Le groupe monégasque a franchi un cap symbolique : 1 million de couverts ont été servis entre avril 2024 et mars 2025. Un record porté par le succès de nouvelles adresses comme Amazonico, devenu en quelques mois un lieu incontournable des nuits monégasques, et par la montée en puissance du Café de Paris, rouvert en grande pompe. La dynamique se poursuivra sans doute, avec de nouvelles ouvertures attendues, notamment le restaurant Jondal au Monte-Carlo Beach. Mais derrière cette effervescence, un constat s’impose. Si la restauration représente 52 % des résultats de la SBM, soit 400 millions d’euros de chiffre d’affaires, le secteur est plombé par des coûts importants. « La restauration se développe beaucoup mais demeure le secteur le moins rentable car nous avons une masse salariale extrêmement élevée. Plus de 50 % du chiffre d’affaires est destiné à la bonne rémunération de nos employés. La restauration n’est pas profitable mais nous sommes fiers de notre modèle social qui fait partie de l’ADN du groupe. Nos salariés sont mieux payés qu’ailleurs, on s’en réjouit. Mais ça pèse », a expliqué Stéphane Valeri le président-délégué lors d’une récente rencontre avec la presse. Même constat du côté de la haute gastronomie. Le groupe détient désormais le plus grand nombre d’étoiles Michelin au monde pour un resort, mais ces distinctions, si elles renforcent l’image et l’attractivité, ne sont pas synonymes de rentabilité : « Un restaurant étoilé, c’est un investissement formidable qui amène de la communication, de l’attractivité. Mais indépendamment, chacun d’entre eux perd de l’argent. » Pour équilibrer ses comptes, la SBM cherche à renforcer ses marges ailleurs, notamment sur la vente d’alcool, plus lucrative que la nourriture.
