Fondée en 1972 par Marie-Christine Seguin et Jean Gueyne, l’entreprise Exsymol est dirigée depuis 2018 par Pierre Bondon. 90 salariés travaillent dans cette industrie située au sein de la zone F à Fontvieille. Leur savoir-faire ? Concevoir et fabriquer des actifs, destinés à la cosmétique traitante et plus récemment à la nutrition. Des produits distribués partout dans le monde.
Si vous possédez des crèmes pour soigner votre peau ou que vous consommez des compléments alimentaires, peut-être sont-ils fabriqués avec des actifs conçus et produits par l’entreprise Exsymol… Créée il y a 50 ans en Principauté, cette industrie monégasque — qui a comme clients des marques mondialement connues telles que L’Oréal, Yves Rocher, L’Occitane ou encore Estée Lauder — a un savoir-faire très particulier que le dirigeant Pierre Bondon assure être « unique au monde ». L’entreprise conçoit et fabrique des actifs destinés à la cosmétique, notamment à base de silicium biofonctionnel. C’est à Fontvieille, que cette industrie possède à la fois ses laboratoires de recherche mais aussi ses ateliers de fabrication dans des locaux de 5 300 m2 répartis sur deux étages, au sein de la zone F.
« Nous sommes présents sur tous les continents »
Avec pas moins de 200 références au catalogue, Exsymol assure désormais avoir des distributeurs partout dans le monde. « Nous sommes présents sur tous les continents », indique le directeur. Amérique du Nord, Amérique latine, Europe, Afrique du Sud, mais aussi Moyen-Orient, Asie du sud-est, ou encore Extrême-Orient. « Nous sommes par exemple présents en Chine depuis la fin des années 80. Cela représente un très gros marché pour nous. Le Brésil l’est également. » A tel point que l’international — hors France et Monaco — représente pas moins de 60 % du chiffre d’affaires de cette entreprise.
44 tonnes de produits par mois
Vous l’aurez compris, les clients d’Exsymol ne sont donc pas des particuliers mais des cosméticiens. « Nos produits s’achètent en vrac. Nous livrons nos clients en bidons de 1, 5,30 ou 1 000 litres. Nous avons la capacité de produire 44 tonnes de produits par mois », rajoute Pierre Bondon. Des ingrédients dont la qualité justifie qu’ils se négocient à des tarifs « entre 50 et 5 000 euros le kilo. Précisons que les actifs Exsymol rentrent dans la composition d’un produit fini à hauteur de 0,5 jusqu’à 5 %. »
Des preuves scientifiques
Le principal atout de l’entreprise Exsymol ? Son innovation basée sur la science. « C’est notre ADN. Nous recevons d’ailleurs régulièrement des prix par nos pairs qui reconnaissent notre niveau scientifique. Lorsque nous mettons en avant l’effet d’un actif dans la peau, nous le prouvons par de nombreux tests. Tout est toujours soutenu par des preuves scientifiques », assure encore le directeur. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’une part importante du chiffre d’affaires de la société (autour de 15 % ) est injectée dans le département innovation. Pas moins de 14 salariés travaillent dans les laboratoires monégasques. Des chimistes, des biochimistes encore des biologistes. Le processus de fabrication d’un actif peut d’ailleurs être très long. « Entre le moment où l’on a identifié une molécule et le moment où l’on va commencer à la vendre, il peut s’écouler 7 ans », explique le dirigeant qui dans ce secteur d’activité très concurrentiel ambitionne de doubler son chiffre d’affaires d’ici environ 5 ans.
Trois questions à Pierre Bondon : « Notre objectif est de rester à Monaco »
Beaucoup d’industries monégasques ont délocalisé leur production pour des raisons de coûts ou de manque d’espace. Est-ce que vous l’envisagez à votre tour ?
Non, notre objectif est de rester à Monaco. Pour plusieurs raisons. D’abord parce que je suis attaché à ce pays. Je suis Bordelais mais je vis en Principauté depuis l’âge de 7 ans. Ensuite, nous sommes dans l’industrie cosmétique. Être associée à l’image de la Principauté qui véhicule une part de rêve est donc important. En revanche, nous avons été obligés de délocaliser certaines étapes dans le processus de fabrication. Essentiellement pour des raisons sécuritaires (amélioration de la sécurité des personnes et des biens et sécurisation de la production). Toutes les étapes qui nécessitent d’utiliser des solvants, comme l’alcool par exemple, nous les externalisons en France, mais également un peu en Italie et en Espagne. Cependant, les étapes finales sont toujours réalisées à Monaco car c’est la garantie d’une totale sécurité et qualité du produit. Autre raison qui nous pousse à externaliser : nous avons des objectifs de croissance qui sont très ambitieux. Nous espérons doubler le chiffre d’affaires d’ici environ 5 ans. Il n’est pas possible d’atteindre cet objectif en restant dans des locaux uniquement monégasques. Nous n’avons pas suffisamment de place.
Selon vous, les locaux industriels en Principauté sont-ils trop chers ?
Globalement, les locaux industriels à Monaco ont effectivement des loyers élevés. Mais à Exsymol, nous avons la chance d’être locataires des Domaines. Nous ne sommes donc pas exposés au risque d’avoir un propriétaire privé qui augmente substantiellement son loyer. Le fait d’être dans les Domaines, cela permet d’avoir des loyers à des tarifs corrects. Les augmentations étant indexées sur les indices Insee français, cela reste raisonnable. Le loyer représente tout de même un poste de dépense important pour l’entreprise.
Votre activité se situe dans un immeuble industriel. Produire en étage est-ce complexe ?
Oui c’est un vrai challenge car les espaces sont relativement contraints et les plafonds sont bas. Travailler sur plusieurs étages est également une difficulté supplémentaire d’un point de vue logistique, ne serait-ce que pour transporter les marchandises dans des monte-charges par exemple. Nous sommes également situés dans un quartier très dense. La problématique de l’environnement est donc centrale. Nous ne rejetons rien dans l’atmosphère ou dans les égouts sans que cela soit contrôlé.

