Lorsque des patients ont des souffrances extrêmes qui n’ont pas pu être soulagées par les traitements habituels, l’équipe médicale a d’autres alternatives : utiliser notamment des médicaments ou des techniques atypiques, ou des dosages plus musclées. « Nous le faisons toujours en accord avec le patient. C’est, certes, une prise de risque, note le docteur Jean-François Ciais. Mais c’est une balance que l’on considère forcément différemment lorsqu’on est proches de la fin de vie ou pas. » De quels types de traitements s’agit-il ? Cela peut être des opiacés, des dérivés de la morphine beaucoup plus puissants, ou encore des analgésies loco-régionales comme au bloc opératoire. « Une péridurale peut être aussi envisagée dans certains cas de douleurs réfractaires, ou par exemple, pour des cancers qui touchent les organes génitaux », rajoute le docteur Ciais. Autre technique utilisée en cas de souffrance réfractaire : la sédation. Cette technique permet de soulager une personne ayant des souffrances terribles et persistantes en la faisant dormir jusqu’à son décès. « Lorsque l’on est dans les derniers instants, et que l’on pense que le décès va survenir dans les heures ou les jours qui suivent, nous pouvons plonger le malade dans un sommeil artificiel. Le fait de le faire dormir ne le tue pas. Le patient va décéder comme prévu, de façon naturelle, suite à l’évolution de sa maladie, dans son sommeil, et non pas dans des souffrances extrêmes. » Cette technique est relativement rare. Elle peut concerner environ 10 % des personnes en fin de vie. « Dans tous les cas, il faut respecter la volonté du malade, rajoute le docteur Ciais. On rencontre des patients ayant des souffrances terribles mais qui ne veulent pas avoir de sédation. Pour des raisons personnelles ou philosophiques, ces malades veulent affronter le moment de la fin de vie en face, de façon consciente. On respecte alors leur choix. »
Un service trop petit ?
Au total, 91 patients ont été pris en charge en 2019 au sein de l’unité de soins palliatifs. Avec un total de 4 lits seulement, le service est jugé « petit » et globalement insuffisant par rapport aux réels besoins, mais selon les médecins, c’est déjà un « premier pas ». Des équipes mobiles interviennent également dans les autres services du CHPG, ou à domicile, lorsque la situation du malade n’est pas trop complexe. Dans cette unité dédiée aux malades en fin de vie, l’approche est multidisciplinaire : au-delà des médecins, des diététiciens, psychologues, kinésithérapeutes et autres bénévoles interviennent également au quotidien. « Il y a effectivement peu de lits mais l’équipe est importante et complète. Ce sont des patients qui demandent beaucoup d’attention. Et il n’y aurait rien de pire que de donner le sentiment que l’on traite ces patients à la chaine », note Didier Gamerdinger. Au sein du nouvel hôpital, 20 lits dédiés aux malades en fin de vie sont prévus.
