Plusieurs secteurs économiques en Principauté recherchent activement des candidats. Numérique, bâtiment, finance, comptabilité, ou encore professions juridiques. Tour d’horizon des métiers porteurs d’emplois à Monaco.
La comptabilité : une employabilité instantanée
Vous êtes comptable ou envisagez de le devenir ? C’est manifestement un très bon choix… Depuis des années, et encore aujourd’hui, ce métier est très demandé à Monaco. « La comptabilité est effectivement une profession extrêmement tendue. Trouver un emploi dans ce domaine, est simple comme un coup de fil, assure Muriel Bubbio, responsable de la commission d’insertion des diplômés (CID). Les comptables ne restent pas une nano seconde sur le marché. Entre l’entretien d’embauche et la signature d’un contrat, il ne peut se passer que quelques heures. » Si de surcroît, vous avez suivi la formation sur la gestion de la paie monégasque, c’est la voie royale ! Problème : cette profession (qui nécessite d’avoir un bac + 2 à un bac + 5) possède encore une image très austère et séduit peu les jeunes générations. « C’est un métier qui souffre, à tort, d’un déficit d’image. Pourtant, c’est un métier très diversifié », assure Emmanuelle Cellario-Florio, cheffe du service de l’emploi. Pour déconstruire ces stéréotypes tenaces, la CID en collaboration avec l’Ordre des experts comptables de Monaco et l’Éducation nationale monégasque a pris les devants avec un objectif en ligne de mire : créer des vocations auprès des étudiants et des élèves de la Principauté. « Nous avons créé un nouveau dispositif en 2023. Nous amenons les étudiants et les enseignants directement dans les cabinets comptables de la Principauté, rajoute Muriel Bubbio. Certains proposent un environnement très moderne avec des espaces privatifs, du co-working, des logiciels très modernes, des douches, et des espaces de détente. Tout est fait pour que le collaborateur n’ait pas le sentiment d’être dans un métier rétrograde. »
Tous les métiers du bâtiment : de l’ouvrier à l’ingénieur BTP
Vous l’aurez sans doute noté, tous les quartiers de la Principauté abritent un chantier, qu’il soit public ou privé. Sans surprise, le secteur du bâtiment (qui regroupe aujourd’hui 380 entreprises, emploie 12 000 salariés et génère un chiffre d’affaires annuel de plus de 2,5 milliards d’euros (1)) est donc en recherche permanente de candidats. Ce sont sur les postes peu qualifiés que la pénurie est la plus criante. Les ouvriers sont ainsi très recherchés. Mais pas que. Les profils plus diplômés de type, ingénieur bâtiment ou encore conducteur de travaux, sont également très demandés. « En revanche, on constate que peu de nos jeunes sont séduits par ces métiers-là. Au sein de la commission d’insertion des diplômés, nous n’en avons qu’un ou deux par an », note encore la responsable de la CID, Muriel Bubbio. Pour faire face à cette pénurie de profils et de vocations, la chambre patronale du bâtiment a pris à son tour les devants en créant une caisse de formation (en partie financée par l’État) qui permettra notamment de renforcer l’alternance et l’apprentissage dans ce secteur.
(1) Chiffres communiqués par la Chambre patronale du bâtiment
Hôtellerie-restauration : des postes prestigieux existent
Frappé de plein fouet par la crise sanitaire, le secteur de l’hôtellerie/restauration en Principauté s’est désormais totalement redressé et embauche toujours plus. La preuve par les chiffres : « Au troisième trimestre 2023, ce secteur a enregistré + 5,2 % d’emplois par rapport à la même période l’an dernier. Et cela devrait continuer de progresser puisque la Société de Bains de Mer et l’Hôtel Métropole ont des projets, tout comme les plus petits établissements », note Emmanuelle Cellario-Florio, cheffe du service de l’emploi. A Monaco, c’est bien simple, tous les profils sont recherchés : réceptionniste, gouvernant, commis ou chef de partie, en salle ou en cuisine, le besoin de personnel est partout. Toutefois, en raison du Covid, de très nombreux salariés exerçant dans ce secteur ont choisi de se reconvertir, aggravant ainsi la pénurie de personnel déjà présente avant la crise sanitaire. Voilà pourquoi, la commission d’insertion des diplômés intervient notamment au Lycée Rainier III et auprès des élèves de seconde, pour valoriser ces métiers et montrer qu’il y a aussi de belles réussites et opportunités dans ce secteur. « L’hôtellerie/restauration ce ne sont pas que des horaires compliqués. Il y a des postes très prestigieux et peut-être moins connus comme sommelier ou concierge clefs d’or », rajoute Emmanuelle Cellario. Cette profession en Principauté a également engagé des réflexions pour revoir les grilles de salaires mais aussi les horaires de coupure.
Les métiers du numérique et du digital : « les offres d’emplois sont massives »
Tous les métiers autour du numérique et du digital ont le vent en poupe à Monaco. C’est particulièrement vrai depuis la crise sanitaire et depuis que la Principauté s’est engagée dans une digitalisation de nombreux services publics (sous la houlette de Fréderic Genta). « Les offres d’emploi sont massives, aussi bien dans le secteur public que privé », note Muriel Bubbio, responsable de la commission d’insertion des diplômés. Du développeur, au data scientist (analyste de données), en passant par le chef de projet digital, informaticien ou encore le technicien support, tous les profils sont recherchés. « À Monaco, il y a également une forte demande en matière de cybersécurité », rajoute Emmanuelle Cellario-Florio, Si vous êtes demandeur d’emploi et que vous souhaitez acquérir des compétences numériques – nécessaires désormais dans tous les secteurs – sans vous lancer pour autant dans de longues études trop pointues, sachez que le service de l’emploi travaille avec une société proposant des formations courtes dans ce domaine. « Ces formations ne sont pas diplômantes mais certifiantes. Notre travail est d’améliorer l’employabilité des demandeurs d’emploi, et cela passe par la formation. Ces cursus courts sont donc très intéressants pour compléter les compétences d’un candidat ou engager une réorientation », précise encore Emmanuelle Cellario qui cite également comme possible formation la Capsule à Monaco. A noter aussi que si vous souhaitez travailler dans ce domaine qui évolue très vite, il est nécessaire de se former très régulièrement et mettre à jour ses compétences. « Les profils, comme les développeurs, qui font de l’auto-formation permanente et qui comprennent vite les nouveaux langages sont les plus attractifs », note Muriel Bubbio.
Les métiers de la santé et de l’aide à la personne : des besoins permanents
En raison notamment du vieillissement de la population, les besoins dans le secteur médico-social ne cessent de croître dans tous les pays. Monaco n’échappe pas à la règle. Infirmiers, aides-soignants, auxiliaires de vie, éducateurs spécialisés, ou encore secrétaires médicales font ainsi partie des profils toujours très recherchés. Problème, ces métiers dont les conditions de travail sont difficiles, peinent à recruter depuis quelques années déjà. « Le métier d’auxiliaire à domicile par exemple est un travail exigent avec des horaires parfois compliqués. On a du mal à trouver des candidats intéressés », reconnaît Emmanuelle Cellario, cheffe du service de l’emploi. Certaines spécialités médicales à Monaco sont également sous représentées en ville. Parmi elles : la pédiatrie, la rhumatologie ou encore la dermatologie. Pour attirer ces médecins, le gouvernement réfléchit à plusieurs mesures pour faciliter leur installation sur le territoire monégasque. « Le conseiller-ministre aux Affaires sociales et à la Santé, Christophe Robino, reçoit également chaque année les étudiants en médecine et en pharmacie, au moment où ils passent leurs épreuves classantes, pour leur annoncer quelles sont les spécialités dont va avoir besoin la Principauté », rajoute Muriel Bubbio, responsable de la commission d’insertion des diplômés.
Les métiers de la finance : les profils « compliance » très recherchés
Selon une récente étude de l’IMSEE, le secteur de la finance à Monaco est celui qui offre les meilleures rémunérations. Cela tombe bien puisque ce secteur recrute. Parmi les profils les plus recherchés actuellement : sans surprise, « tout ce qui touche à la compliance » note Emmanuelle Cellario, cheffe du service de l’emploi. C’est d’autant plus vrai depuis que la Principauté a été placée en suivi renforcé par le comité Moneyval. A noter également que « des postes en contact avec la clientèle » sont également recherchés. Cela peut intéresser des jeunes ayant effectué des études dans la finance ou la gestion de patrimoine. Attention toutefois : la clientèle étant très internationale à Monaco, la maîtrise de langues étrangères (l’anglais prioritairement) est indispensable.
Les métiers du juridique : du droit maritime au droit des sociétés.
Au-delà des professions traditionnelles de type magistrat, avocat ou notaire, à Monaco, les profils juridiques sont très recherchés, aussi bien en cabinet qu’en entreprise. Cela concerne principalement tout ce qui est lié au domaine contractuel. Des compétences spécifiques en droit maritime, droit du patrimoine, droit de l’environnement, droit des affaires, droit des sociétés, droit européen ou encore droit international, sont ainsi très demandées.
Par Mélicia Poitiers et Sabrina Bonarrigo.
