simplement répondre à un questionnaire médical pour l’obtenir. « Cela désengorge les services de visite », argumente la directrice. Au final, l’objectif des équipes demeure d’éviter une altération de la santé physique et mentale au travail. « Nous ne délivrons pas d’arrêt de travail mais nous nous assurons de l’adéquation de la santé du salarié à son poste de travail. »

    Des fiches techniques sur le site internet de l’OMT

    Port de charge, travail sur écran, sensibilisation au bruit et risque chimique, visite de chantiers, étude de la température. Les missions sont variées pour les intervenants en prévention des risques professionnels. « Sur les six dernières années, nous avons effectué 4 000 sensibilisations au bruit et 1 500 pour le travail sur écran. Sans compter les 350 sensibilisations pour le risque chimique », distille Valérie Boisson. Son regard technique et organisationnel, complémentaire aux aspects médicaux, a encore fait mouche avec Stéphanie, la modéliste. « Vos conseils m’ont toujours beaucoup apporté. J’ai toujours essayé de les suivre », réagit-elle. Comme 255 autres personnes, elle aura bénéficié de ce moment d’échange gratuit en AMT. « Je suis toujours contente quand je sors de visite et que les gens me remercient », témoigne Valérie. Elle tient enfin à préciser que le site internet de l’OMT regorge de conseils ainsi que de fiches techniques pour qui serait à la recherche d’astuces afin de rester en bonne santé au travail.

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