S’il y a des quartiers en Principauté où l’offre commerciale est très dense et variée, dans d’autres, c’est tout l’inverse. Un désert quasi total y règne. C’est le cas du Jardin exotique et de l’Annonciade. Pour ces deux quartiers, les élus du Conseil national attendent du gouvernement qu’une stratégie commerciale soit pensée et lancée.
Une à deux boulangeries, un fleuriste, un bar tabac, et une pharmacie… Ce sont ou peu prou les seuls commerces présents dans le quartier du Jardin exotique. Un quasi désert commercial dans un quartier où, pourtant, les résidents et les immeubles d’habitation sont très nombreux. Comment expliquer alors un tel déficit ? La première raison évidente est l’absence de surfaces commerciales disponibles. « Au Jardin exotique, il y a des commerces de proximité, mais ils sont effectivement très peu nombreux. J’aimerais bien sûr qu’il y en ait davantage, mais il y a un manque évident d’espace… », note sur ce point le président de l’UCAM, Alexandre Pasta. L’élue Mathilde Leclerc, habitante de ce quartier, dresse le même constat : « Il manque effectivement de nombreux commerces. Non seulement de la restauration mais aussi des commerces de proximité. Certes, il y une boulangerie mais selon où l’on se trouve sur le boulevard, cela reste éloigné. D’autant qu’il y a beaucoup de personnes âgées dans cette zone, souligne-t-elle. Nous n’avons pas non plus de distributeur de billets de banque dans ce quartier. »
Des commerces en haut du boulevard du Jardin exotique ?
Pour d’autres élus du Conseil national, les yeux sont plutôt braqués sur la partie la plus haute du Jardin exotique. Car à la frontière française, c’est une véritable métamorphose qui s’opère. Au-delà de l’immeuble privé haut de gamme L’Exotique (déjà présent), un parking de 1820 places va bientôt être opérationnel. Au-dessus de ce futur parking, trois niveaux de locaux tertiaires devraient aussi être aménagés. Sans oublier la reconstruction, à proximité, de l’immeuble domanial Le Bel air. Pour les conseillers nationaux, les résidents de ce quartier doivent donc pouvoir bénéficier de nouveaux commerces. « Les élus n’ont pas manqué de relever que le développement d’équipements supplémentaires, tels que le projet du parking d’entrée de ville, la réouverture programmée du Jardin Exotique et la livraison récente et prochaine de logements, devraient s’accompagner d’un développement de l’offre commerciale, a insisté le président de la commission des finances et de l’économie, Franck Julien durant les récents débats budgétaires. Lors des échanges en séance privée, le gouvernement a notamment indiqué ne pas avoir encore défini la destination des surfaces tertiaires au-dessus des Salines. Aussi, nous suggérons que les services exécutifs s’attèlent à définir une véritable stratégie commerciale pour redynamiser l’ensemble de ce quartier. Il en va de même dans le cadre de l’élaboration du futur quartier de l’Annonciade. »
« Un point de restauration »
De son côté, le ministre d’Etat, Pierre Dartout, a émis quelques réserves sur ce point. « Pour le quartier du Jardin Exotique, je doute personnellement de l’opportunité, compte tenu de la taille de notre territoire, de multiplier les sites destinés au commerce sans fragiliser les artères existantes. En revanche, un point de restauration me paraît être digne d’intérêt et cohérent avec la vocation culturelle, paysagère et touristique du quartier »,a-t-il conclu. Pour sa part l’élue Corinne Bertani a à son tour insisté sur la nécessité d’y implanter tout de même une vie commerciale. « Nous parlons d’un quartier enclavé. Je pense qu’il serait souhaitable d’étudier ensemble l’instauration de commerces à la fois de restauration et de proximité. »
