Que retenir des 10 ans de pontificat du pape François ? L’abbé Christian Venard, délégué épiscopal à la communication du diocèse de Monaco, a livré son analyse sur Monaco info.
Il y a 10 ans, très précisément le 13 mars 2013, Jorge Mario Bergoglio devenait pape et choisissait le nom de François. Une décennie plus tard, son pontificat a été marqué par de nombreux événements. Que retenir de ces 10 ans de pontificat ? L’une des images les plus marquantes selon l’abbé Christian Venard, délégué épiscopal à la communication du diocèse de Monaco, est celle du pape François, seul sur la place Saint-Pierre, en train de prier pour le monde entier pendant la crise du Covid-19, alors que le monde est à l’arrêt. « C’est une image qui sort vraiment de l’ordinaire. Une image extraordinaire », estime l’abbé interrogé sur Monaco info.
« Le pape des paradoxes »
Sur sa personnalité, il est aussi le « pape des paradoxes », capable à la fois de considérer que l’homosexualité est un péché tout en rajoutant « mais qui suis-je pour juger ? ». Le souverain pontife a également donné l’habitude aux journalistes d’être très proche d’eux et d’avoir donc, avec la presse, des discussions à bâtons rompus, notamment dans l’avion au retour de ses voyages. « Cela lui est beaucoup reproché à l’intérieur de l’Église », rappelle Christian Venard. Ce pape des paradoxes se vérifie également dans le fait qu’il est considéré comme à la fois très moderne mais également ultra-conservateur. « Les personnes qui travaillent à Rome auprès de lui, et les spécialistes du Vatican qu’on appelle les vaticanistes, notent tous à quel point c’est un pape très conservateur dans son mode de gouvernement. Il est ultra centralisateur et gouverne d’une poigne de fer. Certains parlent même de dictature. Mais c’est aussi un homme capable d’avoir ce regard de bonté et de s’approcher des gens dans la misère. C’est un pape proche de toutes les misères du monde », rajoute l’abbé Venard.
« Un pape ultra politique »
Le souverain pontife est également considéré comme « un pape ultra politique » en particulier sur la question des migrants. Sujet sur lequel il s’exprimera prochainement puisqu’il se rendra à Marseille en septembre prochain. Rappelons enfin que le pape François a récemment indiqué ne pas être prêt à revoir sa position sur le célibat des prêtres. Il a également eu des mots très fermes contre les prêtres pédophiles. « Il les a qualifiés quasiment de satanistes. Ce sujet est une plaie ouverte pour le pape et pour toute l’Église. Nous sommes tous accablés par cela. L’Église est composée d’hommes et de femmes pécheurs et pécheresses, et jusqu’à la fin des temps, malheureusement, il y aura toujours des risques. Le rôle de l’institution c’est de faire en sorte que ces risques soient réduits au minimum », conclut l’abbé Venard.

