À Menton, seules trois plages privées des Sablettes pourraient ouvrir cet été. La justice a confirmé la suspension de quatre sous-traités d’exploitation, rejetant les recours de la mairie. Cette dernière espère encore une solution négociée avec l’État.
La justice a tranché. Il est très probable que seules trois plages privées des Sablettes ouvrent cet été. Par une ordonnance du 28 mars 2025, la Cour administrative d’appel de Marseille a rejeté les recours de la mairie de Menton et des deux plagistes « la Pergola » et « la French » contre la suspension de quatre sous-traités d’exploitation des plages privées. Une décision qui vient confirmer celle du tribunal administratif de Nice du 12 février dernier. « Une telle décision est non seulement extrêmement décevante mais également difficilement compréhensible », a réagi la commune.
« Il n’y a jamais eu de favoritisme »
Pour rappel, la préfecture des Alpes-Maritimes avait saisi la justice, pointant de « potentielles irrégularités » dans l’attribution des concessions relevant d’une absence de hiérarchisation des critères d’évaluation. L’État estimait que la commune aurait dû reconsidérer certains dossiers écartés lors de la première vague d’attribution parce qu’ils ne prévoyaient pas de structures démontables, avait expliqué Yves Juhel à L’Obs dans un entretien réalisé début mars. « Ils ne respectaient pas le postulat de base (…) Mais le contrôle de légalité de l’État affirme qu’au second tour d’attribution, nous aurions dû rediscuter aussi avec ces candidats », précisait le maire. Y a-t-il, en fond, une accusation de favoritisme de la part de la préfecture ? « Il n’y a jamais eu de favoritisme, c’est la qualité des dossiers qui a compté. J’en veux pour meilleur exemple que la première plage (La Cabane, le lot n°9), a été attribuée à un fervent supporter de Madame Sandra Paire (ndlr : une opposante) », s’est défendu l’édile lors de ce même entretien.
Il n’y aura que trois plages cette saison, sauf négociation amiable avec l’État
La mairie, qui avait confié à une Assistance à Maîtrise d’Ouvrage (AMO) la rédaction des documents de la consultation, pensant garantir ainsi leur conformité avec les dispositions légales en vigueur, continue de soutenir la régularité du processus. Quoi qu’il en soit, cette décision judiciaire réduit le nombre de plages exploitables pour la saison 2025. Seules 3 plages n’ont pas été suspendues dont deux ayant fait l’objet d’une ordonnance de désistement du préfet en date du 25 mars dernier. Le scénario pourrait priver Menton d’une partie de son activité balnéaire cet été. « Il pourrait n’y avoir que trois plages d’ouvertes cette saison car il faut huit mois pour réattribuer une plage… Mais il peut aussi y avoir une négociation à l’amiable avec les services de l’État pour avoir une autorisation temporaire », espérait le maire début mars. La Commune demeure dans l’attente des jugements au fonds pour les 5 lots encore concernés.
