Sur les 120 personnes touchées par la maladie depuis le début de la crise sanitaire en principauté, une vingtaine est intervenue durant le mois de juillet. Résurgence de Covid-19, deuxième vague à prévoir ? Le gouvernement princier prend les devants en annonçant deux nouvelles mesures.
« Nous sommes confrontés à une petite musique sourde. En revanche, rien qui ne ressemble à ce que nous avons connu en mars. » Le conseiller de gouvernement à la santé, Didier Gamerdinger, est formel : il n’est pas question de parler – pour l’instant – de seconde vague à Monaco. La majorité des derniers cas signalés le sont à cause de personnes revenant de voyages intra ou extra-européen. « La Principauté est tellement ouverte…Ce mouvement légitime fait qu’on ne pourra jamais dire que c’est fini. » Pour autant, avec un taux de réplication en dessous de 1, 120 personnes touchées par le virus depuis le début de la crise en mars, dont 105 guéris aujourd’hui, et une seule hospitalisation en cours, le gouvernement estime que « la Principauté résiste plutôt bien ».
Masque et tests
Pour parer de nouvelles contaminations, deux nouvelles mesures ont été prises. D’une part, l’obligation du port du masque dans les files d’attente en extérieur. Et la mise en place de tests PCR pour les clients des hôtels en provenance d’une zone extra européenne ou d’une zone à risques déterminée par l’European Centre for Disease Prevention and Control (carte actualisée des cas de Covid-19 disponible sur https://www.ecdc.europa.eu/en/cases-2019-ncov-eueea). Avec deux options : soit celle de le réaliser 72h avant le départ, soit celle de se faire tester sur place avec confinement le temps de l’obtention des résultats. « Nous demandons à nos résidents d’éviter les zones où il y a une recrudescence de l’épidémie. Notre rôle, c’est d’éviter que le virus se propage. Avec nos résidents, ce système repose sur l’adhésion », souligne Didier Gamerdinger.
« Aller autre part et ramener le virus »
Trois cas récents ont marqué les esprits. Ceux de résidents revenus d’Afrique, du Mexique et même de Saint-Tropez, d’une soirée nocturne sans gestes barrière. « Ce n’est pas parce que les conditions sont plus dures à Monaco qu’il faut aller autre part et nous ramener le virus », met en avant le docteur Éric Voglio, médecin-inspecteur de Santé Publique pour le gouvernement monégasque. Raison aussi pour laquelle l’État n’autorise toujours pas les ouvertures de boites de nuit. « Nous sommes allés aussi loin que possible. Nous pensons que ce serait prématuré », réagit Didier Gamerdinger. Même précaution avec l’arrivée d’athlètes internationaux pour le meeting Herculis du 14 août. « Il nous faut être sûr que ceux qui seront sur la piste ne seront pas porteur du virus. On leur demande de venir avec un test PCR négatif de moins de 72h », ajoute le docteur Éric Voglio.
Vaccins : le gouvernement monégasque sur trois pistes
Il y a le présent mais il y a aussi le futur à prévoir. C’est dans cette optique que le gouvernement a enfin signalé s’intéresser à trois pistes de vaccin. Celui mené par l’OMS et l’Alliance de Vaccination GAVI, celui d’Astra Zeneca porté par la France entre autres mais aussi un projet de vaccin développé par le laboratoire américain Moderna. Pour le second projet, c’est dans le cadre de la convention d’assistance sanitaire entre Monaco et la France que le ministre d’État, Serge Telle, est entré en contact avec le ministre français de la santé, Olivier Véran. Le but étant que la Principauté soit prise en compte dans le projet de vaccin Astra Zeneca. Quatre pays, la France, l’Allemagne, l’Italie et les Pays-Bas, ont conclu un accord avec le laboratoire pharmaceutique en juin afin de garantir l’approvisionnement de l’UE en vaccins contre le virus. Le gouvernement a demandé l’expertise du professeur Arnaud Fontanet et du virologue Jean-Claude Weill afin de les aider dans la prise de décision finale.
