JUSTICE/Le gouvernement avait deux mois pour réfléchir. Au terme du délai, il a décidé de faire appel de sa condamnation dans l’affaire Hobbs-Melville. Le tribunal de première instance lui avait intimé, le 19 février, de verser 330 000 euros à huit victimes de la vaste escroquerie financière Hobbs-Melville. « L’État a commis des fautes lourdes engageant sa responsabilité », a commenté Me Yann Lajoux. Fin 2000, la faillite de cette société créée par l’Américain William Fogwell et sa fille Shelley avait préjudicié 450 investisseurs du monde entier pour un total d’environ 175 millions d’euros. Les commerciaux promettaient des rendements de 30 % à 50 % sur les marchés monétaires à terme. Et ce alors que la société n’était en réalité qu’une coquille vide. Les Fogwell père et fille avaient été condamnés en appel à cinq ans de prison et 500 000 euros d’amende chacun par le tribunal correctionnel. Après sept années d’une action en responsabilité civile, menée par Me Lajoux, le tribunal de première instance avait décidé d’indemniser 8 victimes ayant investi 1,1 million d’euros entre janvier 1998 et février 2000 dans la société de courtage. « L’Etat n’a pas vérifié si le bureau de représentation de la société à Monaco dépendait d’une maison-mère ou d’un groupe. Il aurait dû y avoir un refus d’autorisation d’exercice de la part des autorités », analyse l’avocat, qui fait également appel pour les clients déboutés en première instance.
