Le maire de La Turbie, Jean-Jacques Raffaele, évoque pour l’Observateur de Monaco les grands projets que sa commune entend mener durant les prochaines années.
Plusieurs projets économiques structurants sont en cours sur la commune : un hôpital vétérinaire, un espace de coworking, ainsi qu’un projet sur le vélo à la Tête de Chien. Que pouvez-vous nous en dire ?
Aujourd’hui, ces projets sont avancés et en cours de traitement administratif dans les divers services. Le compromis de vente pour la vente de terrain pour l’hôpital vétérinaire a été signé. Pour le centre de coworking, le compromis a également été signé. Pour la Tête de Chien, la modification n°7 du PLU est en cours et permettra de déposer un permis dans l’année. Ce sont trois projets importants pour la commune en termes d’emploi et de rayonnement international, particulièrement pour l’hôpital vétérinaire et pour le projet à la Tête de Chien.
Quel est votre ressenti vis-à-vis de ces projets ? Pourquoi les soutenez-vous ? Que peuvent-ils apporter à votre commune et ses habitants ?
Pour la commune, il est important de développer l’emploi. C’est une source de richesse indéniable. Ces projets attireront les gens qui viendront ainsi consommer sur place et faire vivre les commerces déjà présents à la Turbie.
Cette fameuse Tête de Chien, un espace naturel très prisé des touristes et des locaux, est un peu victime de son succès avec un non-respect de la nature et un nombre de déchets qui s’accumulent. Pourquoi avoir voulu alerter sur cette situation ?
Cela ne pouvait plus durer. La première action que nous avons prise a été de fermer l’accès aux voitures. Ce lieu est fréquenté par des gens qui ne respectent parfois pas la nature. Le fait de l’avoir fermé a sélectionné les gens qui montent et qui, eux, sont plus prudents. Des centaines de voitures montaient tous les jours auparavant. Cela apporte aussi de la tranquillité maintenant. Nous avons remarqué que depuis la fermeture de ce site par un portail, la nature reprend le dessus.
Était-ce un phénomène nouveau ?
Non. Les réseaux sociaux ont rendu ce lieu prisé des touristes, photographes, etc. Mais depuis la fermeture, cela s’est amélioré.
Chaque année, la mairie de la Turbie procède à une remise en état. Combien cela coûte-t-il ?
Nous avons une convention avec l’Office Nationale des Forêts qui nous coûte 27 000 euros par an. L’ONF se charge ainsi du débroussaillage, de l’entretien des sentiers, etc.
Avec votre première adjointe Liliane Couplet, vous avez été reçu le 7 mars dernier par le ministre d’État, Pierre Dartout, et son chef de cabinet Laurence Garino. Quels sujets avez-vous évoqué ?
Nous avons évoqué des projets qui sont particulièrement importants pour La Turbie. Cela comprend la mobilité, en premier lieu, sur lequel La Turbie a exprimé son intérêt pour la création d’un parking de dissuasion et la mise en place d’un mode de transport doux entre Monaco et La Turbie. Mais aussi le logement et la création d’emplois, tels que la création d’un centre de coworking, qui seront également importants pour la Principauté de Monaco. Cette rencontre a été conviviale, avec un ministre d’État très à l’écoute des problèmes et des projets de La Turbie.

Comment qualifieriez-vous vos relations avec les autorités de Monaco ?
Même si elles ont été freinées par le Covid, elles reprennent aujourd’hui une vitesse de croisière similaire à celle d’avant la pandémie, avec les représentants de l’État monégasque et les élus du Conseil national.
Vous avez évoqué des relations plus distantes qu’avant la période Covid. C’est toujours votre ressenti ? Pourquoi ? Comment cela se manifeste-t-il ?
Il est normal que les relations aient ralenti pour des raisons que l’on peut comprendre. Aujourd’hui, nous sommes de retour à une situation similaire à celle d’avant le Covid et c’est le plus important.
Avec Monaco, quels sujets vous rassemblent ? Et a contrario, lesquelles vous font prendre un chemin différent ?
Aucun sujet ne nous divise. Tout nous rassemble.
Vous l’appeliez de vos vœux depuis très longtemps. Qu’espérez-vous de la prochaine ouverture de la nouvelle bretelle autoroutière ?
Nous avons fait bouger les choses en 2015, et depuis, il s’est passé huit ans. Pendant ce temps, Monaco a continué à se développer en matière d’emploi. L’ouverture de la nouvelle bretelle autoroutière va apporter un plus à la région, même si pour l’instant il est impossible de quantifier les bénéfices. Cependant, cela devrait, sans aucun doute, désengorger La Turbie.
Que pensez-vous de la construction d’un parking de dissuasion sur votre commune de la Turbie qui pourrait permettre une nouvelle desserte de la Principauté ?
Je suis convaincue que c’est une bonne idée. Nous avons inscrit dans notre projet d’aménagement et de développement durable (PADD), un projet de parking de dissuasion, mais cela ne doit pas être la seule solution. Il y en a d’autres. Nous sommes prêts à accueillir ce parking, mais il faut continuer à avancer sur ce sujet, car comme je l’ai dit, Monaco continue de se développer. De toute façon, cela passera par des solutions comme celle-ci.
