Selon les autorités monégasques, le nombre global de résidents décédés à Monaco, toutes causes confondues, a sensiblement augmenté en 2020 en comparaison de ces cinq dernières années.
Comment expliquer cette surmortalité en Principauté l’année dernière ? Une des hypothèses avancée est qu’en raison du Covid-19, des personnes en Principauté souffrant d’autres pathologies graves ont trop tardé à se rendre au CHPG ou auprès de leur médecin pour se faire soigner.
La courbe des décès en Principauté – toutes causes confondues – a augmenté sensiblement en 2020 par rapport aux cinq années précédentes (1). Cette surmortalité n’est pas nécessairement à imputer directement aux morts du Covid-19, puisqu’en Principauté, uniquement trois résidents sont décédés de ce virus en 2020 et un quatrième début 2021. « La question que nous devons nous poser, même s’il est un peu tôt pour y répondre , est : à quoi cette hausse est-elle due ? », s’est interrogé Didier Gamerdinger, conseiller-ministre aux affaires sociales et à la santé. « Une des explications est que, pendant la première vague, les professionnels de santé et les structures de soins ont eu à déplorer le fait que, sans doute par prudence, et pour ne pas gêner le personnel soignant, des malades qui auraient dû consulter ou subir une intervention chirurgicale, ont préféré différer d’elles-mêmes les rendez-vous », explique ce membre du gouvernement. Lorsque le confinement a été levé, les structures de soins, notamment à l’hôpital, ont donc vu arriver des patients dont l’état s’était dégradé. « C’est peut-être un élément d’explication, mais il y en a sans doute d’autres », a rajouté Didier Gamerdinger.
« Quasiment impossible de pouvoir les sauver »
Pour l’élu du Conseil national, Christophe Robino, également médecin au CHPG, ces retards de soins sont assurément l’une des causes expliquant cette hausse de la mortalité à Monaco en 2020. « Des maladies ont été moins bien prises en charge », avance-t-il. Selon lui, des patients sont venus consulter trop tardivement et présentaient déjà des formes graves. « A la réouverture des services à l’hôpital, nous avons vu des patients qui souffraient de syndromes coronariens depuis plusieurs jours. Ces malades ont tardé à venir et auraient dû être hospitalisés bien plus tôt. Nous avons également vu des personnes qui avaient des syndromes abdominaux chirurgicaux et qui, lorsqu’elles se sont présentées, étaient malheureusement à un stade où il était quasiment impossible de les sauver », regrette encore ce médecin.
(1) Interrogé par l’Obs’, l’IMSEE n’a pas été en mesure de nous livrer des statistiques précises sur le nombre de décès à Monaco en 2020. « Ces données ne sont pas publiques », nous a-t-on répondu.
Effet collatéral /Baisse drastique de la fréquentation des urgences durant la crise
Dès le début de la crise sanitaire au mois de mars 2020, le service des urgences du CHPG a connu une très forte baisse de fréquentation. A l’époque, deux causes avaient avancées pour expliquer cette chute drastique : la première est que les personnes ont eu des réticences à se rendre aux urgences par peur d’être contaminées par le coronavirus. Deuxième raison : la peur de déranger le personnel. A Monaco, le professeur Yann-Erick Claessens, chef de service des urgences, avait donc demandé publiquement à la population de ne surtout pas hésiter à se rendre aux urgences en cas de souci de santé.
