L’œuvre est tout petite. Elle ne mesure que 20 cm sur 30. Mais son histoire est plutôt inédite. Et sa valeur très grande pour Monaco et le musée océanographique en particulier. Réalisé par le peintre officiel du prince Albert Ier, Louis Tinayre (1861-1942), ce tableau est prêté le 20 novembre 2000 en Italie, à Livourne, au musée d’histoire naturelle de la méditerranée. Un mois plus tard, certains objets, dont cette toile, sont dérobés. « Le voleur est parvenu à s’échapper avec son butin sans laisser de traces », explique l’équipe du musée océanographique. Fin 2013, le tableau est mis en vente dans une salle des ventes de Marseille. Mais le 14 août 2014, gros coup de chance. L’œuvre est identifiée sur le site Internet de la salle des ventes par Valérie Pisani, en charge des collections artistiques de l’institut océanographique. « C’est alors le début d’une enquête internationale, longue de trois ans, avec le concours d’Interpol », précise le musée monégasque. Pour récupérer ce tableau (qui faisait partie à l’origine d’un lot de 151 dessins originaux de Louis Tinayre illustrant l’autobiographie du prince Albert Ier, baptisée La carrière d’un navigateur), des négociations « à l’amiable » sont menées par Patrick Piguet, directeur du patrimoine et conservateur du musée. Une plainte est tout de même déposée le 28 décembre 2015 auprès de la sûreté publique. Un an plus tard, Fabrizio Panone, commandant des carabiniers de Gênes, indique que l’œuvre a été retrouvée et sera restituée. Et le jeudi 16 mars, le tableau a officiellement réintégré les collections patrimoniales de l’institut monégasque. Pour cette restitution, 17 ans après son vol, plusieurs officiels étaient présents : les autorités policières monégasques et italiennes, le conseiller de gouvernement à l’Intérieur Patrice Cellario, l’ambassadeur d’Italie à Monaco, Cristiano Gallo, Robert Calcagno, directeur du musée, et Richard Marangoni, le directeur de la sûreté publique, qui s’est réjoui de voir que « la coopération internationale de la police est effective entre Monaco et l’Italie. Ce retour résume, à lui-seul, les efforts et l’efficacité du travail des policiers dans le domaine de la préservation des œuvres d’art ».
