Article publié dans L’Obs’ n°134 (juillet-août 2014)
JUDICIAIRE/Conseiller à la cour de révision de Monaco. Ce poste, l’ex-avocat général près la Cour de cassation, Gilbert Azibert, le convoitait depuis 2012. Il ne l’a pas obtenu. La fonction est honorifique, la juridiction peu saisie : 83 arrêts rendus en 2012/2013. Les conseillers n’ont siégé que 10 fois en 2013, 8 fois à l’ambassade de Monaco à Paris et 2 fois en principauté. Revenu moyen par conseiller en 2013 : 13 792,60 euros, selon la direction des services judiciaires (DSJ). En échange d’un soutien pour obtenir ce poste, Azibert aurait renseigné Nicolas Sarkozy et l’avocat de ce dernier, Me Thierry Herzog, sur des procédures à la cour de cassation qui concernaient l’ancien président français. Ce haut magistrat a donc été mis en examen dans l’affaire des écoutes téléphoniques de Nicolas Sarkozy, le 2 juillet par les juges du pôle financier du tribunal de grande instance (TGI) de Paris. Les chefs d’accusation retenus : trafic d’influence passif, corruption passive et violation du secret professionnel. Nicolas Sarkozy et Thierry Herzog ont aussi été mis en examen pour trafic d’influence actif, corruption active et recel de violation du secret professionnel. Le 12 juillet, Le Monde.fr a publié la retranscription d’écoutes de Nicolas Sarkozy. L’une d’elles remonte au 5 février. « Je l’aiderai », affirme Nicolas Sarkozy à Thierry Herzog à propos d’Azibert. « Moi, je le fais monter », dit-il. Le 24 février, l’ex-président évoque un entretien avec le ministre d’Etat, Michel Roger, au cours duquel il ne sera pas fait mention d’Azibert. Nicolas Sarkozy, interrogé par TF1 et Europe 1, a démenti toute intervention le 2 juillet : « Mon avocat, Thierry Herzog, m’a demandé si je pouvais me renseigner pour faire une démarche auprès de Monaco. Je n’ai pas fait cette démarche. C’est dans le dossier. C’est prouvé. » Le 7 mars, la DSJ de Monaco avait indiqué qu’aucune intervention extérieure n’était venue interférer dans la procédure de recrutement.
