L’intérim monégasque a affiché en 2024 une croissance soutenue portée essentiellement par le secteur du bâtiment et de la construction. Effectifs en hausse, chiffre d’affaires en forte progression : en cinq ans, le secteur a presque doublé de taille.
Le travail temporaire continue de gagner du terrain en Principauté. D’après les derniers chiffres de l’IMSEE, les 18 agences monégasques d’intérim ont employé 7 808 intérimaires en 2024 (dont 130 permanents), soit un millier de plus qu’en 2023 (hausse de 13,5 %.) Depuis 2020, les effectifs intérimaires ont même bondi de plus de 50 %. Une progression bien supérieure à celle enregistrée dans l’ensemble du secteur privé (+19,8 % sur la même période). Et ce dynamisme ne se limite pas aux effectifs : le volume d’heures travaillées a également connu une envolée de +74,9 %, frôlant les 5 millions d’heures supplémentaires en cinq ans. Sans surprise, c’est le secteur de la construction qui domine le recours au travail temporaire. En 2024, plus de 4 missions sur 10 sont initiées par des entreprises du bâtiment. Ces missions concernent majoritairement les “travaux de construction spécialisés“, notamment la maçonnerie et le gros œuvre. Pas certain en revanche que les chiffres soient aussi dynamiques en 2025 en raison de la fin des grands chantiers, notamment Mareterra ou encore Testimonio.
Des contrats courts dans la restauration
Derrière, l’hébergement et la restauration arrivent en deuxième position, concentrant un peu plus de 20 % des missions. Mais leur poids réel est plus faible en nombre de jours travaillés « en raison de la prédominance des contrats courts et des missions de type “ extra “ », rappelle l’IMSEE. Les Activités scientifiques et techniques, services administratifs et de soutien occupent la troisième marche du podium, avec 13,9 % des missions. À l’autre bout du spectre, l’immobilier, les services financiers et la communication sont les secteurs qui sollicitent le moins ce mode de travail. Le dynamisme du secteur se reflète aussi dans le chiffre d’affaires. Les 18 agences inscrites au Répertoire du Commerce et de l’Industrie ont généré en 2024 un total de 321,7 millions d’euros, en hausse de 19 % sur un an. Sur cinq ans, les revenus du secteur ont quasiment doublé (+88,5 %).
Qui sont les intérimaires ?
Le visage de l’intérim en Principauté reste très masculin : 87,6 % des intérimaires sont des hommes. La moyenne d’âge est plus basse que celle des autres salariés (40,1 ans contre 42,4 ans), et l’écrasante majorité (98,8 %) vit hors de Monaco. Côté nationalités, contrairement au secteur privé global où les Français dominent (plus de 60 %), ils ne représentent ici qu’environ 40 %. Ce sont les Portugais qui s’imposent comme la deuxième nationalité la plus présente dans l’intérim, avec plus de 1 500 travailleurs, soit 19,3 % du total – une proportion nettement supérieure à celle observée dans le reste du privé. Les Italiens occupent la troisième place avec 15,6 %, suivis des Roumains (8,3 %), Tunisiens (4,6 %) et Capverdiens (2,4 %). Les Monégasques, eux, sont quasiment absents de ce secteur.
