Vous l’avez sans doute déjà croisé à Monaco au volant de sa Lamborghini Aventador jaune pétant. Influenceur automobile parmi les plus suivis en France et en Europe, Georges Maroun Kikano, plus connu sous le nom de GMK, est un Libanais de 31 ans né et résidant à Monaco. Cette année encore, il est l’ambassadeur du salon Top Marques qui se déroule actuellement (jusqu’au 9 juin) au Grimaldi Forum. Ce Youtubeur au physique de colosse (2 mètres pour 130kg) a accepté de se livrer sur l’origine de sa fortune et sur son quotidien. Derrière le contenu ultra matérialiste, on découvre une personnalité plutôt simple et engagée.
Avez-vous toujours été mordu de voitures ?
Oui, depuis tout petit je me retournais quand je voyais un bolide pour le regarder passer. Il faut dire qu’à Monaco, il y a de quoi développer une passion… On est entouré de voitures extraordinaires.
Il y a eu quoi avant l’influence ?
J’ai fait une partie de ma scolarité en Principauté, et après le BAC, je suis monté à Paris pour travailler pendant deux ans. Ensuite je suis redescendu, j’ai travaillé à Monaco dans une concession, et à Antibes dans la vente de voitures d’occasion. Puis j’ai commencé mes activités sur Internet.
L’influence donc ? Comment ça a commencé ?
J’ai commencé le tuning sur ma première voiture, une Renault Megane 2. J’ai publié la transformation sur Facebook, puis je l’ai revendue et suis passé à un modèle au-dessus. Après la Megane, il y a eu une Volkswagen Golf 6 GTI, elle aussi transformée et revendue pour une BMW 335i E93 cabriolet. Et ainsi de suite… Je n’étais pas destiné à faire ce que je fais parce que j’étais très timide, au point de ne pas aller à l’école quand il y avait exposé. Et finalement, je me suis découvert une facilité à m’exprimer derrière une caméra. C’était le début d’Instagram, Périscope, etc. Je postais des photos de mes voitures, de mes covering, je montrais l’intérieur, j’expliquais combien je l’avais acheté ou combien m’avait coûté la révision. A ce moment-là, il y avait plein de gens qui n’avaient jamais vu de voiture de luxe. Je démocratisais en quelque sorte l’accès à ces supercars.
Aujourd’hui comment ça marche concrètement ? Vous avez des partenariats avec des marques de voitures ?
Non, je refuse d’en avoir pour deux raisons. D’abord, ça m’obligerait à me restreindre. J’aime Ferrari, Lamborghini, Bugatti, Audi… Je ne veux pas signer de contrat d’exclusivité. Ensuite, ça casserait toute mon objectivité. Mes éloges comme mes critiques ne seraient plus crédibles.
Donc vous ne présentez que les voitures de votre propre collection ? Il y a quoi dans votre garage actuellement ?
Je présente mes propres voitures et j’un partenariat avec la société AAA Luxury & Sport Car Rental, alias Triple A, un loueur de voitures basé à Cannes qui me fournit des véhicules pour que j’en ai davantage à présenter. A titre personnel, j’ai une collection qui comprend trois Lamborghini, plusieurs Range Rover, 2 Classe G 63 AMG… Et puis j’ai des voitures que je ne montre pas pour sortir incognito quand j’ai besoin.

Où est ce garage ?
J’ai des places de parking un peu partout dans Monaco, et quelques-unes place du Casino, la place mythique de la voiture. Comme ça, à chaque fois que je sors, ça fait un petit show. J’y passe souvent et c’est là que les gens qui me cherchent vont.
Si vous deviez n’avoir qu’une voiture, comme la plupart des gens, laquelle choisiriez-vous ?
L’Audi RS6. C’est la voiture parfaite pour toute situation parce qu’elle est à la fois spacieuse, confortable pour voyager, puissante et sportive.
Vous faites des vidéos avec beaucoup de personnalités célèbres et vous avez notamment fait conduire le Prince Albert II. Quelle a été votre plus belle rencontre ?
C’est et ça restera toujours le Prince. C’était la première fois que je le rencontrais aussi intimement et c’était incroyable. Le palais princier m’a donné la chance de passer du temps avec SAS et de tourner une vidéo. Voir le souverain conduire MA voiture (c’était la Mercedes C63 AMG Black Series), sur le circuit de Monaco fermé, privatisé pour nous, juste avant le départ du Grand prix… Il a clairement réalisé mon rêve le plus fou. Et c’est une personne très simple qui aurait pourtant toutes les raisons de ne pas l’être… Ensuite, je dirais Sebastien Loeb, qui est quand même un mythe, InoxTag, un Youtubeur qui est vraiment devenu mon ami, le champion de MMA Cyril Gane, le rappeur PLK, Dominique Chapatte (l’animateur de l’émission Turbo), Gad Elmaleh aussi… La passion des voitures réunit des gens très différents.

Vous faites des placements de produits aussi ?
Non, mais j’ai noué des partenariats long terme avec certaines marques. Je suis par exemple ambassadeur du salon Top Marques à Monaco, bénévolement et à titre honorifique. Je suis aussi ambassadeur de la marque de vêtements pour hommes Célio depuis 2 ans. Elle me représente bien parce que leur slogan c’est « Be normal ». Ce sont des vêtements simples et de bonne qualité. Il n’y a pas de gros logos partout. C’est comme ça que j’aime m’habiller. Je ne suis pas très Louis Vuitton, Dior et autre Gucci.
Vous êtes très paradoxal : vous semblez très matérialiste (les supercars et les montres aux tarifs ahurissants affichés sans détour) et en même temps plutôt spontané et simple… N’est-ce pas à cela que vous devez votre succès ?
Je ne suis pas matérialiste mais j’en ai tout l’air quand on regarde mon profil Instagram. Les voitures et l’horlogerie sont vraiment des passions, mais il s’avère que ce sont effectivement des passions qui coûtent cher et que certaines personnes ne comprennent pas. Je pense que les gens aiment le paradoxe du personnage. Au premier abord, ils voient un Youtubeur tatoué qui montre toute la journée des grosses cylindrées et des montres luxueuses et ils se disent probablement « Ce mec est un enfoiré, ce mec doit être insupportable ». Et finalement, quand ils comprennent que je suis cool, gentil, et plutôt humble sans vouloir me jeter de fleurs, ça a un certain effet, les gens accrochent.
On entend souvent que vous devez votre fortune (que certains médias estiment une dizaine de millions d’euros) à un héritage paternel…
C’est des conneries ! Mon père est en vie grâce à Dieu, mais effectivement les médias l’ont déjà enterré. Je ne suis pas parti de rien, ça c’est sûr, mais je ne suis pas non plus parti avec 10 millions d’euros. J’ai eu un petit patrimoine que j’ai su faire fructifier grâce à mon réseau, des plans business que j’ai eus à droite à gauche. Je suis intermédiaire dans des transactions, je diversifie au maximum mes sources de revenus et ensuite j’investis mon argent dans les montres, l’art ou encore la crypto.
Je n’ai jamais souhaité éclaircir le sujet donc ça laisse place à l’imagination… Quant aux estimations de mon patrimoine financier, j’aimerais savoir sur quoi ils se basent puisque je parle très peu de mes activités en dehors de l’influence, et que je ne sais pas moi-même l’évaluer précisément. Mais quand tu joues le jeu d’Internet, tu dois assumer ce genre de mauvais côtés aussi…
Pourquoi ne souhaitez-vous pas parler de vos affaires en dehors de l’influence ?
Normalement, je ne fais pas d’interview parce que je sens le traquenard. A chaque fois, on veut me parler de ça. C’est ce qui intrigue les gens. Je décide de ne pas en parler parce que je ne veux pas tomber dans cette image d’entrepreneur que reprennent (et vendent) beaucoup de personnes sur Tik-Tok et Instagram. Indirectement, ça pourrait influencer des gens qui me suivent à vouloir faire ça alors qu’ils ont une fibre pour autre chose, peut-être pour être médecin. Je ne veux pas contribuer à faire croire aux gens qu’il n’y a qu’un chemin pour réussir.
C’est pareil pour l’influence. Tous les jeunes veulent être influenceurs aujourd’hui, et pourtant je considère que chirurgien, pompier, agriculteur… ce sont des métiers tellement plus utiles que le mien. Même si je suis le premier à profiter de ce système, parfois je me pose et je trouve profondément injuste que ces gens-là gagnent en un mois ce qu’un influenceur peut gagner en 15 secondes. Internet est trop axé sur la réussite financière. Sauf qu’en réalité, j’estime qu’un homme qui a acheté une maison pour y vivre avec sa femme et ses enfants a certainement beaucoup plus réussi que moi. Il y a plusieurs types de réussite. Elle peut être financière, familiale, sentimentale…
Encore un paradoxe. Vous avez plusieurs millions d’abonnés mais vous êtes très solitaire…
Oui, je vais le samedi soir en boîte de nuit seul, au Cipriani quand c’est plein et qu’il y a 300 couverts, je mange à ma table seul. C’est un choix. J’ai un petit cercle de famille et d’amis ici, à Paris et Dubaï. Mais j’aime être seul parce que je préfère ne compter que sur moi-même, ne pas risquer d’être déstabilisé. Vu ce que je fais, les choses que je montre, c’est très difficile de trouver des relations désintéressées. Raison pour laquelle je suis célibataire depuis quatre ans. Je préfère ne pas prendre de risque. Et j’ai cette faculté à rester seul. Je n’ai jamais été quelqu’un de très sociable en réalité.
Pourtant, vous partagez beaucoup avec votre communauté et cela vous a rendu célèbre. Comment l’avez-vous vécu ?
Je ne dirais pas célèbre mais populaire. Je n’ai aucun talent, et quand les gens m’arrêtent dans la rue, ils ne sont pas intimidés comme si j’étais une star. Ils m’abordent comme si j’étais un pote. C’est cette proximité qui me plaît. Je suis très solitaire dans la vie mais très disponible pour ma communauté parce que je leur dois beaucoup. Je m’assure d’être dans de bonnes dispositions quand je sors parce que c’est peut-être la cinquantième personne que je vois ce jour-là, mais elle, c’est la première fois qu’elle me rencontre. Je ne veux pas en envoyer balader un seul. C’est pour ça que quand je ne suis pas de bonne humeur je préfère rester chez moi.
A quoi ressemble votre quotidien ?
Je m’oblige à avoir une routine. Je me lève le matin, je fais mon sport, je déjeune, toujours au restaurant parce que je suis nul en cuisine et que je n’aime pas manger chez moi. Et l’après-midi, je travaille. J’ai un bureau à Monaco, parfois j’ai des rendez-vous, parfois je tourne des vidéos et quand j’ai du temps, j’aime le donner pour des causes qui me tiennent à cœur.
Lesquelles par exemple ?
Je suis partenaire d’Action Innocence à Monaco, une association de prévention contre les risques d’Internet. A l’époque, le risque d’Internet, c’était de tomber sur un prédateur sexuel qui te contacte sur MSN et te donne rendez-vous. Aujourd’hui il y a ça, mais aussi plein de nouvelles choses dont le harcèlement. Il suffit qu’une classe prenne pour cible un élève et ils se déchaînent sur lui sur Internet, parfois jusqu’à le pousser au suicide. J’ai participé à des campagnes publicitaires qui comprenaient de grosses affiches sur Monaco.
La prochaine étape c’est d’aller dans les salles de classe pour en parler, sensibiliser les jeunes, essayer de leur faire prendre conscience de leurs actes et des conséquences qu’elles peuvent avoir. J’ai souvent passé du temps avec des enfants malades aussi, mais j’ai un peu mis ça de côté parce que dernièrement, j’ai passé la journée avec un jeune à qui je me suis attaché. On avait créé un vrai lien, et il est décédé quatre jours après. Ça m’a marqué, ça m’a mis KO pendant une semaine. Pour l’instant, égoïstement je ne me sens pas prêt à revivre ça. Je reprendrai mais j’ai besoin de temps pour digérer.
Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour 2024 ?
Rien de plus que ce que j’ai, que ça continue, que je trouve de nouvelles idées pour faire kiffer ma communauté.
