jeudi 30 avril 2026
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    Coups de pouce financiers
    aux entreprises

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    ÉCONOMIE/Elles sont nombreuses mais souvent méconnues des entrepreneurs monégasques… L’Etat propose toute une panoplie d’aides financières pour booster le développement des entreprises. L’Obs’ en détaille quelques-unes.

    Est-ce parce que les entrepreneurs rechignent à remplir de la paperasse administrative ? Ou parce que le gouvernement n’a pas assez communiqué ? Toujours est-il que les aides financières proposées par l’Etat sont rarement sollicitées par les chefs d’entreprises de Monaco. « Nous nous sommes rendus compte que peu d’entre eux avaient connaissance de tout ce qui était aujourd’hui disponible pour soutenir le dynamisme de l’économie monégasque », constate le conseiller aux finances, Jean Castellini. Pourtant, les aides sont légion. Et se présentent sous toutes les formes : subventions, avances remboursables, soutiens à l’investissement… Les entrepreneurs ont de quoi tendre leur sébile… mais ne le font pas. Ou en tout cas, pas assez, au goût du gouvernement qui a décidé de communiquer sur ce qui existe. « Le tissu économique monégasque est essentiellement constitué de petites entreprises. Il est donc important qu’elles soient bien conscientes des mesures qui peuvent les accompagner à divers stades de leur développement ». Lors d’un petit déjeuner organisé par la Jeune chambre économique de Monaco, c’est François-Xavier LeClerc, qui a joué les professeurs. Le chef de la division financement et développement de l’économie s’est lancé dans un inventaire, exhaustif et méthodique, des coups de pouce financiers que peut accorder l’Etat.

     

    Fonds monégasque à l’innovation

    Si votre entreprise propose un projet technologique innovant et présente « des perspectives concrètes de commercialisation », vous pourrez aussi solliciter un fonds monégasque à l’innovation, qui est, lui aussi, versé sous forme « d’avances remboursables ou de subventions ». Lancé en 1998, ce fonds prend en charge plusieurs types de dépenses : la recherche et le développement, la mise au point de prototype, ou encore la pré-industrialisation. Une quarantaine d’entreprises ont déjà bénéficié de ce fonds.

     

    « Nous sommes très demandeurs de projets Eureka »

    Lorsqu’on entend Eurêka, on pense spontanément à Archimède… Mais, à l’avenir, les entrepreneurs de Monaco pourront aussi penser au Fonds monégasque Eureka. Il s’agit d’un fonds — sous la forme d’avances remboursables ou de subventions — qui permet de financer une entreprise monégasque ayant un projet technologique innovant. Sauf que ce fonds ne peut être accordé que s’il est mené en partenariat avec des entreprises de pays appartenant au réseau Eureka. Ce réseau compte 40 pays au total. « Il s’agit de pays géographiquement européens mais aussi de pays liés par des accords spécifiques à l’Union européenne. Comme Israël, le Chili qui vient d’y adhérer cette année, le Canada, l’Afrique du sud ou encore la Corée », précise François-Xavier Le Clerc. Si cette initiative intergouvernementale est lancée en 1985, la Principauté, de son côté, n’est membre que depuis 2005. « Depuis cette date, près d’un million d’euros a été engagé avec six entreprises bénéficiaires sous formes de subventions, précise encore le chef de division. Nous somme très demandeurs de projets Eureka. Nous voudrions au moins finaliser un beau dossier par an. Je lance donc un appel. Il y va aussi de notre crédibilité au sein d’Eureka. Ce qui n’est pas rien. » Trois précisions importantes : il s’agit d’un « contrat de partenariat et non de sous-traitance » ; chacun des intervenants doit être financé par son pays d’origine ; et les partenaires doivent se compter entre deux et quatre car, au-delà, selon le département de l’expansion économique, cela devient un peu l’usine à gaz. « L’idée est d’aboutir au lancement d’un produit, d’un process ou d’un service, représentant une réelle avancée sur son marché. Avec une notion de court terme quant à l’access au market : 24 mois maximum », précise François-Xavier Le Clerc.

     

    Aide à la commercialisation : un coup de pouce aux PME industrielles

    Le dispositif est très récent… Ce qui explique que seule une petite poignée d’entreprises (deux dossiers en 2015, autant en 2016) l’ont sollicité. Créée en octobre 2015, l’aide à la commercialisation est destinée à aider « les PME industrielles ou de tertiaire industriel », d’au moins 250 personnes et au chiffre d’affaires n’excédant pas les 40 millions d’euros. Cette aide peut servir soit à la création d’un service commercial, soit à la commercialisation d’un nouveau produit ou d’une nouvelle gamme de produits. La subvention s’élève à 30 000 euros, versée en deux fois (dont 50 % à la signature du contrat). Les prestations éligibles sont notamment les études de marché, les frais de publicité, d’échantillonage, ou encore les frais qui sont liés aux dépôts de marque et de brevets (propriété intellectuelle).

     

    L’assurance foire : financement de salons à l’international

    Le dispositif est ancien… Lancée en 1998, l’assurance foire a une ambition bien spécifique : elle aide financièrement les entreprises à organiser des manifestations commerciales ou des salons professionnels à l’étranger. Objectif : leur permettre de développer leur capacité d’exportation. Parmi les « dépenses éligibles » figurent la location et l’aménagement de stand, le transport de produits exposés, les voyages des collaborateurs salariés ou des dirigeants, les frais de séjour mais aussi les frais de promotion et de communication liés au salon. Précision importante : les salons doivent se situer à l’international, hors région PACA.

     

    La société d’aide à la création et au développement d’entreprise

    Destinée à soutenir l’innovation, cette société de capital risque, (dénommée Société d’Aide à la Création et au Développement d’Entreprise — SACDE) a été créée en 2005. L’objectif principal de cette société (dont le gouvernement est actionnaire à 100 %) est de prendre des participations dans des sociétés en création.

    _Sabrina Bonarrigo

     

    Article suivant : « L’essor de la finance alternative est inéluctable »

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