Pour loger une partie de ses travailleurs, la Principauté est propriétaire d’immeubles situés dans les communes limitrophes françaises : à Cap d’Ail, Beausoleil et Roquebrune-Cap-Martin. A ce jour, 600 logements ont été construits. Mais à qui sont destinés ces appartements ? Et quels sont les projets en cours ? L’Obs’ fait le point
En raison de l’exiguïté du territoire monégasque et des prix très élevés pratiqués sur le marché de l’immobilier, des dizaines de milliers de salariés travaillant à Monaco sont dans l’impossibilité d’y vivre. Depuis de nombreuses années, plusieurs organismes (FEDEM et USM en tête) alertent donc régulièrement l’État sur l’urgence de construire davantage d’appartements dans les communes limitrophes françaises pour loger ces salariés. D’autant que les trajets domicile/travail, que ce soit par les routes ou les trains, sont de plus en plus longs et pénibles.
Près de 400 logements à Cap d’Ail
Pour rapprocher géographiquement ces salariés de Monaco, l’État — par le biais de la Société Immobilière Domaniale, (une société d’État) — est d’ores et déjà devenu propriétaire d’immeubles à usage d’habitation dans trois communes limitrophes françaises. Selon le département des finances et de l’économie, ces logements sont à ce stade au nombre de 600 au total. Dans le détail : 174 appartements sont situés à Beausoleil, 397 à Cap d’Ail et 29 à Roquebrune-Cap-Martin.
Les catégories prioritaires
A qui sont alors destinés ces logements limitrophes ? Plusieurs catégories sont priorisées : « Les agents de l’administration monégasque, les personnels relevant de sociétés concessionnaires, d’entités publiques, ou encore le Centre Hospitalier Princesse Grace (CHPG), répond le département des finances et de l’économie. Les demandes sont traitées en fonction des disponibilités. » Concernant le coût de construction ou d’acquisition de ces immeubles situés sur le territoire français, il est supporté par la Société Immobilière Domaniale. Quant aux projets en cours, le gouvernement précise, qu’actuellement, il n’y a pas d’immeuble en cours de construction pour le compte de l’État. En revanche, un contrat de réservation a été signé par l’État pour un projet qui devrait voir le jour d’ici la fin de l’année 2024/début 2025 à Beausoleil. Celui-ci comprendra près de 50 logements.
Largement insuffisant selon syndicats et patronat
Dans le dernier Monaco Business News, le président de la FEDEM, Philippe Ortelli a poussé un (nouveau) coup de gueule sur les trajets chaotiques que subissent au quotidien les salariés venant travailler à Monaco par les routes ou par le train. Il exhorte à nouveau les pouvoirs publics monégasques à développer l’offre de logement dans les communes limitrophes françaises. « Les salariés ne veulent plus perdre 90 minutes par jour de leur vie dans les transports, ou dilapider des fortunes en loyers dans les communes limitrophes. Et l’augmentation des salaires n’y suffira jamais », a-t-il notamment déclaré. Le président de la FEDEM demande donc à nouveau à l’Etat monégasque d’entamer des pourparlers avec les autorités françaises «pour libérer des droits à bâtir dans les communes avoisinantes, en adoptant un modèle spécifique qui réserve ces appartements aux actifs monégasques.»
