JUDICIAIRE / Maurice Agnelet ne sera pas rejugé. Condamné le 11 octobre 2007 par la cour d’assises d’appel des Bouches-du-Rhône, il purge une peine de 20 ans de prison pour le meurtre d’Agnès Le Roux à la Toussaint 1977. Fin avril 2011, la commission de révision a convoqué l’ex-truand marseillais Jean-Pierre Hernandez, 76 ans, qui affirme qu’Agnelet n’a pas tué Agnès Le Roux. En mai 2011, Hernandez a accordé une interview à L’Obs’ dans laquelle il expliquait que le véritable assassin, c’était l’un de ses amis, Jean-Marie Lucchesi, un autre truand. Lucchesi lui aurait tout avoué en 1986 et Hernandez n’aurait parlé qu’en 2011 pour lui éviter la prison. Mais cet ancien proche du parrain marseillais Gaëtan Zampa n’a pas été jugé crédible par les magistrats qui ont estimé que ses révélations étaient basées sur un « récit évolutif et peu vraisemblable. » Une décision saluée par la veuve de Lucchesi, Christiane Lucchesi, et la famille Zampa : « Le 6 septembre dernier, nous avons soutenu cette même argumentation devant le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand, dans notre action pour atteinte à l’honneur et à la considération dus aux morts », a commenté Me Daniel Tarasconi. Une véritable déception pour l’un des avocats d’Agnelet, Me François Saint-Pierre. Du coup, cet avocat a décidé de lancer une procédure contre la France pour « procès inéquitable » devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). « La CEDH devrait se prononcer d’ici quelques semaines sur le caractère inéquitable de Maurice Agnelet. Ce qui me donnerait un nouveau recours devant la cours de cassation, qui s’appelle un recours en réexamen. Pour arriver ensuite à obtenir un nouveau procès. » Un troisième procès devant les assises qui reste, pour le moment, hypothétique.
_R.B.
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