La conclusion d’un éventuel accord d’association entre Monaco et l’Union européenne inquiète les acteurs politiques et la population. Le ministre d’État, Pierre Dartout, a prononcé un discours pour tenter de rassurer sur ce sujet sensible.
Y aura-t-il ou non un accord d’association entre Monaco et l’Union européenne ? Depuis 7 ans, des négociations ont commencé entre la Principauté et Bruxelles, et les inquiétudes sont toujours aussi vives au sein de la population. Lors de l’élection de Brigitte Boccone-Pagès au fauteuil de présidente du Conseil national, le jeudi 16 février, le ministre d’État, Pierre Dartout (après l’avoir félicitée), s’est longuement exprimé sur l’Europe. « Je conçois tout à fait que la négociation suscite des craintes ou des incompréhensions, a-t-il indiqué en préambule. D’aucuns se demandent si Monaco conservera son identité. Si la Principauté ne perdra pas en souveraineté. Voire, si cette négociation est vraiment nécessaire… »
« Il n’y a pas de souveraineté dans la solitude ».
Premier argument avancé, aux yeux du gouvernement, un éventuel accord avec l’UE, permettrait à la Principauté de consolider sa place dans le concert des nations. « L’actualité nous le montre avec gravité et cruauté. Les nombreux déplacés ukrainiens accueillis en Principauté peuvent en témoigner. Pour ne pas subir la loi du plus fort, il faut trouver des partenaires fiables qui partagent les mêmes idéaux, et dialoguer avec eux, a indiqué Pierre Dartout. Comme Mario Draghi a pu le dire dans un autre contexte “il n’y a pas de souveraineté dans la solitude“. C’est notamment en concluant des accords internationaux que l’on affirme son existence et que l’on consolide sa place dans le concert des nations, en conservant son identité, ses idées et ses valeurs. »

Sphère économique : « Les difficultés se sont accrues »
Le ministre d’État a également rappelé l’importance de cet accord pour la sphère économique de la Principauté. « L’économie monégasque est en bonne santé et elle est vivace. Nous devons en être fiers. Mais que représente-t-elle face aux États-Unis, à la Chine, ou même face aux pays voisins ? », a-t-il insisté tout en rappelant que les conventions bilatérales avec la France trouvent aujourd’hui leurs limites, les entreprises rencontrant de nombreuses difficultés pour commercialiser leurs marchandises et offrir leurs services librement sur le marché européen. « Ces difficultés se sont accrues avec la dématérialisation des démarches administratives et le développement de l’économie numérique. Cette insécurité juridique représente déjà un frein au développement de certaines activités et il est de notre devoir de prévoir les risques possibles afin de les transformer en opportunités. »
Une étude prospective sur les conséquences d’un échec
Le gouvernement a également rappelé qu’une analyse sur les conséquences d’un non-accord sera réalisée. C’est pourquoi les autorités monégasques ont fait diligenter une étude prospective sur les conséquences d’un échec des négociations, sur les plans politique, économique et juridique. Les résultats de cette étude seront rendus à la fin du printemps et donneront lieu à un échange avec le Conseil national.
« Des points vitaux ont été identifiés »
Malgré tout, Pierre Dartout a insisté sur un point : cet accord d’association avec l’Union européenne ne se fera pas à n’importe quel prix. « Des points vitaux ont été identifiés. Vous les connaissez, a-t-il assuré. La Commission européenne, comme le Conseil national et la population, ont été informés dès le départ qu’aucun accord ne sera signé sans que les Monégasques ne soient assurés de continuer à vivre, travailler et se loger dans leur pays. Dire ou penser que les négociateurs monégasques ne défendraient pas cet impératif est inexact. Il en va de notre responsabilité commune de ne pas jouer avec les craintes qui peuvent s’exprimer autour de nous. Nous devons au contraire les apaiser, pour que ces négociations continuent à se dérouler sereinement. »
