FAIT-DIVERS — Ce début de printemps 2017 avait défrayé la chronique. A une dizaine de mètres à peine de policiers monégasques en faction sur la place du casino, une équipée de quatre malfaiteurs pénétrait dans la joaillerie Cartier pour y dérober en sept minutes chrono 127 bijoux. Le butin s’élève alors ce 25 mars 2017 à six millions d’euros. La fuite ne va pas vraiment se dérouler comme prévu pour ces garçons en provenance des Hauts de Vallauris. Pourchassés par la police, Walid Bekkada et Sofiane Gallah sont rapidement interpelés par la sûreté publique. Antonio Bova et Selim Baroudi seront pourchassés jusque sur le territoire français où ils seront arrêtés entre Monaco et Roquebrune-Cap-Martin. A la mi-décembre, le tribunal criminel a donc jugé en quatre jours les deux premiers délinquants. Ils ont été condamnés respectivement à 10 ans et 7 ans de prison ferme. Avant tout pour avoir traumatisé les sept employés présents dans la bijouterie au moment du braquage. Seul l’agent de sécurité a trouvé le courage de venir témoigner à la barre. « Ce jour-là, ma vie a basculé, a-t-il expliqué aux magistrats. Je peux pardonner. Ma haine a disparu avec ce procès. » Pour les conseils des parties civiles, c’est plus la justice que la vengeance qui prédomine chez les victimes. Si l’intégralité du butin a été retrouvé très rapidement, l’enseigne de luxe Cartier a demandé et obtenu 20 000 euros de dommages et intérêts à cause du préjudice subi pour son image de marque. Les prévenus devront aussi indemniser à hauteur de 66 000 euros les parties civiles. « Vous avez braqué des êtres humains. Ce jour-là, ils sont partis en embrassant leurs femmes et enfants avant d’aller travailler. Ils ont alors vécu sept minutes en enfer », a rappelé le premier avocat s’adressant aux accusés. Même s’ils ont fait preuve de contrition face au tribunal, Walid Bekkada et Sofiane Gallah ont aussi altéré la légendaire sérénité et sécurité de la principauté. Armés, ils ont incendié leur véhicule sur la voie rapide en plein tunnel Louis II. Ce sont des tirs de policiers dans leurs pneus qui les ont obligés à poursuivre à pied. D’ici peu, les deux autres larrons de l’équipe, Antonio Bova et Selim Baroudi, seront jugés pour leurs actes par la cour d’assises des Alpes-Maritimes.
