Si vous êtes commerçant et que vous souhaitez vous lancer dans le e-commerce, mieux vaut vous entourer de professionnels qui vous aiguilleront.
Le gouvernement monégasque a mis en place en décembre dernier un programme d’aide sur www.eme.gouv.mc. Ce site propose des formations en ligne, un accompagnement personnalisé par des experts du numérique, et un potentiel financement du projet via le fonds bleu
Les experts monégasques du numérique sont unanimes sur ce point. Si vous souhaitez vous lancer dans le grand bain du commerce en ligne et que vos connaissances en la matière sont limitées, mieux vaut vous entourer de professionnels qui vous aideront à mettre votre projet sur les rails. Dans ce domaine, le gouvernement a récemment mis en place une plateforme (1). Son nom : Extended Monaco pour l’Entreprise (eme.gouv.mc). Son objectif est d’accompagner, via divers services, la transition numérique des entreprises, et notamment des commerçants qui veulent se lancer dans la vente de leurs produits en ligne.
Évaluer en amont votre « maturité numérique »
Concrètement, comment se déroule cet accompagnement ? Il s’agit d’un parcours progressif et personnalisé. Première étape indispensable : cette plateforme permet aux entrepreneurs monégasques d’évaluer leur maturité numérique. « Ce test, qui prend la forme d’un questionnaire de 15 minutes est essentiel. C’est le point de départ pour démarrer une stratégie de transition numérique », explique Diego Bonaventura, en charge de la cellule économie numérique au sein de la DITN (2). Deuxième étape : pour aider les commerçants à renforcer leurs connaissances et compétences internes, des formations particularisées leur sont proposées. Elles sont définies en fonction des besoins exprimés par les résultats de l’autodiagnostic de maturité numérique. Troisième étape : le passage à l’action. « La complexité des outils numériques implique de faire appel à des experts. Là encore, la plateforme les oriente vers des professionnels dont les compétences correspondent à leurs besoins et projets, poursuit Diego Bonaventura. Sur notre site internet, nous avons référencé plus de 80 professionnels du numérique en Principauté sur lesquels les commerçants peuvent s’appuyer. »
Enfin, une fois que l’on a fait son bilan, que l’on s’est formé et que l’on a défini son projet numérique accompagné du bon professionnel, on peut passer à la dernière étape du parcours : la question du financement. Là encore, les commerçants peuvent solliciter, via le fonds bleu (doté d’une enveloppe globale de 20 millions d’euros), une assistance budgétaire pour concrétiser leur projet.
De 30 à 70 % de votre projet financé
Concrètement, il s’agit d’un co-financement. Si votre dossier est éligible, l’État pourra financer entre 30 et 70 % par rapport à la valeur de votre projet. « On ne finance jamais à 100 %. On part d’un principe simple : ce qui est gratuit n’a pas de valeur. Nous voulons que les porteurs de projet soient véritablement engagés. Si nous leur offrons tout, il n’y aura pas le même niveau d’engagement », estime Diego Bonaventura. Quelles sont alors, dans les grandes lignes, les critères d’éligibilité pour accéder à ce fonds bleu ? Il s’agit d’un plan de relance national. Par conséquent, ce doit être, bien sûr, une société monégasque, avec un projet connexe à la thématique du numérique. Le porteur de projet doit également s’engager à travailler avec un prestataire qui soit, de préférence, immatriculé en Principauté. « A partir de là, nous regardons la valeur du projet : si celui-ci a un potentiel d’accroissement de chiffre d’affaires et de création d’emploi, l’État s’engage et investit. Car ce sont des valeurs ajoutées bonnes pour l’entreprise, mais aussi pour Monaco, la TVA étant l’essentielle ressource du budget de l’État. Nous avons alors un retour sur investissement », conclut Diego Bonaventura.
(1) Plateforme lancée le 17 décembre 2020.
(2) Délégation interministérielle de la transition numérique.

Les ateliers du numérique signés Google, Facebook ou Linkedin
L’un des principaux freins empêchant les entrepreneurs de se lancer dans l’e-commerce est le manque de connaissance. Il est donc primordial d’acculturer et de sensibiliser ces acteurs. « La formation est un facteur clé pour réussir ses projets digitaux, assure en effet Diego Bonaventura. C’est vrai aussi pour les experts. Nous sommes dans un monde de technologie qui change tous les jours. Il est important d’être en veille. Il faut se former de façon chronique. » C’est pourquoi, le gouvernement a mis en place deux plateformes de formation. Il y a tout d’abord, on l’a vu, la plateforme d’e-learning accessible à travers www.eme.gouv.mc. Autre formation possible : les ateliers du numérique en partenariat avec la FEDEM et le MEB. Tous les mois, une conférence est proposée sous forme de webinar, dans laquelle des experts du numérique interviennent. En novembre dernier, Linkedin est intervenu. Fin novembre, ce fut Microsoft. Mi-décembre, Facebook. Puis, plus récemment, Google. Les prochains rendez-vous auront lieu le 18 février 2021 avec SoLocal qui donnera des conseils pour développer les ventes en ligne, et le 25 mars, avec Google qui abordera la thématique suivante : quelles sont les bonnes étapes à suivre pour lancer son projet sur Internet ?
Les stratégies web marketing pour sortir du lot sur Internet
Comment les boutiques monégasques vont-elles faire pour sortir du lot face à une concurrence en ligne pléthorique ? « Au-delà de la valeur des produits ou des services proposés — et sur ce point nous sommes persuadés que nos commerçants jouissent d’offres avec des positionnements très ciblés, ce qui est important — c’est de respecter les codes imposés par l’industrie du e-commerce », répond Diego Bonaventura. Plus concrètement ? Avoir évidemment un bon site, et s’assurer d’avoir mis en place les bonnes stratégies de référencement pour exister. « A défaut, le risque est d’être noyé dans une multitude de commerces. »
Une fois créé, un site internet doit être bien référencé et alimenté de façon quasi quotidienne pour avoir une existence. Il faut sans cesse créer du continu, créer du lien avec les clients, via notamment des courriels ou autres newsletters. Pour optimiser sa visibilité en ligne, de nombreuses stratégies web marketing, gratuites ou payantes, existent également. « Je pense notamment au référencement organique, au Google Adwords ou encore à la Social Media Optimization (SMO) sur les réseaux sociaux, rajoute ce professionnel. Tout ceci permet de faire des actions très ciblées, avec des retours très performants. Mais demande un savoir-faire et une expertise particulière. Se faire accompagner par des professionnels est donc fortement recommandé. »
